EADS vs Boeing : fin du match ou nouveau round ?

Par TF1 News (D'après agence), le 13 mars 2010 à 07h28 , mis à jour le 13 mars 2010 à 08h13

Après le retrait d'EADS, s'estimant désavantagé face à Boeing, et les protestations européennes, l'appel d'offre américain pour remplacer les ravitailleurs américains KC-135 pourrait être prolongé. Des élus américains protestent.

[Expiré] Un F-15 de l'armée américaine ravitaillé en vol par un KC-135 © www.sxc.hu

Le Pentagone ne prévoyait certainement pas que l'affaire allait provoquer un tel bruit, ni qu'elle risquait d'envenimer à tel point les relations entre Washington et Paris. Depuis le retrait, contraint et forcé, du constructeur aéronautique européen EADS de la compétition pour décrocher le marché des futurs ravitailleurs de l'armée de l'air américaine, les propos aigres-doux se succèdent, la France assurant à mots plus ou moins couverts que l'affaire aura des suites. Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à déclarer, depuis Londres, que les Etats-Unis avaient donné l'exemple du protectionnisme. A ses côtés, le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est déclaré pour sa part "très déçu" par la décision américaine.

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Du coup, les Etats-Unis pourraient, glisse-t-on au Pentagone, reporter la date limite de l'appel d'offres concernant les avions-ravitailleurs pour permettre à EADS de présenter éventuellement une offre face à l'américain Boeing. Une hypothèse qui, à peine formulée, a poussé des parlementaires du Kansas à monter au créneau, dénonçant par avance une décision "inacceptable". Le bras de fer se déplace donc sur la scène politique américaine, au grand dam du ministère américain de la Défense. Ce ne serait pourtant qu'un sursis supplémentaire : on voit mal comment EADS pourrait adapter son offre à des critères qui lui sont devenus manifestement trop défavorables (l'armée américaine affirmant désormais rechercher un ravitailleur plus petit et moins cher, ce qui ressemble au portrait-type du candidat de Boeing, bien loin du projet d'Airbus, un avion plus grand dérivé de l'A330).

"Il n'y a pas de protectionnisme"

Reste que depuis que l'affaire a éclaté, le Pentagone a singulièrement changé de ton : aux premières heures après l'annonce de la défection d'EADS, qui laissait seul Boeing en lice, il assurait, face aux premières rumeurs, qu'il n'était pas question de s'excuser. Avant de se radoucir devant la montée des protestations outre-Atlantique. Désormais vient l'heure des justifications. "Nous apprécions la contribution de l'industrie européenne pour les choix que nous pouvons faire en tant que département", a déclaré à la presse Ashton Carter, sous-secrétaire à la Défense pour les acquisitions. "Il n'y a pas de protectionnisme (...). C'est important pour nous. Une base technologique plus large et une base industrielle plus large, c'est bon pour le département de la Défense". Mais il s'est gardé de répondre à la question de journalistes sur une éventuelle prolongation de la durée de l'appel l'offre.

Le dossier est déjà lourd. Les ravitailleurs américains KC-135 à remplacer sont en exercice depuis près d'un demi-siècle et doivent impérativement trouver leurs successeurs. D'où le match sans merci qui oppose depuis des années Boeing à l'avionneur européen dans un interminable bras de fer pour l'obtention d'un marché d'une valeur potentielle de près de 50 milliards de dollars, soit 36 milliards d'euros, avec l'intervention de personnages aussi médiatiques et redoutables que le sénateur John McCain, candidat malheureux à la présidentielle américaine mais à la compétence reconnue sur les dossiers militaires. Il s'était alors révélé un allié de poids pour les Européens, en soulevant des soupçons de manoeuvres frauduleuses lors d'une précédente victoire de Boeing. Le dossier relancé, c'est EADS, associé à l'américain Northrop Grumman, qui avait remporté en février 2008 l'appel d'offres concernant les avions ravitailleurs.

Mais l'opération avait ensuite été annulée à la suite de protestations de Boeing à propos des règles de procédure. En se retirant lundi du nouvel appel d'offres et en laissant ainsi Boeing seul en lice pour construire près de 180 ravitailleurs à partir de son 767 sur les 18 prochaines années, EADS et Northrop ont estimé que le cahier des charges et l'appel d'offres avaient été reformulés de façon à avantager l'avionneur américain. Une accusation relayée par plusieurs responsables européens. Et le dossier pourrait bien être au menu de la rencontre que doivent avoir Nicolas Sarkozy et Barack Obama fin mars à Washington.

Par TF1 News (D'après agence) le 13 mars 2010 à 07:28
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31 Commentaires

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  • spacelab73, le 14/03/2010 à 15h55

    Réponse du berger à la bergère Alors la meilleure c'est que le cahier des charges est connu des deux parties. Question : comment se fait il que l'avionneur Européen ne puisse pas offrir un avion similaire au B767 ? Bizarre non ? La vérité c'est que EADS empêtré dans la mise au point de l' A400M et de la montée en puissance du A380 n'aurait pas pu livrer dans les temps ce marché et que de ce fait il y a renoncé de lui même. Donc pas de propositions similaire au B767 = pas de soumissions. Par contre je n'ai pas souvenance que les européens aient lancé un appel d'offre pour l'A400M Pourtant il y avait le C17 de Boeing avec de plus grandes capacités, etc. C'est l'inverse du marché des ravitailleurs. C'est donc la réponse du berger à la bergère. Voilà Et je ne parle même pas du rafale qui a couté une fortune au contribuable français : toujours pas d'appel d'offre. Le Président Français et le premier Ministre Britannique sont donc malvenus de parler de protectionnisme Les Américains seraient protectionnistes ???????? Alors expliquez-moi pourquoi de nombreuses compagnies US ont elles un parc d'airbus, La mondialisation a permis à airbus de prendre quasiment 50% du marché mondial à Boeing. Vrai ou faux Est cela être protectionniste.

  • losangeles86, le 14/03/2010 à 09h12

    EADS n'est pas francais. Donc je ne vois pas le rapport avec la francophillie ! Arretons de nous approprier Airbus et EADS.

  • jujuboston, le 13/03/2010 à 23h51

    Ahhh le protectionniste.......on l'aime pas hein???ou plutot on va dire que on l'aime pas quand ca nous embete et on dit pas non quand ca nous arrange.

  • calimero33300, le 13/03/2010 à 22h24

    Ce sont les rois du monde ......

  • didierbretagne, le 13/03/2010 à 21h52

    Analyse des plus pertinentes et dont même les américains devraient prendre connaissance. Le problème est de la faire passer à l'opinion. N'avons nous pas les mêmes problèmes en France ou l'opinion dépasse et influe négativement les décisions qui doivent être prises. ?

  • geneveys, le 13/03/2010 à 15h38

    Les 4X4 americains sont bien trop gros pour etre utilises en Europe et il n'y en a pas. P

  • ten75, le 13/03/2010 à 15h25

    Si par miracle on arrivait à reformuler notre offre , ce serait au prix de tres gros cadeaux sur le prix , meme si c'est le cas , la fabrication se ferait sous licence pour une partie aux USA , car stratégiquement le pays ne peut pas dépendre d'un autre état , alors concentrons nous sur l 'A400 M qui va nous couter cher et sur les A380 ou nousa vons du mal a respecter les délais de livraison

  • regis_92, le 13/03/2010 à 15h16

    Imaginons juste 2 minutes l'exemple inverse: l'Etat qui accepte que l'armée Française soit fournie par une firme étrangère, avec des milliards d'euros et des milliers d emplois qui échappent à notre économie... on râlerait pas? cessons d être hypocrite

  • matchproduguido, le 13/03/2010 à 14h47

    4/4 ? tu veux parler du volvo XC90, du wolkswagen Toureg, du Porche Cayenne, de BMW X5. Je ne vois pas beaucoup de 4x4 américain chez nous.... Voitures USA ? meme remarque.... Bloquer les frontières signifie recommencer à acheter un teeshirt 45?, un pantalon 150? et une TV 3000?. Reveil! Notre niveau de vie est assuré par les pays plus pauvres que nous et qui aspirent eux-aussi au bonheur Français...

  • alain-paris, le 13/03/2010 à 13h50

    On réussit bien à vendre des avions cils aux US

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