Ségolène Royal (PS) et Christian Estrosi (UMP) © DR / Abaca / TF1 newsPour Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, la proposition de l'homme d'affaires turc est "insuffisante". L'homme d'affaires turc Alphan Manas a proposé d'acheter 15% du capital de l'équipementier automobile français Heuliez, en difficulté depuis des mois, avec deux partenaires turcs. "Nous avons besoin d'étudier d'autres dossiers qui pourraient venir compléter son offre", a-t-il ajouté.
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L'offre, dont le montant n'est pas précisé, a été déposée conjointement par Manas Energy Investments, une société codétenue par Alphan Manas, le fabricant turc de batteries Inci Akü et un équipementier turc, B Plas. Elle porte à la fois sur 15% des parts de l'équipementier et sur la marque de véhicule électrique d'Heuliez, "Mia". Le projet prévoit que la production de la Mia soit réalisée dans l'usine d'Heuliez à Cerizay, dans les Deux-Sèvres, et que les nouveaux modèles électriques soient dessinés en Turquie.
Royal en appelle aux industriels de la croissance verte
Le président d'Heuliez, Emilio Gallucio, juge aussi que l'offre de M. Manas "ne garantit pas suffisamment la pérennité de l'entreprise" et son maintien en France. Il affirme négocier parallèlement avec d'autres investisseurs et il espère "aboutir rapidement à une solution". Les syndicats d'Heuliez ont jugé "inacceptable et pas crédible" la proposition. "Ces 15% ne veulent rien dire, on ne sait pas ce que cela représente. Ce n'est pas crédible", a déclaré à la presse Gilles Bineau, CFDT, au nom de l'intersyndicale qui a regretté avoir appris l'information par la presse.
A son tour, Ségolène Royal a réagi. La présidente PS de la région Poitou-Charentes a lancé mercredi un "appel aux industriels qui travaillent dans le domaine de la croissance verte" pour sauver Heuliez, et critiqué le gouvernement "qui ne trouve pas" de solution. "C'est un cas très concret où le gouvernement aurait pu prouver son 'efficacité'", a déclaré Mme Royal à Canal+. Mais "vérité avant les élections n'est pas vérité après les élections" et "M. Estrosi qui, soi-disant avait trouvé une solution miracle avec un investisseur turc, attend l'après-élection pour dire que cette solution n'est pas acceptable", a-t-elle ajouté.
"On ne va pas baisser les bras pour autant, je serai vendredi avec les salariés d'Heuliez et nous allons lancer un appel aux industriels qui travaillent dans le domaine de la croissance verte et nous allons regarder de quelle façon nous pouvons créer une coopérative ouvrière de production car voilà une entreprise qui a un produit magnifique, une petite voiture qui est un bijou", a-t-elle fait valoir. C'est une "très belle entreprise", "si des industriels m'entendent, on va rouvrir le tour de table pour qu'ils puissent venir", a-t-elle encore dit. Face à un "pouvoir dans un pays puissant comme la France qui ne trouve pas un pool bancaire ou des industriels pour venir dans l'entreprise", "nous allons trouver une solution", a-t-elle martelé, rappelant que la région était "déjà au capital de l'entreprise" basée à Cerizay, dans les Deux-Sèvres.
Laisser la place à d'autres investisseurs
Alphan Manas, à la tête du fonds d'investissement Brightwell et d'un groupe industriel présent aussi bien dans le solaire, les bateaux de plaisance que dans l'électronique, avait signé mi-mars un protocole d'accord pour prendre une participation dans Heuliez, en grande difficulté depuis plus d'un an. Il y a quelques mois, l'équipementier avait cru être sauvé par le cabinet de conseil BKC (Bernard Krief Consulting), dirigé par Louis Petiet, mais ce dernier s'est finalement avéré incapable de verser les fonds promis.
Les pouvoirs publics, très impliqués dans le dossier sur fond d'élections régionales en Poitou-Charentes, s'étaient alors lancés à la recherche de nouveaux investisseurs pour éviter un nouveau dépôt de bilan et sauver les 600 emplois d'Heuliez. Le Conseil régional, présidé par Ségolène Royal (PS), a d'ailleurs déjà injecté 5 millions d'euros dans Heuliez et le Fonds stratégique d'investissement (FSI), créé l'an dernier pour prendre des participations dans des entreprises, pourrait apporter 10 millions d'euros. Selon une source proche du dossier, le FSI n'a pas encore été contacté sur le montage financier proposé par Alphan Manas.
"Avoir 15% du capital d'Heuliez va laisser la place à d'autres investisseurs, notamment des fonds d'investissement", précise le communiqué d'Alphan Manas. "Cela va aussi permettre à l'encadrement et aux salariés d'Heuliez de prendre une participation dans l'entreprise", poursuit-il.
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