- Est-ce que vous les avez virés ?
Relaxe pour l'ex-PDG de Vinci, le parquet fait appel
Antoine Zacharias, qui était poursuivi par le parquet de Nanterre pour les conditions dans lesquelles il avait obtenu ses avantages financiers entre 2004 et 2006, a été relaxé vendredi par la 15e chambre du tribunal.
Publié le 26/03/2010
Deux ans avec sursis requis contre Zacharias
Outre ce sursis, le parquet de Nanterre a requis vendredi 375.000 euros d'amende, soit le montant maximum, à l'encontre de l'ancien PDG de Vinci, accusé d'abus de biens sociaux.
Publié le 26/03/2010
L'ex PDG de Vinci s'explique au tribunal sur son salaire
Antoine Zacharias est accusé d'abus de biens sociaux pour ses rémunérations entre 2004 et 2006. Son procès, exceptionnel, qui s'est ouvert jeudi à Nanterre, sera suivi de près par la place financière de Paris.
Publié le 25/03/2010
Dans la 15 e chambre du tribunal de Nanterre, la présidente Isabelle Prévost-Desprez interroge Antoine Zacharias. Patron emblématique de Vinci, qu'il avait hissé au rang de numéro un mondial de la construction et des concessions, l'ex-dirigeant, âgé de 71 ans, encourt cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende s'il est reconnu coupable d'abus de biens sociaux par la justice.
Mais le vieux lion, dont le salaire était passé de 2,9 millions d'euros en 2003 à 4,2 millions en 2005 (lire L'ex PDG de Vinci s'explique au tribunal sur son salaire), ne lâche rien. Il conteste avec virulence la thèse du parquet selon laquelle il aurait "évincé" en mai 2004 les trois membres du comité de rémunération du groupe, dont Alain Minc, qui s'opposaient au déplafonnement de sa rémunération pour les remplacer par un comité plus conciliant, présidé par le parlementaire britannique Quentin Davies.
- Est-ce que vous les avez virés ?, demande Isabelle Prévost-Desprez.
- La réponse est clairement non !, rétorque l'ancien patron.
- Alors pourquoi ils disent ça ?
- Parce qu'ils mentent... Pourquoi Minc ment, il faut le lui demander. Un jour il dit une chose, le lendemain il dit tout son contraire avec le même aplomb.
| "La société Vinci ne peut pas laisser dire qu'il n'y a pas eu de transparence" |
Plus tôt, Antoine Zacharias avait soutenu qu'aucun administrateur ne pouvait ignorer la situation. Tous ont approuvé les changements de rémunération. "S'il y a une chose qui n'est ignorée par aucun conseil d'administration, et ils n'en ignoraient pas une once, c'est la rémunération du patron", a estimé l'ex PDG de Vinci. "Je n'ai pas fait de mal, j'ai consacré ma vie à cette société (...) Que j'aie touché beaucoup d'argent, c'est un fait, mais ce n'est pas une infraction à la loi", a-t-il dit à la barre.
Lors de ce procès, ni le parquet, qui porte l'accusation, ni la défense de M. Zacharias n'ont cité le moindre témoin, ce que n'a pas manqué de rappeler la juge Prévost-Desprez. La présidente du tribunal a surtout insisté sur le Britannique Quentin Davies, devenu secrétaire d'Etat à la Défense du gouvernement de Gordon Brown en octobre 2008, qu'elle a qualifié de "témoin majeur" mais de "grand absent" tout au long de la procédure.
"La société Vinci ne peut pas laisser dire qu'il n'y a pas eu de transparence à l'intérieur du CA (conseil d'administration) de Vinci", a déclaré, durant sa plaidoirie, l'avocat du groupe Georges Jourde. Vinci estime que les salaires litigieux ont été votés régulièrement et ne demande pas réparation financière. La présidente du tribunal a qualifié la position "d'étrange", soulignant au passage qu'après son départ en retraite Antoine Zacharias conservait les jetons de présence en conseil d'administration, le droit aux stock-options, et la présidence de deux comités stratégiques de l'entreprise. Le procès doit se terminer vendredi.
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