© SXC.HULa crise économique ne porte pas à l'optimisme. Preuve s'il en est, ce sondage de l'institut BVA, publié dans Les Echos mercredi, qui assure que six salariés sur dix s'attendent à ce que leur salaire n'augmente pas cette année.
Un patron sur trois n'augmentera pas ses salariés cette année
L'argument principal avancé par les patrons: la crise. La part des dirigeants, qui tablent sur une hausse de salaires au moins égale à l'inflation, s'est nettement repliée cette année, à 64%.
Publié le 25/03/2010
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Publié le 18/02/2010
A la question "Vous personnellement, pensez-vous que votre salaire sera augmenté en 2010", seuls 37% répondent "oui" (15% "certainement", 22% "probablement") tandis que 61% répondent "non" (35% "certainement pas", 26% "probablement pas"). 2% sont sans opinion. Précision : cette question n'est posée qu'à 472 des 1008 personnes constituant l'échantillon - les salariés -, ce qui accroît la marge d'erreur. Dans le détail, les salariés du secteur public sont plus pessimistes que ceux du privé : ils sont 67% à répondre "non", contre 56% chez les salariés du privé. Au sein de cet échantillon réduit, ceux dont le salaire est inférieur à 1.500 euros sont les plus nombreux (74%) à redouter une stagnation de leur salaire. Les moins nombreux (53%) sont ceux qui perçoivent un salaire entre 1.500 et 2.500 euros.
"L'appétit des salaires est de retour"
D'autre part, 83% des personnes interrogées sur le cas précis du conflit qui secoue Ikéa, jugent "normal que les salariés du vendeur de mobilier revendiquent des augmentations plus significatives, sachant que leur entreprise a réalisé d'importants bénéfices". 14% ne trouvent "pas normal que les salariés d'Ikéa se plaignent de leurs augmentations car toutes les entreprises n'en accorderont pas à leurs salariés cette année". En d'autres termes, l'enseignement du sondage est double : les Français, tout en restant pessimistes sur les hausses salariales, jugent désormais que l'argument de la crise n'est plus applicable à toutes les entreprises et a fortiori, à celles qui tirent leur épingle du jeu. "La question générale du pouvoir d'achat revient sur le devant de la scène : après les gels acceptés l'an dernier pour cause de crise, l'appétit des salariés semble de retour", commente Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA.
Quoiqu'il en soit, ce sondage est à rapprocher d'un rapport publié début février dans Les Echos. Rapport qui semble confirmer en partie les inquiétudes des Français. En effet, selon l'enquête du cabinet Mercer réalisée auprès de 300 grandes entreprises, les revalorisations salariales ne devraient être que très légèrement plus marquées qu'en 2009. En moyenne, ces augmentations, tant au niveau général qu'individuel, passeraient ainsi de 2 % l'an passé à 2,3 % cette année pour les employés, et de 2,3 % à 2,5 % pour les cadres. A noter que, selon l'étude, la hausse des salaires constatée durant les années dites "classiques" était de 3,5 %. Autre point qui risque de soulever une vague de désolation parmi les salariés : près de 25% des entreprises prévoient des gels de salaire (contre 30 % l'an passé au plus fort de la crise). Ce taux est trois fois plus élevé qu'habituellement, selon le rapport du cabinet Mercer. Une analyse qui augure mal du climat social au sein des entreprises dans les mois à venir.
Le sondage BVA a été réalisé par téléphone les 19 et 20 février auprès d'un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.
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