Il s'est autoproclamé "Fabulous Fab". Fabrice Tourre, jeune trader français, est au cœur de l'enquête sur de possibles fraudes de Goldman Sachs. Lui comme les responsables de l'établissement financier seront auditionnés mardi devant les autorités américaines à Washington. La plus grande d'affaires au monde est accusée d'avoir menti à ses clients sur l'ampleur de la crise financière mondiale et s'être enrichie à leurs dépens.
Le Crédit Agricole dans le viseur du gendarme boursier américain
La banque française fait l'objet, avec plusieurs grands noms aux Etats-Unis (Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup) et en Europe (Deutsche Bank, UBS) d'une enquête de la SEC pour ses agissements pendant la crise financière.
Publié le 14/05/2010
La justice américaine enquête aussi sur Morgan Stanley
Selon le Wall Street Journal de mercredi, la banque d'affaires est soupçonnée d'avoir conseillé des produits financiers à ses clients tout en pariant sur leur effondrement, les mêmes accusations qui visent Goldman Sachs.
Publié le 12/05/2010
Goldman Sachs fait un pas de plus vers le tribunal
Une enquête au pénal a été ouverte sur Goldman Sachs, un pas de plus vers une éventuelle traduction judiciaire des déboires de la banque, accusée d'avoir trompé ses clients en leur vendant des produits financiers menacés d'effondrement en Bourse.
Publié le 30/04/2010
Goldman Sachs : l'heure des comptes
Les écarts de la banque d'affaires ont été décortiqués mardi par des sénateurs américains pugnaces, qui ont soumis les dirigeants de la banque à un feu roulant de questions sur des allégations de fraude.
Publié le 27/04/2010
Subprime: Goldman poursuivi pour fraude, un Français au coeur de l'enquête
Le gendarme de la Bourse américaine a annoncé vendredi qu'elle poursuivait la banque d'affaires américaine pour "fraude" sur la vente de titres d'investissement liés à des crédits hypothécaires à risque. Son titre a aussitôt dégringolé à New York tandis que le CAC reculait.
Publié le 16/04/2010
Obama brandit sa réforme face à l'épouvantail Goldman Sachs
Mettre de l'ordre dans les pratiques financières qui avaient conduit à la crise de 2008 : Obama s'y efforce depuis longtemps. La réforme qu'il réclame peine à franchir l'obstacle du Sénat. Mais le scandale Goldman Sachs pourrait changer la donne.
Publié le 22/04/2010
A l'époque des faits, en 2007, Fabrice Tourre travaille chez Goldman Sachs à New York où il est chargé de concevoir un produit financier comportant des valeurs immobilières. Son nom : Abacus. Ce produit financier risqué a été vendu à des investisseurs, dont de nombreuses banques, pour plus de 8 milliards d'euros. Des milliards partis en fumée avec la crise des subprimes, sauf pour un gros investisseur, qui, lui, a gagné un milliard de dollars.
"Il faut que je saute, merci, au revoir"
- Les mails du scandale - 01 min 03 s
Du côté des réseaux sociaux, c'est maigre également. Son compte Facebook a été épuré. Seuls subistent son nom et sa photo. "Jusque-là, on le voyait à la montagne, au bord de la mer ou dans un pub londonien, toujours entouré d'amis et souvent dans une ambiance festive", écrit Le Figaro. Même sort pour le site communautaire Linkedin -fermé- comme sa page Viadeo -dissimulée dans son intégralité. Sur Copains d'avant, en revanche, son CV est toujours en ligne.
Son parcours est brillant. Fabrice Tourre a ainsi fait sa scolarité dans la banlieue sud-ouest de Paris, puis entamé de lourdes études : prépas aux lycée Louis-le-Grand et Henry IV et l'Ecole Centrale de Châtenay-Malabry, une grande école d'ingénieurs réputée pour fournir aux banques d'affaires des pointures en mathématiques financières. Après une année à Stanford, Fabrice Tourre est embauché par Goldman Sachs. C'est en 2001, il n'a que 22 ans.
Des fêtes mémorables
Hormis ce parcours sans faute, peu de détails émergent sur la personnalité de Fabrice Tourre. Seulement les dires de ceux qui l'ont connu. "C'était un garçon très ouvert, qui riait beaucoup et parfaitement équilibré", se souvient, dans le Parisien, un camarade de promotion. "Sûr de lui, arrogant, insensible au doute : ces expressions reviennent régulièrement dans la bouche de ceux qui ont côtoyé Fabrice Tourre", écrit le Monde, daté du 20 avril. Le quotidien précise qu'il est de petite taille, vif, émotionnel et aime faire la fête. Le New York Post précise qu'il organisait des soirées très bruyantes dans son appartement loué 4.000 dollars par mois et qu'il était apprécié chez Goldman Sachs pour son sens de l'humour potache.
Les e-mails de Fabrice Tourre, exhumés par la SEC, le gendarme de la Bourse américaine à l'origine de la plainte, pourraient se révéler très compromettants pour lui. Selon Reuters, "ces échanges font apparaître le Français comme un jeune et brillant trader qui a vu venir la crise des subprimes tout en continuant à vendre à tour de bras des produits toxiques adossés à des crédits immobiliers à risques, à tel point qu'il pouvait aller jusqu'à les vendre à "la veuve et l'orphelin"". Mais le trader semble également avoir été traversé par des doutes sur le sens éthique de son travail. Si ce mail où il raconte cette période n'a pas été retenu par la SEC, un autre sera sans doute au cœur de l'audition de mardi. Fabrice Tourre y explique "être au milieu de toutes ces opérations complexes, exotiques, à haut effet de levier qu'il a créées sans forcément comprendre toutes les implications de ces monstruosités". La correspondance du trader montre qu'il n'était pas le seul à Goldman Sachs à être au fait de la chute annoncée du marché des subprimes. Tourre a agi au su et au vu de sa direction et a fait gagner de l'argent à son entreprise aux dépens de ses clients, selon la SEC. Poursuivi au civil, Fabrice Tourre risque désormais de devoir payer de lourds dommages et intérêts, si la plainte va à son terme.
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