Sur la carte des suggestions, les prix ont-ils baissé ? © Sophie LutrandEn contrepartie de la baisse de la TVA, les organisations professionnelles de restaurateurs s'étaient engagées auprès de l'Etat à répercuter une partie du gain auprès des consommateurs en baissant certains de leurs prix. L'engagement portait sur une baisse des prix d'au moins 11,8% sur une partie de la carte (au moins 7 des produits). Selon le gouvernement et les syndicats signataires, cela aurait dû se traduire par une baisse des prix d'environ 3%. Or, on est loin du compte. Les syndicats du secteur, jusqu'à présent, plaidaient la patience. Mais après une période de diminution, les prix repartent à la hausse. Une hausse qualifiée de "gabegie" pour le député PS Henri Emmanuelli qui demande des "explications" au gouvernement qu'il taxe de "totale incompétence".
TVA à 5,5% : un an après, quelle baisse des prix ?
Selon le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, les prix dans la restauration ont baissé de 1,7% depuis la baisse de la TVA. 8 syndicats de restaurateurs s'étaient pourtant engagés à baisser les prix de 11,8%.
Publié le 05/06/2010
Restauration : les prix n'auraient baisser que de 1,4%
Les prix dans la restauration ont augmenté de 0,1% en novembre mais ont baissé de 1,41% depuis juillet. Le point en région parisienne.
Publié le 15/12/2009
Les derniers chiffres de l'Insee révèlent ainsi que les prix dans les cafés et restaurants ont connu une légère hausse, de 0,1%, en novembre. Une hausse équivalente à celle constatée dans l'ensemble des prix à la consommation en France. Dans les seuls restaurants, les prix ont progressé de 0,1% sur un mois et baissent de 0,6% par rapport à novembre 2008. Depuis le 1er juillet, date d'entrée en vigueur de la TVA pour la restauration à table (5,5% au lieu de 19,6% sauf pour l'alcool), la baisse est d'environ 1,41%. Dans les cafés, les prix progressent également de 0,1% par rapport à octobre et baissent de 0,4% sur un an. Depuis le 1er juillet, la baisse est de seulement 0,95%.
Quel bilan ?
Des chiffres qui ne tombent pas vraiment bien pour la profession, alors que les syndicats de restaurateurs sont reçus ce mardi à Bercy pour dresser un "bilan définitif" de la baisse de la TVA à 5,5% et sa traduction dans les prix à la consommation. La réunion doit aussi faire le point sur les autres engagements de la profession en matière de salaires et d'embauche. Seul point positif que les restaurateurs aient à faire valoir : un accord obtenu la veille, au forceps, sur les rémunérations. Les cinq syndicats de salariés et trois organisations patronales de l'hôtellerie-restauration sont parvenus à s'entendre après des mois de tractations. Pour le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, l'accord salarial en passe d'être conclu est "historique". Il a toutefois admis que la baisse des prix restait en dessous des engagements de la profession.
L'approbation de la CFTC, FO et la CGT, en plus de la CFDT et la CFE-CGC, a permis in extremis que l'accord soit majoritaire. Les trois premiers refusaient un précédent projet conclu entre le patronat, la CFDT et la CFE-CGC il y a deux semaines, à la date-butoir fixée par le gouvernement pour un accord social. CFTC, FO et CGT s'étaient déjà opposés en juillet à un premier projet qui, selon eux, ne contenait pas "de réelles contreparties" à la baisse de la TVA, surtout "au regard des enjeux", dont l'attractivité du secteur. En revanche, le texte final, élaboré lors de réunions informelles durant le week-end, a été validé côté patronal par le Synhorcat, la Fagiht et la CPIH, mais pas par la principale organisation, l'Umih, en proie à une guerre des chefs, ni par le GNC (chaînes hôtelières).
Lors des derniers échanges, les syndicats réclamaient la pérennité d'une "prime TVA" pour les salariés au-delà des trois ans prévus. Ils ont finalement obtenu que le montant de la prime, représentant 2% du salaire annuel brut, ne puisse être revu à la baisse en cas de maintien de la TVA à 5,5%. L'ancienneté minimale pour toucher la prime a aussi été abaissée à quatre mois, contre neuf mois dans le précédent projet, ce qui permet d'intégrer des saisonniers, et son plafond relevé à 500 euros, contre 400 euros. En outre, à l'avenir le premier niveau de la grille salariale sera toujours 1% au-dessus du Smic. L'accord a confirmé, comme dans le texte du 30 novembre, la revalorisation moyenne de la grille des salaires de 6%, le rajout de deux jours fériés, la promotion du tutorat et des certificats de qualification professionnelle et la mise en place d'une mutuelle de santé.
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