Molex: les représentants du personnel "lâchés" par le gouvernement

Par TF1 News (Avec agence), le 26 mars 2010 à 22h27 , mis à jour le 26 mars 2010 à 22h36

Le ministère du Travail a accepté le licenciement "pour motif économique" des représentants du personnel de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), malgré le refus de l'inspection du travail.

Grève à l'usine de connectique automobile MolexGrève à l'usine de connectique automobile Molex © TF1/LCI

La décision est plutôt surprenante. Le ministère du Travail a accepté le licenciement "pour motif économique" des représentants du personnel de l'usine  Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), malgré le refus de l'inspection du travail, suscitant notamment une protestation du président de région, Martin Malvy (PS). Les 23 représentants du personnel devraient maintenant recevoir notification de leur licenciement.

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Plus d'infos

 
L'affaire remonte à octobre 2009, au moment de la fermeture de l'usine de connecteurs automobiles. Xavier Darcos, alors ministre du Travail, avait été saisi d'un recours des dirigeants de Molex contre le refus par l'inspection du travail du licenciement des salariés protégés. Il devait rendre sa décision avant le 7 mai sur la base d'un rapport de la direction régionale du travail et de l'emploi. "J'ai reçu ce matin un courrier du ministère du Travail qui accepte le licenciement pour raison économique", a indiqué Denis Parise, secrétaire du comité d'entreprise (CGT) de l'usine. "L'inspection du travail avait refusé les licenciements pour absence de motif économique, mais aujourd'hui par cette décision le ministère du Travail considère que Molex, avec 1,2 million d'euros de bénéfices, était en difficulté financière et pouvait licencier", a regretté M. Parise, nouveau conseiller régional sur la liste PS du président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy.

"Du côté des patrons voyous"
 
Le président Malvy a dénoncé cette décision vendredi soir, estimant "qu'en désavouant l'inspection du travail, le gouvernement se range selon sa propre expression du côté des patrons voyous". "Le Gouvernement lâche les salariés de Molex alors que ce même Gouvernement a déclaré à plusieurs reprises que les dirigeants de Molex étaient des patrons voyous", explique-t-il dans un communiqué. Ils avaient plaidé que "Molex n'avait jamais apporté de justification économique de la fermeture de l'usine, n'avait jamais respecté les règles d'information et de consultation du personnel, ni proposé de reclassement aux élus". L'union départementale CGT a dénoncé dans un communiqué "une nouvelle atteinte aux droits des salariés".
 
De son côté, la direction de Molex relève dans un communiqué que le ministère a constaté "la réalité du motif économique en raison de la cessation d'activité" et "que la procédure d'information et consultation du comité d'entreprise est régulière". Le tribunal correctionnel de Toulouse doit examiner le 6 avril une plainte contre la direction de Molex pour entrave au fonctionnement du comité d'entreprise.
 
Parmi les 280 anciens salariés de l'usine de Villemur, seuls une cinquantaine ont retrouvé un emploi et quelque 200 autres sont actuellement en congé de conversion jusqu'à l'été 2010, selon M. Parise. Molex souligne qu'il "continue ses efforts pour permettre la revitalisation du bassin d'emploi et la création de postes compatibles avec les compétences des salariés". "Près d'un tiers des salariés en congé de reclassement ont effectivement trouvé une solution", assure-t-il.

Par TF1 News (Avec agence) le 26 mars 2010 à 22:27
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10 Commentaires

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  • srmcb, le 27/03/2010 à 11h51

    Encore un sujet qui démontre toute l'aberration de notre système. Une entreprise est en difficulté économique (je ne parle pas nécessairement de Molex), Malheureusement elle ferme ses portes. Résultats: les employés sont licenciés. Cependant, les délégués du personnel eux ne peuvent l'être même s'il n'y a plus d'activité. Le suivi des reclassements (quand il y en a), le suivi des paiements des indemnités etc...ne peuvent-ils (ou de doivent-ils pas être faits par les organismes gouvernementaux? Quelle sont les fonctions des délégués syndicaux une fois l'entreprise sans activité? Que défendent les délégués du personnel une fois que l'ensemble des salariés sont licenciés (à par eux même)? Il ne faut pas oublier que, si quand une entreprise fonctionne bien et qu'il y a des salariés en fonction il y a beaucoup de sens à donner une protection accrue certains salariés spécifiques (délégués syndicaux, délégués du personnel) mais c'est une erreur monumentale que de refuser leurs licenciement quand il n'y a plus d'autres salariés. Je travaille pour une entreprise Américaine qui a fermé notre succursale de Grenoble en 2004. En 2006, alors qu'il n'y avait plus aucun salarié depuis 6 mois le ministère du travail refuse le licenciement des délégués. Résultat de la direction Américaine: Interdiction de créer tout nouveau poste en France et surtout interdiction de remplacer tout salarié qui démissionne en France. Conséquence pour nous: une mort à petit feu. Toutes les activités sont remplacées au fur et à mesure des départ par un nouveau poste équivalent, mais à Londres. En 2008, soit plus de 4 ans après la fermeture du site, il y avait encore 12 délégués payés à ne rien faire alors que ceux qui travaillaient encore dans d'autres filiales du groupe en France se battent pour conserver leur emploi en acceptant de ne pas être augmenté ou en acceptant de continuer à rendre le même résultat avec de moins en moins de personnes (car non remplacées). Nous sommes en 2010 et cela fait depuis 4 ans que je me vois refuser toute nouvelle embauche en France par mon patron Américain. Alors, des lois qui protègent vraiment les salariés oui. Des aberrations légales telles que l'interdiction de licencier un délégué sans l'accord du ministère du travail alors qu'il n'y a plus de salariés ni d'activité non!!! C'est en acceptant de telles aberrations et en croyant dans un modèle de protection imbécile des délégués que notre pays perds en attractivité en termes d'investissements. A vouloir trop se protéger et à trop vanter notre soit-disant exemplaire modèle de protection de l'emploi, nous tuons petit à petit l'investissement. Regardez la différence d'attitude des délégués syndicaux et de personnel en Allemagne et comparez leur situation économique avec celle de la France et vous comprendrez pourquoi l'Allemagne a un tissu de grosses PME solide et pas nous. Vous comprendrez aussi qu'ils (les syndicats Allemands) ont eu l'intelligence de travailler AVEC les dirigeants des entreprises pour faire avancer les choses....

  • pascalparis20, le 27/03/2010 à 09h37

    Merci la droite décomplexée...même dans les mises au chômage !

  • flacleco, le 27/03/2010 à 07h54

    Je cite: ""Près d'un tiers des salariés en congé de reclassement ont effectivement trouvé une solution", assure-t-il." Mais pas forcement un emploi CQFD

  • chrisa380, le 27/03/2010 à 07h26

    " De toute façon, si t'as pas une Molex a 50 ans, t'as raté ta vie" Jacques Séguéla

  • jeco02, le 27/03/2010 à 07h24

    Un licenciement est toujours un drame humain; pour Mollex, comme beaucoup d'autres, c'était prévisible, et au lieu de perdre de l'argent et du temps, à prolonger de quelques mois la vie d'une boîte, "car la lutte avec des drapeaux rouges, c'est bon pour l'image", les pseudo- syndicats devraient réfléchir avant ce qui peut mettre en péril une entreprise, et aprés, comment faire venir des emplois de remplacement. Dans la fonction publique, ils s'en moquent, grève sur grève, c'est le contribuable qui paye, "bêtement car il ne s'en rend même pas compte- l'état n'a qu'à payer"; dans le privé, c'est autre chose, on paye cache les conflits à répétition. J'ai vu des sociétés modèles ou tout le monde voulait entrer, diparaître en quelques années. A trop tirer sur la corde, elle casse, comme en Grèce. Ce n'est pas nouveau, car au moment ou les syndicats exigeaient de vivre et travailler au pays, j'ai vu une aciérie de 1000 ouvriers fermer chez moi, et refusant la fatalité, je suis allé à la rencontre du travail; j'ai déménagé 13 fois, du nord au sud, de l'est à l'ouest, j'ai acheté et revendu 4 maisons, si bien que j'ai toujours remboursé un crédit immobilier, j'ai réussi "seul" un brevet de technicien informatique à 42 ans..... Jeune retraité, j'entends des réflexions sur ma retraite, moyenne, mais honnête. Le problème est que les français "surassistés" ne sont plus capables de se prendre en main.

  • snakeyes-92, le 27/03/2010 à 07h09

    Il n'y a pas de fumée sans feu. Je pense pas que le ministre du travail fraichement élu fasse une telle erreur d'appréciation. Trop intelligent pour se tirer une balle sur le pied.

  • stef66000, le 27/03/2010 à 04h06

    C est bien si maintenant ce sont les ministeres qui aident aux licenciements vive la france

  • nanardesbordes, le 27/03/2010 à 02h42

    Je me suis toujours demandé a quoi servait les syndicats , à part décider des grèves , car apparemment ils n'empèchent pas les licenciements ou la fermeture des usines , idem pour les négociations salariales celles qui ont lieu chaque année depuis des décennies, qui durent des jours et ensuite ou ils vous annoncent les pourcentages d'augmentations arrachés au patron. Résultat depuis des décennies les salariés au smic après les augmentations dans leur entreprise leur nouveau salaire est . . . . toujours le smic. Cherchez l'intéret moi j'en ai jamais vu !!

  • nanardesbordes, le 27/03/2010 à 02h20

    Les ouvriers , ont peut les licenciés , mais les délégués syndicaux que non , on ne touche pas , c'est vrai que pour eux un bureau pour faire des réunions est suffisant , ils n'ont jamais demandé de travail , ils sont socials , ils ne prennent jamais la place d'un ouvrier lambda

  • syberya, le 27/03/2010 à 00h37

    OUPS!!! je pense qu'au mois d'avril le chômage sera encore en " petite " hausse..

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