La Suisse sur la liste "noire" des paradis fiscaux ?

le 17 décembre 2009 à 14h08 , mis à jour le 17 décembre 2009 à 14h12

Les sénateurs UMP menacent de placer la Suisse sur cette liste des Etats non-coopératifs si le pays s'obstine à refuser de ratifier l'accord fiscal bilatéral.

logo banque hsbcUne agence HSBC. © TF1/LCI

Après les représailles, la réponse. La France a mis en garde jeudi la Suisse contre un retard "à l'excès" de la ratification d'un accord fiscal bilatéral, suspendue par Berne afin de protester contre la récupération par Paris de données volées à la banque privée HSBC.

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"L'officialisation de la suspension de cette ratification enverrait un signal ambigu sur la volonté de la Suisse de répondre aux appels à la coopération entre administrations fiscales et à la levée de la culture du  secret, lancés lors des derniers G20", a estimé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. L'objet de l'accord fiscal "est de permettre à la Suisse de se mettre au  niveau des standards internationaux" et "nous espérons que la ratification de  cet avenant, qui fait suite à une longue période de négociations avec nos amis  suisses et qui constitue une étape importante sur le chemin de la transparence  fiscale, ne sera pas remise en cause", a-t-il ajouté.
 
Délai de réflexion supplémentaire
 
Le porte-parole était interrogé lors d'un point-presse pour savoir si la  France comptait mettre la Suisse sur une liste noire des paradis fiscaux qu'elle doit rendre publique au début de l'année prochaine. "Nous notons que les autorités suisses n'ont pas évoqué la remise en cause définitive de la ratification mais la suspension de l'examen du projet de loi de  ratification. Nous prenons acte du fait que ce processus de ratification, compte tenu du changement qu'elle représente pour un Etat comme la Suisse, nécessite de sa part un délai de réflexion supplémentaire", a-t-il précisé.
 
Si le gouvernement reste pour l'instant prudent sur le sujet, les sénateurs UMP eux, attaquent. Le président centriste et le rapporteur UMP de la  commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis et Philippe Marini, ont annoncé  jeudi qu'ils entendaient déposer un amendement au projet de loi de finances rectificative afin d'inscrire la Suisse sur la liste "noire" des paradis  fiscaux. "Nous apprenons que les autorités fédérales suisses n'ont pas l'intention" de ratifier la convention d'échange d'informations fiscales signée entre les  deux pays. Si tel est le cas, nous sommes fondés à ajouter la Suisse à cette liste"  des Etats non-coopératifs, a déclaré le sénateur Marini.

La presse suisse s'en prend à son gouvernement

La presse suisse a vivement critiqué jeudi le gouvernement helvétique, au lendemain de la décision de Berne de  suspendre la ratification d'un accord fiscal avec Paris, estimant qu'il avait  agi bien trop tard. "La France aura offert (au président) Hans-Rudolf Merz une belle occasion de  terminer, dans un sursaut de dignité blessée, une année présidentielle marquée par des capitulations sans gloire", a estimé le quotidien Le Temps dans son  éditorial. Selon le journal, le président "a pu dire : ça suffit, avant qu'un parti ne s'empare de la fermentation qu'on sentait monter dans le monde politique et ne l'exploite dans son seul intérêt", notamment en réclamant un référendum  populaire. Pour la Tribune de Genève, le gouvernement a présenté "une chronologie ubuesque de démarches faites par la Suisse envers la France, restées lettre morte depuis février 2009", en référence aux tentatives de la Confédération de  récupérer les données volées. Mais la critique du journal se dirige principalement contre M. Merz, qui a "une fois de plus, répété un exercice bien connu, celui du: On s'est fait  avoir, on va voir comment on peut réagir".

le 17 décembre 2009 à 14:08
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11 Commentaires

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  • yann-87, le 18/12/2009 à 15h17

    Ce sont les Sénateurs... Les impôts diminueraient très certainement pour l'ensemble des français sans les passes droits offert aux grandes entreprises et au très riches...

  • yann-87, le 18/12/2009 à 15h13

    La faute vient du ministère et donc d'Eric Woerth qui a accepté la liste volée tout en sachant qu'elle était volée!

  • mijoland, le 17/12/2009 à 20h57

    Bravo, vous tirez sur la suisse un pays ami qui accueille chaque jours des milliers de frontaliers ce qui diminue le chômage en France. Un accord pour des échanges d'information était en cours de signature et voilà qu'un tordu vend à la France des informations sur des individus qui ont des comptes en Suisse. Il y aurait fallu demander à Nicolas l'argent qu'il a placer pour ses clients avant la politique. Demain des frontaliers perdront leur emploi et nous crierons contre la Suisse. mais ce sera trop tard.

  • yann-87, le 17/12/2009 à 19h54

    Parce que quelqu'un ici doute encore que la Suisse est un paradis fiscal?

  • contribuable1, le 17/12/2009 à 19h51

    La france ne peut pas mettre la Suisse sur une liste noire, seuls les pays qui n'auront pas signé au moins 12 accords selon les normes de l'OCDE pourront l'être et 12 pays ça se trouve très facilement.

  • lucifer9068, le 17/12/2009 à 18h47

    Pauvre petit Français... comme si la France allais décider seule de la mise à l'index sur une qu'elle ne gère en rien !

  • a.1.2.c.4, le 17/12/2009 à 17h58

    Pas de fumée ... sans feu ...! :o)))

  • schnipp, le 17/12/2009 à 15h06

    J'espère que la Suisse ne se laissera pas intimider par les députés français qui trouvent dans ces questions fiscales une excuse pour pouvoir dire "vous voyez j'ai agi quand j'étais au pouvoir"... ils nous feraient perdre moins de temps si ils s'attachaient à essayer de faire baisser nos impôts au lieu d'essayer de soumettre la Suisse à leurs caprices. La Suisse, aux dernières nouvelles, n'est pas un employé du fisc français, mais un Etat souverain !

  • sept37, le 17/12/2009 à 14h40

    Si l'administration française fonde sa coopération fiscale internationale sur la délation , les dénonciations, les barbouses et les espions, les progrès d'une entente cordiale très souhaitable par la majorité des contribuables semble-t-il, ne risquent pas de se faire très rapidement....

  • sept37, le 17/12/2009 à 14h35

    Si l'administration française fonde sa coopéra

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