La Clio de Renault, troisième du nom © DRLa Clio est un des modèles emblématiques de Renault. Apparue au tout début des années 90, elle a connu un succès jamais démenti du fait de ses qualités de petite voiture citadine et néanmoins bonne routière ("elle a tout d'une grande !" proclamait la publicité de la marque au losange), qui lui ont valu le titre de "Voiture Européenne de l'année 1991". Aujourd'hui, la Clio en est à sa troisième génération, et le quatrième modèle est annoncé en 2012. Un modèle qui, selon les indiscrétions de La Tribune, ne devrait pas être fabriquée à Flins, en région parisienne... mais en Turquie.
Clio en Turquie: l'Etat veut faire changer d'avis Renault
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a assuré mardi que l'Etat, qui est actionnaire de Renault, ne resterait pas les "bras ballants" sur une éventuelle délocalisation de la production de la future Clio.
Publié le 12/01/2010
On pourrait rêver mieux en termes d'image pour un groupe automobile. L'information n'a d'ailleurs pas été confirmée par Renault. "A ce jour, Clio 3 est produite à Flins et à l'usine de Bursa en Turquie. La production de la remplaçante de la Clio 3, la Clio 4 devrait suivre ce schéma", a indiqué un porte-parole. Mais La Tribune avance ses arguments : le site de Bursa est considéré aujourd'hui comme l'un des plus compétitifs du constructeur. Voilà pourquoi il devrait, assure le quotidien économique, récupérer l'intégralité de la fabrication de la future Clio. Ce ne serait pas une première : la Twingo avait déjà été transférée de Flins vers la Slovénie, à l'occasion du changement de génération, rappelle le quotidien. Quel avenir pour Flins dans ce contexte ? L'usine, croit savoir La Tribune, se spécialiserait dans les voitures électriques ; mais dans l'hypothèse où ces modèles ne rempliraient pas l'usine, un reliquat de Clio IV pourrait y être assemblé, provisoirement.
Colère syndicale
La CGT du groupe Renault est aussitôt montée au créneau. Le syndicat a dénoncé vendredi la "mise en concurrence entre les pays, les sites et les salariés" du fait de ces interrogations concernant le lieu où sera produite la remplaçante de l'actuelle Clio. Les nouvelles annonces participent "au chantage permanent exercé par la direction de Renault" pour "obtenir des subventions et/ou allégements de charges supplémentaires", selon le syndicat. D'après la CGT, l'usine turque ne peut en effet accueillir l'assemblage de la future Clio 4 étant donné qu'elle est "déjà largement en surcapacité". Mais si toutefois "la décision de délocaliser la Clio 4 en Turquie s'avérait confirmée, l'Etat français ne pourrait pas rester sans réagir", juge-t-elle, car "les constructeurs, dont Renault, ont bénéficié de fonds publics importants directs et indirects" et "la prime à la casse a largement contribué à assurer leur volume de production" et ce, "sans effet positif sur l'emploi en France".
Côté politique, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a estimé qu'une délocalisation en Turquie n'était "absolument pas acceptable" et a demandé à l'Etat de convoquer Renault pour empêcher une telle mesure. "Si l'industrie automobile a été sauvée dans notre pays c'est parce qu'il y a eu une implication extrêmement forte de l'Etat", a-t-il insisté faisant état des "3 milliards d'euros qui ont été donnés et dont Renault a profité pleinement".
Retour MYTF1
Clio en Turquie: l'Etat veut faire changer d'avis Renault
Chargement en cours...





