Image d'archives © TF1Difficile de dire que cette sommation est une surprise... La Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe, veut des explications du gouvernement français sur les pressions faites depuis quelques jours pour empêcher le constructeur automobile Renault de délocaliser la production de sa Clio en Turquie. La commissaire à la Concurrence Neelie Kroes a indiqué jeudi, dans une déclaration transmise par mail, avoir "demandé à (ses) services de contacter les autorités françaises aussi vite que possible pour demander des explications".
Alliance Renault-Daimler : l'Etat approuve
Le groupe automobile français a réuni un conseil d'administration extraordinaire pour sceller une alliance stratégique industrielle avec le constructeur allemand.
Publié le 06/04/2010
Bagarre de neurones entre la commissaire à la Concurrence et Sarkozy
Après le clash entre Bruxelles et Paris sur le dossier de la délocalisation d'une usine Renault en Turquie, la gardienne des règles de concurrence a fait une petite mise au point au sujet de Nicolas Sarkozy...
Publié le 08/02/2010
La commissaire évoque une "contradiction apparente" entre des déclarations du ministre français de l'Industrie Christian Estrosi sur la localisation de l'usine produisant la nouvelle Clio et les promesses faites par Paris en février 2009 au moment de la mise en place des prêts à conditions privilégiées aux constructeurs automobiles victimes de la crise. L'une de ces promesses était que Paris "n'imposerait aucune condition sur la localisation des usines", rappelle Neelie Kroes en prévenant que "la Commission s'assurera que cet engagement est tenu".
Estrosi veut aller plus loin...
Cette déclaration intervient alors que le ministre de l'Industrie venait de déclarer dans une interview accordée à Reuters réfléchir à une montée en puissance de l'Etat-actionnaire dans Renault pour peser sur la stratégie industrielle du constructeur automobile. "Ce qui est sûr, c'est que nous cherchons le moyen de faire comprendre que l'Etat actionnaire à 15% est un Etat qui pèse dans les choix." a dit Christian Estrosi, "on peut très bien le faire en restant à 15%. Peut-être que de monter à 17, à 18 ou à 20% est moyen psychologique de faire comprendre qu'on n'a pas l'intention de laisser conduire la stratégie industrielle automobile de la France sans réagir".
Renault n'a pas encore décidé où il produira en 2013 la 4e génération de la Clio, mais des informations de presse sur le possible choix du site turc de Bursa ont conduit le gouvernement à monter au créneau pour réclamer que la Clio 4 soit produite prioritairement en France. Le P-DG de Renault Carlos Ghosn sera reçu samedi par NicolasSarkozy à l'Élysée pour faire le point sur ce dossier. Christian Estrosi a précisé que la possible montée de l'Etat dans le capital de Renault serait abordée lors de cet entretien. Prié de dire si la décision serait effectivement prise samedi par le chef de l'Etat, il a répondu : "Ça sera le fruit de la discussion entre le président de la République et le président de Renault. Est-ce que le président de Renault considère désormais que nous sommes un actionnaire à 15% qui mérite d'être respecté et de ne pas subir des décisions sans que y soyons associés, ou pas ?".
Le ministre de l'Industrie a ajouté avoir "clairement dit" au directeur général de Renault Patrick Pélata, qu'il a reçu mercredi, que Nicolas Sarkozy ne se contenterait pas samedi de réponses évasives."Ce qui est demandé à Renault, ce n'est pas de fermer une chaîne de production en Turquie (...), c'est de veiller à ce que la Clio 4 qui est destinée à être vendue en France soit produite en France", a-t-il dit, ajoutant ne pas vouloir empêcher Renault de construire une usine en Turquie pour le marché local. "Ce qu'il y a de nouveau, c'est qu'aujourd'hui l'Etat français considère que (dans) le problème de la Clio 4, c'est la stratégie industrielle automobile de l'Etat et du gouvernement qui compte", a-t-il conclu.
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