"Scandale" pour Lellouche, "manquement grave" pour Fillon

Par TF1 News (Avec agence), le 11 mars 2010 à 09h35 , mis à jour le 11 mars 2010 à 09h38

Après le retrait d'EADS, contraint et forcé, du marché des futurs ravitailleurs américains, François Fillon monte à son tour au créneau en dénonçant un manquement de l'administration américaine aux règles d'une concurrence loyale.

avions ravitailleursUn avion ravitailleur © DR

La mise à l'écart d'EADS dans le marché des avions ravitailleurs de l'US Air Force tend chaque jour un peu plus les relations franco-américaines, à trois semaines d'une visite du président Nicolas Sarkozy à Washington. François Fillon, en visite à Berlin, a dénoncé un "manquement grave" de l'administration américaine aux règles d'une concurrence loyale. "Le gouvernement américain - je le dis - a obligé EADS à quitter la compétition pour les ravitailleurs de l'armée américaine", a-t-il déclaré dans un discours. Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes a pour sa part annoncé que cette affaire n'en resterait pas là et que le mot "scandale" était faible. "Il n'y a pas de raison qu'une technologie, d'ailleurs supérieure à la technologie américaine, soit écartée d'un marché", a dit Pierre Lellouche après le conseil des ministres.

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Le groupe aéronautique européen EADS et son allié américain Northrop Grumman ont dû se retirer d'un appel d'offre qu'ils avaient d'abord remporté mais qui a été annulé sous la pression de Boeing, désormais seul en lice. Dans une interview publiée par Le Figaro, le président d'EADS, Louis Gallois, juge le nouvel appel d'offre "clairement en faveur du Boeing B767", plus petit que l'Airbus A330. L'Allemagne, partenaire de la France dans EADS, avait déjà accusé mardi les Etats-Unis de s'être rendus coupables de protectionnisme en retaillant un appel d'offre sur mesure pour Boeing. Berlin a invité Washington à en revoir les modalités.

Préserver les contribuables américains

Aux Etats-Unis, un porte-parole du département américain de la Défense a déclaré en réponse aux déclarations de François Fillon que les termes de l'appel d'offres avaient pour seul but d'avantager l'armée et les contribuables américains. "Et si nous sommes déçus que Northrop ne soit pas candidat sur une décision de nature commerciale, cela ne modifie pas l'engagement du département de la Défense envers les relations de défense transatlantiques", a déclaré Darryn James.

Le porte-parole du gouvernement français a néanmoins déclaré mercredi que Nicolas Sarkozy aurait l'occasion d'évoquer ce dossier avec le président américain Barack Obama lors de son prochain voyage aux Etats-Unis, fin mars. Pierre Lellouche, pourtant connu pour ses convictions atlantistes et pro-américaines, s'est montré particulièrement sévère. "C'est absolument incompatible avec les règles de droit", a-t-il dit. "Quand un contrat est signé, qu'il est ensuite dénoncé (...), que les spécifications soient réécrites pour favoriser l'avion américain, qu'ensuite on se livre à des pressions, que l'offre européenne soit obligée de se retirer, je trouve qu'on a dépassé les bornes". Le secrétaire d'Etat a qualifié cette affaire "d'affront" pour la France et pour toute l'Europe. "Mais nous allons réagir".

Par TF1 News (Avec agence) le 11 mars 2010 à 09:35
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6 Commentaires

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  • fan-of-the-usa, le 11/03/2010 à 18h08

    Les français sont trop chauvins, je trouve que les américains ont raison de favorisé leur pays, pour la fabrications de leurs ravitailleurs, nous on ferait la même chose qu'eux, on aurait favorisé la france et l'europe.

  • baal_, le 11/03/2010 à 12h50

    Merci le libre arbitre. D'habitude les américains sont critiqués, donc critiquons les américains. Qui équipe la France en armement ou en équipement officiel ? La France, tiens, comme c'est étrange ... Vous vous attendez à quoi, qu'en période de crise, alors qu'ils sont bien plus gravement touchés que nous, qu'ils laissent tomber leurs industriels et leurs emplois dans un des secteurs qui leur tient le plus à coeur ?? Et comme dit plus bas, leurs avions il les leur faut tout de suite, pas dans 5 ans. Si on veut vendre, encore faut il avoir un minimum de crédibilité !

  • rae6846, le 11/03/2010 à 11h49

    Je pense qu'il serait plus intelligent de soutenir les européens , qui ont une technologie plus moderne , et qui donnent du travail à nos entreprises , que de critiquer. En général les américains sont presque toujours critiqués , et bizarement il y a des commentaires qui les soutiennent, Il ne faut pas oublier que dans cette affaire Northrop est également mis de coté, alors qu'ils sont un très grand groupe américain. Comme toujours on critique toujours son pays, c'est une maladie bien francaise!

  • neovieux, le 11/03/2010 à 10h53

    Quand les européens comprendront-ils que contre les américains la guerre commerciale est perdue d'avance? L'echec du concorde. L'echec de la caralvelle ? Les européens ne pesent rien de rien.

  • cosaque24, le 11/03/2010 à 10h14

    Mais, les Etats-Unis font comme tout le monde : ils défendent leurs intérêts économiques! Tout comme M. Estrosi quand il parle de "protectionnisme national" (ou quelque chose qui sonne comme cela)!

  • zoul3333, le 11/03/2010 à 10h05

    Je ne comprends pas trop ce cri d'alarme de notre part. Mettez vous à la place des américains, certes protectionnistes: quelle image ont t'ils d'AIRBUS: un retard de 4 ans sur l'A380, un retard de 5 ans sur l'A400M et des rallonges de budget de plusieurs milliards d'euros pour faire voler ces avions.Avouez que çà fait un peu désordre..... et pour renouveller nos avions militaires, avons nous fait un appel d'offre international ou avons nous choisi délibéremment Dassault avec son Rafale? si c'est le cas, les USA nous ont t'ils fustigé?

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