"Pas un euro de capitaux privés", promet Estrosi

le 03 novembre 2009 à 06h31 , mis à jour le 03 novembre 2009 à 06h44

"Ceux qui parlent de privatisation se trompent de combat", a assuré le ministre de l'Industrie en défendant, devant le Sénat, le controversé projet de loi réformant le statut de La Poste.

La Poste boîte aux lettresImage d'archives © TF1

La semaine s'annonce agitée pour les sénateurs. L'opposition de gauche, très remontée sur le statut de La Poste, a promis une guerre de tranchée procédurale et dans les rues, les manifestants ont enchaîné lundi, devant le Palais du Luxembourg, les opérations symboliques destinées à faire pression pendant les débats. Et c'est fort tardivement, après 22 heures, que l'examen de la réforme du statut de La Poste a pu débuter pour les sénateurs, l'opposition ayant multiplié les prises de parole sur un texte précédent. Une tactique qu'elle a poursuivie au cours de la soirée, dans une ambiance agitée, en continuant à multiplier des rappels au règlement.

Face à la bronca, Christian Estrosi a défendu le texte pied à pied. "Ceux qui parlent de privatisation se trompent de combat, a ainsi lancé le ministre de l'Industrie. Le capital de La Poste sera intégralement détenu par l'Etat et par des personnes de droit public".

Des missions "sanctuarisées"

Le projet transforme La Poste, actuellement établissement public industriel et commercial, en société anonyme à capitaux public dès début 2010. Ce changement de statut permettra un apport en fonds propres de 2,7 milliards d'euros (1,2 milliard à la charge de l'Etat, 1,5 milliard venant de la Caisse des dépôts). Pour les syndicats et la gauche, qui citent le précédent France Télécom, c'est la porte ouverte à une future privatisation.

Ce projet de loi, a plaidé lundi soir Christian Estrosi, "a pour objectif d'apporter à La Poste les moyens financiers de son développement" pour répondre "à deux défis majeurs" que sont "l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 2011" et "la montée en puissance d'internet". Il a souligné que son texte "sanctuarise les quatre missions de service public de La Poste" que sont "le service universel postal, l'aménagement du territoire, le transport de la presse et l'accessibilité bancaire".

"Mais avant de donner ces moyens financier, il faut passer par la case changement de statut", a-t-il insisté, observant que "c'est un projet demandé par ses dirigeants (de La Poste) au départ". Il a confirmé qu'il soutiendrait un amendement du sénateur vendéen Bruno Retailleau visant à indiquer que La Poste est "un service public à caractère national" "et que de ce fait elle n'est pas privatisable en application du Préambule de la Constitution de 1946". Et Christian Estrosi de souligner : "On donne une garantie de nature constitutionnelle sur le fait que La Poste ne pourra jamais être privatisée", avant de dénoncer "la logique politicienne" de la gauche qui présente "des amendements d'obstruction". Argument toutefois jugé peu convaincant à gauche : la présidente du groupe communiste, Nicole Borvo Cohen-Seat a aussitôt répliquée dans un rappel au règlement assurant que cet amendement "ne garantit rien du tout".

D'après agence

le 03 novembre 2009 à 06:31
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6 Commentaires

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  • Alain, le 03/11/2009 à 11h57

    Lors de l'ouverture du capital de GDF, le ministre de l'économie de l'époque, un certain Nicolas S ... avait fait mettre dans la loi l'interdiction pour ml'état de descendre en dessous de 70%. Mais quand le fauteuil du PDG de Suez, s'est vu menacé par les hordes arbares italiennes, la loi a été vite jetée à la poubelle !

  • Yann, le 03/11/2009 à 11h04

    S'il n'y a pas de capitaux privés alors pourquoi transformer la Poste en SA, c'est à dire découper le capital en action et ouvrir la possibilité à des investisseurs privés de devenir actionnaires... Pour CAT, Reims: vous êtes bien sympathique de demander à être "servi rapidement au guichet et avec "un sourire " mais êtes vous vous même sympathique, dites vous bonjour et merci? De plus si lorsque vous allez dans votre supermarché vous avec toujours un sourire et un bonjour donnez moi l'adresse!

  • GMAZEAUD, le 03/11/2009 à 09h06

    Bonjour, Monsieur Estrosi, si l'on en juge par son passé, est un personnage a qui l'on ne peux accorder aucune crédibilité. Cordialement

  • Bugs, le 03/11/2009 à 08h54

    Ce qu'ont attend aussi c'est que nos colis ne disparaissent pas en cours de route

  • Alain, le 03/11/2009 à 08h44

    Il faut bien que les syndicats trouvent des pretextes pour faire grève : celui de lancer la rumeur d'une privatisation de la Poste ! ! Et ils sortent la grande scène du 2 : votation, referendum etc... ! ! ! !

  • CAT, le 03/11/2009 à 08h37

    Privé ou pas : nous ce qu'on veut c'est etre servi rapidement au guichet et avec "un sourire " !!!!! Que ces agents discutent moins en laissant attendre "ceux qui leur permettent de bosser "....

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