Ravitailleurs : EADS demande un délai de 90 jours au Pentagone

Par TF1 News (Avec agence), le 19 mars 2010 à 06h13 , mis à jour le 19 mars 2010 à 23h02

Le Pentagone a fait savoir qu'il serait disposé à prolonger son appel d'offres pour remplacer ses ravitailleurs KC-135, permettant ainsi à EADS de rester dans la course. Mais EADS pose ses conditions.

[Expiré] Un F-15 de l'armée américaine ravitaillé en vol par un KC-135 © www.sxc.hu

Depuis le retrait, contraint et forcé, du constructeur aéronautique européen EADS de la compétition pour décrocher le marché des futurs ravitailleurs de l'armée de l'air américaine, les propos aigres-doux se succèdent, la France assurant à mots plus ou moins couverts que l'affaire aura des suites. Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à déclarer, depuis Londres, que les Etats-Unis avaient donné l'exemple du protectionnisme. Aussi le Pentagone, confirmant des rumeurs insistantes, s'est-il dit disposé jeudi à prolonger l'appel d'offres pour permettre à la maison-mère d'Airbus de revenir dans la course face à Boeing. "Le département de la Défense a reçu une notification de la part d'EADS North America indiquant son possible souhait de concourir (...) et nous y serions favorables", a fait savoir le porte-parole du département de la Défense.

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Peu avant ce message, envoyé aux journalistes par un simple mail, Louis Gallois, le président exécutif d'EADS, avait jugé que la date-butoir pour l'instant fixée au 10 mai pour ce contrat rendait "presque impossible" une candidature de son groupe, qu'il concoure seul ou avec un partenaire. Si l'appel d'offres est effectivement prolongé, ce pourrait n'être pourtant qu'un sursis supplémentaire : on voit mal comment EADS pourrait adapter son offre à des critères qui lui sont devenus manifestement trop défavorables (l'armée américaine affirmant désormais rechercher un ravitailleur plus petit et moins cher, ce qui ressemble au portrait-type du candidat de Boeing, bien loin du projet d'Airbus, un avion plus grand dérivé de l'A330). Aussi EADS, réagissant au dernier message du Pentagone, a-t-il fait prudemment savoir qu'il évaluait les nouvelles conditions proposées par Washington, et ne ferait une offre que s'il estime avoir des chances "équitables".

Dernière déclaration en date : le groupe européen EADS aurait demandé un prolongement de 90 jours de l'appel d'offres pour les avions ravitailleurs américains, a annoncé vendredi un porte-parole du Pentagone, précisant qu'EADS
pouvait présenter son offre seul.

Un match sans merci  

Reste que depuis que l'affaire a éclaté, le Pentagone a singulièrement changé de ton : aux premières heures après l'annonce de la défection d'EADS, qui laissait seul Boeing en lice, il assurait, face aux premières rumeurs, qu'il n'était pas question de s'excuser. Avant de se radoucir devant la montée des protestations outre-Atlantique. Désormais vient l'heure des justifications. "Nous apprécions la contribution de l'industrie européenne pour les choix que nous pouvons faire en tant que département", déclarait il y a quelques jours à la presse Ashton Carter, sous-secrétaire à la Défense pour les acquisitions. Tout en martelant : "Il n'y a pas de protectionnisme".

Le dossier est déjà lourd. Les ravitailleurs américains KC-135 à remplacer sont en exercice depuis près d'un demi-siècle et doivent impérativement trouver leurs successeurs. D'où le match sans merci qui oppose depuis des années Boeing à l'avionneur européen dans un interminable bras de fer pour l'obtention d'un marché d'une valeur potentielle de près de 50 milliards de dollars, soit 36 milliards d'euros, avec l'intervention de personnages aussi médiatiques et redoutables que le sénateur John McCain, candidat malheureux à la présidentielle américaine mais à la compétence reconnue sur les dossiers militaires. Il s'était alors révélé un allié de poids pour les Européens, en soulevant des soupçons de manoeuvres frauduleuses lors d'une précédente victoire de Boeing. Le dossier relancé, c'est EADS, associé à l'américain Northrop Grumman, qui avait remporté en février 2008 l'appel d'offres concernant les avions ravitailleurs.

Mais l'opération avait ensuite été annulée à la suite de protestations de Boeing à propos des règles de procédure. En se retirant il y a un peu plus de dix jours du nouvel appel d'offres et en laissant ainsi Boeing seul en lice pour construire près de 180 ravitailleurs à partir de son 767 sur les 18 prochaines années, EADS et Northrop avaient estimé que le cahier des charges et l'appel d'offres avaient été reformulés de façon à avantager l'avionneur américain. Une accusation relayée par plusieurs responsables européens. Et le dossier pourrait bien être au menu de la rencontre que doivent avoir Nicolas Sarkozy et Barack Obama fin mars à Washington.

 

Le Russe UAC va faire une proposition

La société russe UAC se prépare à répondre à l'appel d'offres de l'armée de l'Air américaine pour la fourniture de ravitailleurs, via une alliance avec une société américaine, a indiqué vendredi l'avocat qui la représente. "Ils vont annoncer lundi une coentreprise avec une société américaine pour soumettre à l'appel d'offres pour le programme d'avions ravitailleurs", a-t-il déclaré. Avec cette offre, UAC, une société appartenant majoritairement à l'Etat russe, concurrencerait l'avionneur américain Boeing, pour l'instant seul en lice.


 

Par TF1 News (Avec agence) le 19 mars 2010 à 06:13
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11 Commentaires

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  • lucien31, le 20/03/2010 à 01h00

    D'accord avec bobiff, le F16 est un avion qui date certes ,, mais il vole beaucoup est reste au point et puis il y a le F22 derrière qui lui faramineux,,,, le mirage 2000 est encore plus au point que le Rafale, car le mirage 2000 lui il vole en permanence ( beaucoup sont basés sur Orange ) ce qui est loin d'être le cas du Rafale....... On a foutu notre beau Porte Avion Clémenceau à la ferraille ( j'y ai navigué dessus pendant 1 an ) son frère le Foch excatement le même que le Clem a été vendu aux brésiliens pour 12 millions d'euros, les brésiliens ont tout refait sur le Foch et l'on rebaptisé "Sao Paulo A12" et il navigue avec des avions américains et reste la fièrté des brésiliens, il est très beau, opérationnel et rapide ( allez voir les photos ), nous notre PA Charles de Gaulle depuis sa construction qui nous a couté les yeux de la tête n'a eu que des problèmes et est toujours en panne , il aurait mieux valu refaire entiètrement notre Clémenceau.... ( cela aurait coûté moins cher. Enfin la France " Folie des Grandeurs" vela nous tuera, et on a plus un rond en France, comme en Europe et on veut rivaliser avec les grands, je me marre.

  • lucien31, le 20/03/2010 à 00h49

    A guenarovix1975, .... AH qu'est ce qu'on ame taper sur les USA, sur la SNCF et autres. Le jour ou l'on prendra un avion sur la tronche en France ou un attentat encore jamais vu avec des milliers de morts français, on dira encore une fois : " ils avaient pas tout a fait tort les Ricains ", En France on est toujours en retard de 3 guerres.... enfin c'est la France... En attendant EADS , ITER, A380 , Rafale A400M etc on est incapable de les vendre et de monter des projets..... et maintenant les Russes qui rentrent dans le jeu, bientôt la Chine ......La France est foutu, on fera du tourisme, cela changera des grèves tout azimuts......

  • guenarovix1975, le 19/03/2010 à 18h39

    A nossim: oui mais le rafale maintient des emploies et une compétence technologique en France lui.

  • guenarovix1975, le 19/03/2010 à 18h37

    A eric-88200 Barak Obama, vous voulez parlez tu prix nobèle de la paix alors qu'il n'a rien fait pour elle, au contraire il envoie des renfort en Afghanistan (il est vrais pris des troupes basé en Irak avant, mais qui de toute façon étaient prévu de repartir au pays sous l'administration Bush).

  • vladkr, le 19/03/2010 à 18h01

    Les européens (Italie, Grande Bretagne, Danemark, Norvège, Pays-Bas...) n'auraient jamais dû se lancer dans le projet JSF, dont le but à moitié avoué est d'anihiler l'industrie aéronautique militaire en Europe. C'est en plus un projet qui coûte très cher et contrôlé exclusivement par les américains.

  • lucien31, le 19/03/2010 à 12h30

    C'est de la poudre au yeux, on va rester tout seul, arrêtons de réver, nous sommes dans un monde ou c'est chacun pour soi, c'est dommage et triste mais malheureusesement la dure réalité.

  • eric-88200, le 19/03/2010 à 11h30

    Le plus ironique dans cette histoire, c'est que lors du premier appel d'offres qui avait vu EADS l'emporter ( avant que cette décision ne soit 'cassée' par le Sénat américain ) John McCain , Républicain et libéral acceptait cette victoire européenne ( le meilleur dossier gagne ) et l' alors sénateur Démocrate Obama était contre .... Vous l'adulez toujours le président Obama, après cette petite piqûre de rappel de ma part ?

  • robert.13, le 19/03/2010 à 10h47

    Vous avez raison, le sursis c'est de la poudre aux yeux, les choix sont faits depuis le jour ou il a été décidé de ne pas respecter le premier choix et de rouvrir l'appel d'offe.

  • bobbif, le 19/03/2010 à 10h11

    Heu, Nossim, le Rafale n'est pas tout récent non plus, le début de sa conception date d'il y a plus de 20 ans... OK, il a évolué depuis, mais le même argument s'applique au F16, il n'y a pas de raison pour qu'il en soit autrement...

  • nossim, le 19/03/2010 à 09h02

    Les européens sont bien bête on devrait n'acheter que des armements européens entre dassault, le projet d'avion européen et saab je ne vois pas pourquoi certains pays européens s'obstinent a acheter des f16 qui conçus dans les années 70 sont loin d'etre une référence.

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