Nicolas Sarkozy et Carlos Ghosn, PDG de Renault, réunis avec des ouvriers de l'usine de Sandouville © ReutersCette énième déclaration ne va pas calmer Bruxelles... La Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe, a maintenu vendredi ses demandes de clarification à la France au sujet de pressions exercées sur ses constructeurs automobiles, en dépit de premières tentatives de clarification de Paris.
Bagarre de neurones entre la commissaire à la Concurrence et Sarkozy
Après le clash entre Bruxelles et Paris sur le dossier de la délocalisation d'une usine Renault en Turquie, la gardienne des règles de concurrence a fait une petite mise au point au sujet de Nicolas Sarkozy...
Publié le 08/02/2010
Renault : la Clio 4 sera, en partie, produite à Flins
Le PDG de la marque au losange Carlos Ghosn a assuré samedi au président Nicolas Sarkozy que le constructeur automobile maintiendrait l'emploi et l'activité de son site dans les Yvelines.
Publié le 16/01/2010
Bruxelles grogne...
Le gouvernement français depuis plusieurs jours dans son collimateur Renault, dont plusieurs dirigeants ont été convoqués par Christian Estrosi et Nicolas Sarkozy après la révélation dans la presse d'un projet visant à produire la future Clio 4 en Turquie. Le porte-parole de la Commission pour les questions de concurrence, Jonathan Todd, a confirmé l'envoi vendredi d'un courrier aux autorités françaises. Bruxelles leur demande de fournir "dans les meilleurs délais" des éléments prouvant que la France ne remet pas en cause des engagements pris l'an dernier lors de la mise en place de prêts à conditions préférentielles pour aider le secteur automobile en crise, a-t-il dit. Le porte-parole a souligné qu'il ne s'agissait pas spécialement des possibles transferts de production entre la France et la Turquie.
"Notre inquiétude se base sur des déclarations de Christian Estrosi qui a dit que lorsqu'une voiture française est destinée à être vendue en France, elle doit être produite en France", a-t-il précisé. "Clairement, il pourrait y avoir une contradiction avec des engagements faits par le prédécesseur de Christian Estrosi, Luc Chatel", qui avait promis" que le soutien financier du gouvernement français à l'industrie automobile n'était pas lié au choix du lieu de production des voitures", a-t-il expliqué. Christian Estrosi a tenté de se défendre en estimant vendredi que l'Etat français, en tant qu'actionnaire à 15% de Renault, avait son mot à dire dans les choix stratégiques du constructeur. "Rien, dans les engagements souscrits, n'interdit à l'Etat actionnaire d'échanger avec la direction de Renault sur la stratégie de l'entreprise et de marquer son souhait de voir un véhicule destiné au marché européen produit dans l'Union européenne", a aussi estimé le secrétaire d'Etat français chargé des Affaires européennes Pierre Lellouche.
...la Bourse aussi
Les investisseurs n'apprécient pas davantage les pressions françaises. En début d'après midi, les actions Renault et PSA figuraient parmi les plus fortes chutes d'un CAC 40 baissier. Thierry Huon, analyste chez Exane BNP Paribas, estime pourtant que la menace d'intervention de l'Etat sur les affaires des constructeurs automobiles n'est pas réelle. "Au-delà de l'agitation politique, les propos de Nicolas
Sarkozy montrent qu'il reste conscient des limites du rôle de l'Etat dans la gestion d'une entreprise privée", précise-t-il.
Le président de la République a déclaré mercredi que le gouvernement français, qui a massivement aidé la filière automobile dans la crise, ne pouvait pas laisser partir toutes les usines à l'étranger, mais qu'il serait absurde d'empêcher un constructeur de taille mondiale d'en implanter à l'extérieur.Les analystes notent aussi qu'après avoir largement profité du rebond boursier observé depuis mars dernier, les titres des constructeurs automobiles sont sujets à des prises de bénéfices. Renault a flambé de 95% en 2009 et pris encore 8% depuis le début de l'année, tandis que PSA a bondi de 95% lui aussi l'an dernier et gagné 10% depuis le début du mois.
| L'Etat chez Renault, comment ça marche ? |
Le poids de l'État dans Renault est fixé par un décret-loi antérieur aux "années Régie" puisqu'il remonte à 1935. Ce texte, un des nombreux décrets-lois du Front populaire pour faire face à la crise économique des années 1930, organise le contrôle de l'État sur les sociétés ayant fait appel à son concours financier sous forme d'apports de capital ou dans lesquelles il détient une participation d'au moins 10%. L'article 2 stipule que le nombre de sièges doit être proportionnel à la participation, sans qu'il puisse dépasser les deux tiers du conseil ou être inférieur à deux pour les sociétés anonymes. L'État détient aujourd'hui 15% du capital de Renault et deux sièges sur les 18 que compte le conseil d'administration. Le constructeur a rappelé que lorsque la participation de l'État était de 40%, il avait droit à quatre représentants. Selon des calculs, avec 20% du capital, l'État pourrait peut-être gagner un siège. Renault, dont la privatisation remonte à 1996, a vu la présence de l'État se réduire au fil des années. Nationalisé à la Libération pour devenir la "Régie nationale des usines Renault", il est introduit en Bourse en 1994 après l'ouverture d'une partie du capital. Deux ans plus tard, la participation de l'État tombe en dessous de 50%. En 2002, lorsque le partenaire japonais Nissan entre à hauteur de 15%, l'État vend une autre partie de ses actions dans le cadre d'un placement privé auprès d'investisseurs institutionnels et sa présence tombe à 26%. La dernière grande modification a lieu l'année suivante, quand l'État ramène sa part à moins de 16%. Il reste néanmoins le principal actionnaire individuel puisque Nissan n'a pas de droit de vote. Au 30 juin, la grande majorité du capital de Renault (63,6%) était détenu par lepublic, dont des institutionnels. |
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