Une agence HSBC. © TF1/LCIAoût 2009. Eric Woerth, prévient. Le ministre du Budget tient entre ses mains le nom de 3.000 contribuables français détenteurs d'un compte en Suisse. Ceux-ci sont soupçonnés d'évasion fiscale. Ils ont jusqu'au 31 décembre 2009 pour revenir dans le droit chemin et échapper à d'éventuelles poursuites pénales. Au-delà de cette date, les contribuables pris en faute ne seront plus en mesure de négocier, avertit Eric Woerth.
Woerth s'adresse aux 150.000 cachottiers
Au-delà de la liste de 3000 contribuables ayant des comptes en Suisse, Eric Woerth estime à 100.000, voire 150.000 le nombre de fraudeurs potentiels. Il lance une mise en garde.
Publié le 07/09/2009
Woerth exige l'aide des banques établies en France
Le ministre du Budget va demander aux banques établies en France de donner au fisc les noms des résidents français qui détiennent des comptes à l'étranger.
Publié le 31/08/2009
Bercy veut des noms !
Le fisc français a demandé une liste "ciblée" de noms ayant effectuer des transferts d'argent vers l'étranger à plusieurs banques françaises.
Publié le 12/09/2009
Bercy lance un ultimatum à 3000 contribuables
La France a récupéré les noms de contribuables détenant des comptes en Suisse. Montant total : 3 milliards d'euros.
Publié le 29/08/2009
Comment Bercy a pu obtenir ces noms ? Selon Le Parisien, une partie de cette liste proviendrait "probablement" d'un vol commis en 2008 par un cadre de la banque HSBC à Genève. Cet informaticien aurait, selon le quotidien, piraté le système contenant les noms avant de disparaître. Aujourd'hui réfugié en France et placé sous protections policières, il aurait ensuite communiqué la liste, "une mine d'or" selon un enquêteur cité par Le Parisien, à de hauts responsables du fisc. Il aiderait même les enquêteurs à décrypter ces listes qu'il avait lui-même contribué à coder.
Y-a-t-il eu deal entre la France et l'employé ?
Alerté, le procureur de Nice Eric de Mongolfier, qui "n'a aucun commentaire à faire" mercredi, a ensuite décidé, selon Le Parisien, d'ouvrir une enquête préliminaire dans le plus grand secret. Le magistrat soupçonne certaines personnes de sa juridiction d'avoir ouvert des comptes dans la banque genevoise pour blanchir de l'argent. Selon Me Patrick Rizzo, l'avocat du cadre informatique interrogé par le journal, c'est l'ouverture de l'enquête qui aurait obligé "les autorités fiscales à exploiter ces données".
Intriguée, la Suisse a ouvert une enquête et réclame que l'ex-cadre de la banque soit remis à la Justice du pays, ainsi que la fameuse liste. Refus poli de la Justice française, qui a cependant interrogé l'homme et transmis ces détails au parquet de Berne. Mais les données, elles, seraient toujours entre les mains de la France. La banque victime a confirmé le vol mais affirme que celui-ci a eu lieu entre 2006 et 2007, ne concerne "potentiellement" que "10 noms", et non pas des milliers. HSBC assure également que ces données "sont anciennes et pas de nature sensible".
Woerth : "le fichier est légalement constitué"
A l'issue du Conseil des ministres, Eric Woerth a assuré que les listes de personnes soupçonnées d'évasion fiscale que détient actuellement le gouvernement "proviennent de plusieurs sources" et sont "légales". Interrogé sur le rôle prêté à l'ex-employé de HSBC à Genève, il a répondu : "cette source là pourrait en faire partie, mais je ne confirme pas ce n'est pas mon rôle. Il y a bien plusieurs sources. Ce fichier est aujourd'hui légalement constitué, il sera exploité dans le cadre de la loi française. Tout est légal bien sûr parce que vous avez remarqué que l'autorité judiciaire est saisie", a ajouté Eric Woerth, faisant allusion à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nice.
Reste la question d'un éventuel "deal" qu'auraient pu passer l'informaticien et l'Etat Français. Pour un enquêteur cité par le quotidien, il est "probable" qu'une "transaction" ait eu lieu, que ce soit sous forme d'une "somme d'argent" ou de "l'assurance de s'offrir une nouvelle vie" en France. Bercy se montre pourtant catégorique, sans évoquer précisément le cas de l'ex-cadre d'HSBC: "Rien n'a été acheté, ce sont des informations qui sont obtenues spontanément au gré des enquêtes fiscales", assure Eric Woerth. Dans Le Parisien, l'avocat de l'ex-employé d'HSBC assure lui qu'il ne laissera "personne dire" que la France a acheté ces informations à son client.
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