Image d'archives © TF1La semaine s'annonce agitée pour les sénateurs. L'opposition de gauche, très remontée sur le statut de La Poste, a promis une guerre de tranchée procédurale et dans les rues, les manifestants ont enchaîné lundi, devant le Palais du Luxembourg, les opérations symboliques destinées à faire pression pendant les débats. Et c'est fort tardivement, après 22 heures, que l'examen de la réforme du statut de La Poste a pu débuter pour les sénateurs, l'opposition ayant multiplié les prises de parole sur un texte précédent. Une tactique qu'elle a poursuivie au cours de la soirée, dans une ambiance agitée, en continuant à multiplier des rappels au règlement.
Face à la bronca, Christian Estrosi a défendu le texte pied à pied. "Ceux qui parlent de privatisation se trompent de combat, a ainsi lancé le ministre de l'Industrie. Le capital de La Poste sera intégralement détenu par l'Etat et par des personnes de droit public".
Des missions "sanctuarisées"
Le projet transforme La Poste, actuellement établissement public industriel et commercial, en société anonyme à capitaux public dès début 2010. Ce changement de statut permettra un apport en fonds propres de 2,7 milliards d'euros (1,2 milliard à la charge de l'Etat, 1,5 milliard venant de la Caisse des dépôts). Pour les syndicats et la gauche, qui citent le précédent France Télécom, c'est la porte ouverte à une future privatisation.
Ce projet de loi, a plaidé lundi soir Christian Estrosi, "a pour objectif d'apporter à La Poste les moyens financiers de son développement" pour répondre "à deux défis majeurs" que sont "l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 2011" et "la montée en puissance d'internet". Il a souligné que son texte "sanctuarise les quatre missions de service public de La Poste" que sont "le service universel postal, l'aménagement du territoire, le transport de la presse et l'accessibilité bancaire".
"Mais avant de donner ces moyens financier, il faut passer par la case changement de statut", a-t-il insisté, observant que "c'est un projet demandé par ses dirigeants (de La Poste) au départ". Il a confirmé qu'il soutiendrait un amendement du sénateur vendéen Bruno Retailleau visant à indiquer que La Poste est "un service public à caractère national" "et que de ce fait elle n'est pas privatisable en application du Préambule de la Constitution de 1946". Et Christian Estrosi de souligner : "On donne une garantie de nature constitutionnelle sur le fait que La Poste ne pourra jamais être privatisée", avant de dénoncer "la logique politicienne" de la gauche qui présente "des amendements d'obstruction". Argument toutefois jugé peu convaincant à gauche : la présidente du groupe communiste, Nicole Borvo Cohen-Seat a aussitôt répliquée dans un rappel au règlement assurant que cet amendement "ne garantit rien du tout".
D'après agence
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