Evasion fiscale : la liste de Bercy a-t-elle été volée en Suisse ?

Par , le 09 décembre 2009 à 08h00 , mis à jour le 09 décembre 2009 à 13h22

Un cadre d'HSBC à Genève aurait dérobé en 2008 une liste de comptes bancaires détenus notamment par des Français. Cette liste serait entre les mains du gouvernement français, mais Eric Woerth dément tout "deal".

logo banque hsbcUne agence HSBC. © TF1/LCI

Août 2009. Eric Woerth, prévient. Le ministre du Budget tient entre ses mains le nom de 3.000 contribuables français détenteurs d'un compte en Suisse. Ceux-ci sont soupçonnés d'évasion fiscale. Ils ont jusqu'au 31 décembre 2009 pour revenir dans le droit chemin et échapper à d'éventuelles poursuites pénales. Au-delà de cette date, les contribuables pris en faute ne seront plus en mesure de négocier, avertit Eric Woerth.

  • Woerth s'adresse aux 150.000 cachottiers

    Au-delà de la liste de 3000 contribuables ayant des comptes en Suisse, Eric Woerth estime à 100.000, voire 150.000 le nombre de fraudeurs potentiels. Il lance une mise en garde.

    Publié le 07/09/2009 Woerth s'adresse aux 150.000 cachottiers
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    Le ministre du Budget va demander aux banques établies en France de donner au fisc les noms des résidents français qui détiennent des comptes à l'étranger.

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  • Bercy veut des noms !

    Le fisc français a demandé une liste "ciblée" de noms ayant effectuer des transferts d'argent vers l'étranger à plusieurs banques françaises.

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  • Bercy lance un ultimatum à 3000 contribuables

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Comment Bercy a pu obtenir ces noms ? Selon Le Parisien, une partie de cette liste proviendrait "probablement" d'un vol commis en 2008 par un cadre de la banque HSBC à Genève. Cet informaticien aurait, selon le quotidien, piraté le système contenant les noms avant de disparaître. Aujourd'hui réfugié en France et placé sous protections policières, il aurait ensuite communiqué la liste, "une mine d'or" selon un enquêteur cité par Le Parisien, à de hauts responsables du fisc. Il aiderait même les enquêteurs à décrypter ces listes qu'il avait lui-même contribué à coder.

Y-a-t-il eu deal entre la France et l'employé ?

Alerté, le procureur de Nice Eric de Mongolfier, qui "n'a aucun commentaire à faire" mercredi, a ensuite décidé, selon Le Parisien, d'ouvrir une enquête préliminaire dans le plus grand secret. Le magistrat soupçonne certaines personnes de sa juridiction d'avoir ouvert des comptes dans la banque genevoise pour blanchir de l'argent. Selon Me Patrick Rizzo, l'avocat du cadre informatique interrogé par le journal, c'est l'ouverture de l'enquête qui aurait obligé "les autorités fiscales à exploiter ces données".

Intriguée, la Suisse a ouvert une enquête et réclame que l'ex-cadre de la banque soit remis à la Justice du pays, ainsi que la fameuse liste. Refus poli de la Justice française, qui a cependant interrogé l'homme et transmis ces détails au parquet de Berne. Mais les données, elles, seraient toujours entre les mains de la France. La banque victime a confirmé le vol mais affirme que celui-ci a eu lieu entre 2006 et 2007, ne concerne "potentiellement" que "10 noms", et non pas des milliers. HSBC assure également que ces données "sont anciennes et pas de nature sensible".

Woerth : "le fichier est légalement constitué"

A l'issue du Conseil des ministres, Eric Woerth a assuré que les listes de personnes soupçonnées d'évasion  fiscale que détient actuellement le gouvernement "proviennent de plusieurs  sources" et sont "légales". Interrogé sur le rôle prêté à l'ex-employé de HSBC à Genève, il a répondu : "cette source là pourrait en faire partie, mais je ne confirme pas ce n'est pas mon rôle. Il y a bien plusieurs sources. Ce fichier est aujourd'hui légalement constitué, il sera exploité dans le cadre de la loi française. Tout est légal bien sûr parce que vous avez remarqué que l'autorité judiciaire est saisie", a ajouté Eric Woerth, faisant allusion à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nice.

Reste la question d'un éventuel "deal" qu'auraient pu passer l'informaticien et l'Etat Français. Pour un enquêteur cité par le quotidien, il est "probable" qu'une "transaction" ait eu lieu, que ce soit sous forme d'une "somme d'argent" ou de "l'assurance de s'offrir une nouvelle vie" en France. Bercy se montre pourtant catégorique, sans évoquer précisément le cas de l'ex-cadre d'HSBC: "Rien n'a été acheté, ce sont des informations qui sont obtenues spontanément au gré des enquêtes fiscales", assure Eric Woerth. Dans Le Parisien, l'avocat de l'ex-employé d'HSBC assure lui qu'il ne laissera "personne dire" que la France a acheté ces informations à son client.

Par Axel Constantinoff le 09 décembre 2009 à 08:00
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27 Commentaires

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  • lioubovnik, le 09/12/2009 à 17h06

    A la fois Procureur , Avocat et Juge, diable vous faites par votre billet un grand écart rarement réalisé, si ce n'est par ceux qui ne sont au courant de rien.

  • kilian0611, le 09/12/2009 à 14h18

    A.1.2.c.4 je vous rejoins toujours le meme disque chez Bruno je plaint son entourage qui ne doit pas osez lui dire qu'il radote !!!! finalement le Bruno il est comme Aubry : ringard

  • rael_13, le 09/12/2009 à 14h02

    Confondre fraude à la sécu et aux impôts est une erreur de jugement grossière qui reflète bien la mentalité française. Faites ce que je dit mais pas ce que je fais

  • pervenche2, le 09/12/2009 à 12h50

    à quand le listing de ces voyous qui ont à la fois un livret A à la caisse d'épargne et à la banque ????? en France.....1.25 % c'est vraiment de la fraude

  • ramva, le 09/12/2009 à 12h49

    Mais dites moi cela ressemble à du recel et donc pas normalement constitué au regard du droit Français comme veut bien le laisser entendre ce misnistre. La loi est pourtant claire, lorsque que vous achetez un objet volé cela est assimilé à du recel. Donc ce cadre bancaire a volé une liste et que l'état à bien racheter, car jamais la vérité sera connue par nous citoyen lambda. Déjà le proxénétisme est puni par contre l'état ne se gène pas pour taxer les prostituées sans pour autant leur donner des droits, donc après l'état proxénète, l'état receleur. Jusqu'ou allons nous aller comme ça. Oui République bannanière à mon sens. Bonne méditation à tous.

  • plume1111, le 09/12/2009 à 12h47

    C'est faux caimans! Je suis moi-même Suissesse et mes enfants ont des comptes en Suisse, les taux sont plus bas qu'en France. Les grosses fortunes y mettent leur argent pour le cacher et ne pas payer d'impôts dans leur pays, pas pour qu'il fructifie plus vite.

  • commissairejuve, le 09/12/2009 à 12h33

    État voyou, banquiers gangsters, grande distribution racket, elle est belle la France !!!!!!!!!!!!

  • pipcho, le 09/12/2009 à 12h27

    Lol "haute trahison". Arrêtez de regarder la télé...

  • z8tp13xx, le 09/12/2009 à 11h56

    De toutes façons, si l'État a payé pour avoir ces listings, ce n'est même pas la peine d'espérer ou de croire un instant que cela nous sera révélé... Pour çà, je suis tranquille!

  • a.1.2.c.4, le 09/12/2009 à 11h52

    C'est tout ... z'êtes timide aujourd'hui ... un manque d'arguments sans doute ... toujours la même rengaine, ringarde ... les droitards etc, etc ... un vieux disque rayé ... les droitards ... ccrriirrc ... les droitards ... ccrrirrc ...

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