Vol de données : HSBC confirme, Bercy dit agir en toute légalité

Par , le 09 décembre 2009 à 13h23 , mis à jour le 09 décembre 2009 à 17h04

La banque suisse a confirmé mercredi avoir été victime d'un vol de données bancaires, mais celui-ci ne concernerait "potentiellement que moins de dix noms".

logo banque hsbcUne agence HSBC. © TF1/LCI

Août 2009. Eric Woerth prévient. Le ministre du Budget tient entre ses mains le nom de 3.000 contribuables français détenteurs d'un compte en Suisse. Ceux-ci sont soupçonnés d'évasion fiscale. Ils ont jusqu'au 31 décembre 2009 pour revenir dans le droit chemin et échapper à d'éventuelles poursuites pénales. Au-delà de cette date, les contribuables pris en faute ne seront plus en mesure de négocier, avertit Eric Woerth.

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Comment Bercy a pu obtenir ces noms ? Selon Le Parisien, une partie de cette liste proviendrait "probablement" d'un vol commis en 2008 par un cadre informatique de la banque HSBC à Genève. Cet informaticien aurait, selon le quotidien, piraté le système contenant les noms avant de disparaître. Aujourd'hui réfugié en France et placé sous protections policières, il aurait ensuite communiqué la liste, "une mine d'or" selon un enquêteur cité par Le Parisien, à de hauts responsables du fisc. Il aiderait même les enquêteurs à décrypter ces listes qu'il avait lui-même contribué à coder.

Y-a-t-il eu deal entre la France et l'employé ?

Alerté, le procureur de Nice Eric de Mongolfier, qui "n'a aucun commentaire à faire" mercredi, a ensuite décidé, selon Le Parisien, d'ouvrir une enquête préliminaire dans le plus grand secret. Le magistrat soupçonne certaines personnes de sa juridiction d'avoir ouvert des comptes dans la banque genevoise pour blanchir de l'argent. Selon Me Patrick Rizzo, l'avocat du cadre informatique interrogé par le journal, c'est l'ouverture de l'enquête qui aurait obligé "les autorités fiscales à exploiter ces données".

Intriguée, la Suisse a ouvert une enquête et réclame que l'ex-cadre de la banque soit remis à la Justice du pays, ainsi que la fameuse liste. Refus poli de la Justice française, qui a cependant interrogé l'homme et transmis ces détails au parquet de Berne. Mais les données, elles, seraient toujours entre les mains de la France. La banque victime a confirmé mercredi le vol mais affirme que celui-ci a eu lieu entre 2006 et 2007 et ne concerne "potentiellement" que "moins de 10 noms", non pas des milliers. HSBC assure également que ces données "sont anciennes et pas de nature sensible".

Woerth : "le fichier est légalement constitué"

A l'issue du Conseil des ministres, Eric Woerth a assuré que les listes de personnes soupçonnées d'évasion  fiscale que détient actuellement le gouvernement "proviennent de plusieurs  sources" et sont "légales". Interrogé sur le rôle prêté à l'ex-employé de HSBC à Genève, il a répondu : "cette source là pourrait en faire partie, mais je ne confirme pas ce n'est pas mon rôle. Il y a bien plusieurs sources. Ce fichier est aujourd'hui légalement constitué, il sera exploité dans le cadre de la loi française. Tout est légal bien sûr parce que vous avez remarqué que l'autorité judiciaire est saisie", a ajouté Eric Woerth, faisant allusion à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nice. "Rien n'a été acheté. Ce sont des informations qui sont obtenues spontanément par le biais des enquêtes fiscales (...) Il ne faut pas prendre les services fiscaux français pour de gros naïfs. Aucun service fiscal au monde aujourd'hui, confronté à la fraude telle qu'elle est aujourd'hui, ne peut se permettre la naïveté", a-t-il ajouté, répétant qu'il y avait plusieurs sources.

Reste la question d'un éventuel "deal" qu'auraient pu passer l'informaticien et l'Etat Français. Pour un enquêteur cité par le quotidien, il est "probable" qu'une "transaction" ait eu lieu, que ce soit sous forme d'une "somme d'argent" ou de "l'assurance de s'offrir une nouvelle vie" en France. Bercy se montre pourtant catégorique, sans évoquer précisément le cas de l'ex-cadre d'HSBC: "Rien n'a été acheté, ce sont des informations qui sont obtenues spontanément au gré des enquêtes fiscales", assure Eric Woerth. Dans Le Parisien, l'avocat de l'ex-employé d'HSBC assure lui qu'il ne laissera "personne dire" que la France a acheté ces informations à son client.

Par Axel Constantinoff le 09 décembre 2009 à 13:23
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13 Commentaires

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  • louischom, le 09/12/2009 à 18h54

    Ce ne sont pas les gens simples qui fraudent le fisc! et, pour frauder, il faut avoir les reins solides! Si tous les fraudeurs payaient leurs impôts "normalement", la charge fiscale en France ne serait peut être pas aussi importante! alors que tout le monde triche un peu quand il en a l'occasion et ce n'est pas grave! Ceux qui bénéficient de "comptes offshore" trichent énormèment et c'est un fléau français!

  • barrny, le 09/12/2009 à 17h05

    Goleador56: d'après le magazine Forbes qui a effectué le classement 2009 de la pression fiscale dans 50 pays, l'hexagone est considéré comme le pays le moins accueillant fiscalement avec 34.4% d'impots pour les sociétés et 52.1% pour les particuliers (oui, cela signifie que pour chaque euro gagné, le gouvernement vous en prends plus de la moitié). Et sur 10 des pays les moins attractifs, 8 sont européens.

  • barrny, le 09/12/2009 à 16h51

    L'évasion fiscale est toujours la même chose: c'est protéger ce que l'on a légitimement acquis des appétits démesurés de l'état. Et comme l'état Français est trop gourmand et que la population Française jalouse à la folie la réussite économique, on a des réactions comme celles de nicapae ou nossim... J'ajoute également que bercy et l'état ont trop tendance à considérer que toute contribuable est un fraudeur qui s'ignore (et que tout ce que le contribuable possède peut et doit être taxé) et je pense que le principe comme quoi "toute personne est considérée innocente tant que les faits n'ont pas été jugé par un tribunal indépendant" n'est pas encore galvaudé.

  • __anto, le 09/12/2009 à 16h41

    Sauf que dans notre constitution a banni l'adage du "oeil pour oeil; dent pour dent". A t'on le droit d'utiliser des moyens illégaux pour prouver une illégalité? Cela signifierait que vous accepteriez volontiers que l'on installe une dispositif de tracage sur votre voiture au cas ou vous commetriez un exces de vitesse? Je ne cautionne pas ceux qui mettent leur argent dans ces paradis fiscaux, mais je les comprends; et à l'état totalitaire et providence, je dis non...

  • citizen31, le 09/12/2009 à 16h39

    Une fois pour toutes, ces personnes ne volent RIEN à l'état. Il s'agit simplement d'un manque à gagner pour les rapaces du fisc, rien de plus. Ces "évadés fiscaux" ne sont pas une menace pour la société à la différence de ceux qui brûlent des voitures et transforment certains quartiers en zones de non droit...

  • goleador56, le 09/12/2009 à 16h20

    Du n'importe quoi !!! avez vous déja comparé avec d'autres pays ?

  • dalton67, le 09/12/2009 à 15h51

    C'est décidement vraiment la rupture, meme l'état devient voyou pour masquer sa politique du chiffre. A méditer.

  • jillmoor, le 09/12/2009 à 15h11

    @Barrny : Fuir l'oppression fiscale consiste à s'exporter dans un autre pays pour profiter d'une fiscalité plus attractive. Ici, il s'agit d'évasion fiscale illégale, c'est à dire qu'ils sont en France, soumis à la loi française mais qu'ils fraudent en cachant au fisc à dessein des sommes en Suisse (et j'imagine qu'il ne doit pas s'agir de petites sommes). Et donc, en Droit, depuis toujours, quelque chose d'illégal doit être puni.

  • bobbif, le 09/12/2009 à 15h03

    Euh, si on en est à chercher la petite bête sur le plan juridique, détenir un objet volé s'appelle du recel.

  • nemo_le_capitai, le 09/12/2009 à 14h56

    S'il y a des Paradis Fiscaux, c'est parce que certains pays sont des Enfers fiscaux, dont la France fait partie.

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