Image d'archives © TF1S'il s'agit de gages, ils sont encore timides. Le directeur général du constructeur automobile français Renault, Pelata, a assuré mercredi qu'"il y aura toujours des Clio produites à Flins, quel que soit le scénario", à la sortie d'une réunion avec le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, à Bercy. Interrogé sur un projet de délocalisation en Turquie de la future Clio 4 - qui remplacerait l'actuelle Clio -, Patrick Pelata a répondu: "il n'y a pas de décision prise parce qu'il n'est pas encore l'heure de prendre des décisions".
"Les différents scénarios que nous étudions, c'est comment avoir la Clio III et sa remplaçante entre la Turquie et l'usine de Flins, sachant que la totalité produire dépassera sans doute ce qui peut être produit en Turquie aujourd'hui", a-t-il ajouté. "Tant que la Zoe ne sature pas l'usine de Flins, ce qui serait quand même un scénario assez fantastique pour le véhicule électrique de Renault, il y aura des Clios à Flins, ça c'est clair dans tous les scénarios", a insisté Patrick Pelata. L'industrialisation de la voiture électrique Zoe à Flins doit commencer en septembre 2011 pour une commercialisation en 2012.
Fini l'Espagne...
Plusieurs membres du gouvernement s'étaient prononcés ces derniers jours contre une éventuelle délocalisation de la production de la Clio 4 de Renault en Turquie, la jugeant "inacceptable".
Renault prévoit par ailleurs d'arrêter la production de la Clio en Espagne et en Slovénie, a annoncé Patrick Pelata. De janvier à juin 2009, près de 8.000 Clio III sont sorties de l'usine de Valladolid, en Espagne, selon les derniers chiffres disponibles. Ces voitures sont essentiellement destinées aux marchés espagnol et portugais, a précisé un porte-parole de Renault. Au premier semestre 2009, environ 17.000 Clio II ont été produites à Novo Mesto, en Slovénie.
"Véhicule emblématique"
Le président Nicolas Sarkozy rencontrera "très prochainement" le PDG de Renault Carlos Ghosn pour évoquer la question d'une éventuelle délocalisation de la production de la Clio en Turquie, avait annoncé peu avant le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, "rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres.
"C'est normal que le représentant d'un des principaux actionnaires de Renault rencontre le PDG pour lui faire part de ses orientations, de ses choix et de son point de vue sur ce sujet", a-t-il poursuivi. Rappelant les mesures adoptées l'an dernier pour soutenir l'industrie automobile, Luc Chatel a indiqué que le gouvernement "ne comprendrait pas (...) qu'on puisse délocaliser la production d'un véhicule aussi emblématique pour les Français que la Clio".
"Nous ne mettons pas tant d'argent pour soutenir nos constructeurs automobile pour que la totalité des usines s'en aillent à l'extérieur", a déclaré le chef de l'Etat un peu plus tard lors de ses voeux aux parlementaires. "Tout est une question d'équilibre. Il serait absurde d'empêcher un constructeur mondial d'aller créer des usines à l'extérieur, ça va de soi", a-t-il cependant ajouté. "Quand l'Etat est actionnaire", comme c'est le cas dans Renault, "ce n'est pas le droit pour l'Etat d'intervenir, c'est son devoir", a conclu Nicolas Sarkozy.
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