© www.sxc.huDepuis le retrait, contraint et forcé, du constructeur aéronautique européen EADS de la compétition pour décrocher le marché des futurs ravitailleurs de l'armée de l'air américaine, les propos aigres-doux se succèdent, la France assurant à mots plus ou moins couverts que l'affaire aura des suites. Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à déclarer, depuis Londres, que les Etats-Unis avaient donné l'exemple du protectionnisme. Aussi le Pentagone, confirmant des rumeurs insistantes, s'est-il dit disposé jeudi à prolonger l'appel d'offres pour permettre à la maison-mère d'Airbus de revenir dans la course face à Boeing. "Le département de la Défense a reçu une notification de la part d'EADS North America indiquant son possible souhait de concourir (...) et nous y serions favorables", a fait savoir le porte-parole du département de la Défense.
Ravitailleurs US : Airbus voit s'envoler un méga contrat
Son partenaire Northrop Grumman a décidé de ne pas répondre à l'appel d'offres du Pentagone, parce qu'il l'estime biaisé au profit du concurrent Boeing. La saga avait commencé en 2001.
Publié le 09/03/2010
John McCain au secours d'Airbus
Quel appareil sera choisi pour équiper l'US Air Force : un Boeing, ou un Airbus ? Le bras de fer s'éternise, mais l'ex-candidat à la Maison blanche pourrait être un atout de poids pour les Européens.
Publié le 11/11/2009
Ravitailleurs : le Pentagone attend le futur président
Alors que Boeing a laissé entendre mi-août que les dés étaient pipés, le Pentagone a annulé mercredi son appel d'offres pour renouveler sa flotte de 179 avions ravitailleurs.
Publié le 10/09/2008
Ravitailleurs : Boeing laisse entendre que les dés sont pipés
Boeing et le tandem Northrop-EADS ont pris connaissance des nouveaux critères de l'appel d'offres du Pentagone pour le renouvellement de ses avions ravitailleurs. L'avionneur de Seattle fait mine d'avoir renoncé.
Publié le 13/08/2008
Ravitailleurs : Boeing prêt à laisser la piste libre à EADS ?
La presse spécialisée assure que l'avionneur de Seattle pourrait renoncer à l'appel d'offres pour le contrat de renouvellement de la flotte de ravitailleurs de l'US Air Force. Boeing ne fait pas de commentaires.
Publié le 12/08/2008
Avions-ravitailleurs : Paris et les Européens fulminent
Après le retrait d'Airbus de la course au méga contrat avec le Pentagone, les Européens accusent Washington d'avoir biaisé les termes de l'appel d'offres pour favoriser Boeing. Fillon évoque un "manquement grave".
Publié le 10/03/2010
Peu avant ce message, envoyé aux journalistes par un simple mail, Louis Gallois, le président exécutif d'EADS, avait jugé que la date-butoir pour l'instant fixée au 10 mai pour ce contrat rendait "presque impossible" une candidature de son groupe, qu'il concoure seul ou avec un partenaire. Si l'appel d'offres est effectivement prolongé, ce pourrait n'être pourtant qu'un sursis supplémentaire : on voit mal comment EADS pourrait adapter son offre à des critères qui lui sont devenus manifestement trop défavorables (l'armée américaine affirmant désormais rechercher un ravitailleur plus petit et moins cher, ce qui ressemble au portrait-type du candidat de Boeing, bien loin du projet d'Airbus, un avion plus grand dérivé de l'A330). Aussi EADS, réagissant au dernier message du Pentagone, a-t-il fait prudemment savoir qu'il évaluait les nouvelles conditions proposées par Washington, et ne ferait une offre que s'il estime avoir des chances "équitables".
Dernière déclaration en date : le groupe européen EADS aurait demandé un prolongement de 90 jours de l'appel d'offres pour les avions ravitailleurs américains, a annoncé vendredi un porte-parole du Pentagone, précisant qu'EADS
pouvait présenter son offre seul.
Un match sans merci
Reste que depuis que l'affaire a éclaté, le Pentagone a singulièrement changé de ton : aux premières heures après l'annonce de la défection d'EADS, qui laissait seul Boeing en lice, il assurait, face aux premières rumeurs, qu'il n'était pas question de s'excuser. Avant de se radoucir devant la montée des protestations outre-Atlantique. Désormais vient l'heure des justifications. "Nous apprécions la contribution de l'industrie européenne pour les choix que nous pouvons faire en tant que département", déclarait il y a quelques jours à la presse Ashton Carter, sous-secrétaire à la Défense pour les acquisitions. Tout en martelant : "Il n'y a pas de protectionnisme".
Le dossier est déjà lourd. Les ravitailleurs américains KC-135 à remplacer sont en exercice depuis près d'un demi-siècle et doivent impérativement trouver leurs successeurs. D'où le match sans merci qui oppose depuis des années Boeing à l'avionneur européen dans un interminable bras de fer pour l'obtention d'un marché d'une valeur potentielle de près de 50 milliards de dollars, soit 36 milliards d'euros, avec l'intervention de personnages aussi médiatiques et redoutables que le sénateur John McCain, candidat malheureux à la présidentielle américaine mais à la compétence reconnue sur les dossiers militaires. Il s'était alors révélé un allié de poids pour les Européens, en soulevant des soupçons de manoeuvres frauduleuses lors d'une précédente victoire de Boeing. Le dossier relancé, c'est EADS, associé à l'américain Northrop Grumman, qui avait remporté en février 2008 l'appel d'offres concernant les avions ravitailleurs.
Mais l'opération avait ensuite été annulée à la suite de protestations de Boeing à propos des règles de procédure. En se retirant il y a un peu plus de dix jours du nouvel appel d'offres et en laissant ainsi Boeing seul en lice pour construire près de 180 ravitailleurs à partir de son 767 sur les 18 prochaines années, EADS et Northrop avaient estimé que le cahier des charges et l'appel d'offres avaient été reformulés de façon à avantager l'avionneur américain. Une accusation relayée par plusieurs responsables européens. Et le dossier pourrait bien être au menu de la rencontre que doivent avoir Nicolas Sarkozy et Barack Obama fin mars à Washington.
| Le Russe UAC va faire une proposition |
La société russe UAC se prépare à répondre à l'appel d'offres de l'armée de l'Air américaine pour la fourniture de ravitailleurs, via une alliance avec une société américaine, a indiqué vendredi l'avocat qui la représente. "Ils vont annoncer lundi une coentreprise avec une société américaine pour soumettre à l'appel d'offres pour le programme d'avions ravitailleurs", a-t-il déclaré. Avec cette offre, UAC, une société appartenant majoritairement à l'Etat russe, concurrencerait l'avionneur américain Boeing, pour l'instant seul en lice. |
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