Voilà près de six mois qu'ils ont obtenu la TVA à 5,5%, et qu'ont fait les restaurateurs ? La baisse insuffisante des prix a dégradé l'image de la profession. Tout comme les esclandres au sein même des organisations patronales. Dans la première d'entre elle, l'Umih, ils sont toujours deux à revendiquer la présidence. La présidente élue en 2008, Christine Pujol, et son prédécesseur, André Daguin, qui affirme avoir été désigné président par intérim. La justice a été saisie pour trancher. La deuxième, le Synhorcat, a vu partir des adhérents importants, déçus de son "manque de professionnalisme". Son président, Didier Chenet, contesté par certains adhérents et invalidé par la justice, a été réélu. L'ex-syndicat des chaînes (SNRTC) espère tirer les marrons du feu...
Alors qu'ils sont attendus mardi à Bercy pour dresser un "bilan définitif" de la baisse des prix et faire le point sur les autres engagements de la profession, les restaurateurs ont essayé de redorer leur image ce lundi : les organisations patronales ont retrouvé les syndicats de salariés pour reprendre officiellement les négociations sur les rémunérations lors d'une commission mixte paritaire. Alors que trois des cinq syndicats de salariés restaient jusqu'alors opposés au projet d'accord tel qu'il avait été négocié il y a 15 jours, un accord a enfin pu être trouvé.
"Pas suffisant"
L'ancienneté minimale pour toucher une "prime TVA" versée aux salariés sera abaissée à quatre mois, contre neuf mois dans le précédent texte, et le plafond de cette prime relevé à 500 euros, contre 400 euros. Sur la question, centrale pour les syndicats, de la pérennité de cette prime, il est prévu qu'elle ne pourra être revue à la baisse en cas de maintien de la TVA à 5,5%. En outre, à l'avenir le premier niveau de la grille salariale sera toujours 1% au-dessus du Smic. Cet accord a été validé côté patronal par le Synhorcat, la Fagiht et la CPIH, mais pour l'instant pas par la principale organisation, l'Umih. Reste que cette sa signature, à la veille du comité de suivi à Bercy, est particulièrement bienvenue.
Cet accord apparaît en fait comme l'élément le plus positif à faire valoir dès mardi au ministère, alors que, selon l'Insee, qui doit annoncer le même jour l'indice des prix de novembre, les additions au restaurant ont baissé de 1,46% entre juillet et octobre. Et différentes enquêtes montrent qu'un restaurant sur deux seulement a répercuté sur ses prix la baisse de la TVA de 19,6 à 5,5% (sauf pour les alcools). "Pas suffisant", répète Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat au Commerce, alors que le gouvernement attendait environ 3%. En octobre, il avait demandé aux restaurateurs d'aller "plus loin" et "plus vite", prévenant que, dans le cas contraire, le gouvernement en tirerait "toutes les conséquences". La menace d'un retour à une TVA à 19,6% a cependant été clairement écartée par Nicolas Sarkozy, même si des sénateurs ont dénoncé le coût de la mesure pour les finances publiques (3 milliards d'euros).
Mais les restaurateurs, qui s'étaient également engagés à embaucher 40.000 personnes supplémentaires sur deux ans (20.000 en apprentissage et 20.000 en contrats pérennes), réclament de la patience. Ils rappellent que le contrat d'avenir, l'accord signé avec l'Etat, court sur trois ans. Ils expliquent également que les établissements qui paient leur TVA au trimestre n'ont pu percevoir qu'en octobre ce que cela représentait dans leurs comptes.







