Les messages n'apportent pas de preuve que la banque ait enfreint la loi, mais montrent ses dirigeants se gargarisant de profits réalisés grâce à la crise en 2007... Une commission du Sénat américain a publié samedi des emails montrant comment la banque Goldman Sachs a bénéficié de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions de dollars. Ces révélations tombent à un mauvais moment pour la banque, qui cherche à défendre son image alors qu'elle est visée par une plainte en justice pour fraude.
Un ancien responsable de Goldman Sachs à la tête de la BCE ?
L'actuel gouverneur de la banque italienne, Mario Draghi, est pressenti pour succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE. Problème : il a dirigé la branche européenne de Goldman Sachs, une banque accusée d'avoir aidé la Grèce à truquer ses comptes publics.
Publié le 01/05/2011
La justice américaine enquête aussi sur Morgan Stanley
Selon le Wall Street Journal de mercredi, la banque d'affaires est soupçonnée d'avoir conseillé des produits financiers à ses clients tout en pariant sur leur effondrement, les mêmes accusations qui visent Goldman Sachs.
Publié le 12/05/2010
Subprime: Goldman poursuivi pour fraude, un Français au coeur de l'enquête
Le gendarme de la Bourse américaine a annoncé vendredi qu'elle poursuivait la banque d'affaires américaine pour "fraude" sur la vente de titres d'investissement liés à des crédits hypothécaires à risque. Son titre a aussitôt dégringolé à New York tandis que le CAC reculait.
Publié le 16/04/2010
Obama brandit sa réforme face à l'épouvantail Goldman Sachs
Mettre de l'ordre dans les pratiques financières qui avaient conduit à la crise de 2008 : Obama s'y efforce depuis longtemps. La réforme qu'il réclame peine à franchir l'obstacle du Sénat. Mais le scandale Goldman Sachs pourrait changer la donne.
Publié le 22/04/2010
"Les banques d'investissement comme Goldman Sachs n'étaient pas de simples courtiers, elles étaient les promoteurs intéressés de produits financiers risqués et complexes qui ont favorisé l'éclosion de la crise", écrit Carl Levin, le président de la Sous-Commission sénatoriale permanente d'enquête, dans un communiqué accompagnant la publication de ces documents. Dans un de ces messages, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, écrit : "Nous n'avons bien évidemment pas échappé à la pétaudière des crédits immobiliers à risque. Nous avons perdu de l'argent et ensuite nous en avons gagné plus que nous n'en avons perdu grâce à nos positions courtes". Les positions courtes sont des opérations boursières permettant à celui qui les passe de réaliser des gains en cas de baisse des titres sur lesquelles elles portent. Elles peuvent être prises dans un but purement spéculatif comme dans un souci de se protéger (lorsque l'investisseur détient lui même des titres sur lesquels portent ces positions).
Daté du 18 novembre 2007, le message de M. Blankfein est une réponse à un responsable de la banque l'avertissant de la publication d'un article dans le New York Times tendant à montrer que Goldman Sachs a échappé à la crise des crédits immobiliers à risque ayant éclaté quelques mois plus tôt. M. Blankfein ajoute néanmoins: la crise "n'est pas terminée, donc qui peut dire comment cela se finira?" Un autre des quatre emails publiés par la sous-commission est daté du 25 juillet 2007 et écrit par David Viniar, le directeur financier de la banque. M. Viniar répond à un cadre de la maison montrant comment Goldman a empoché environ 50 millions de dollars en pariant sur la baisse de titres liés à des créances immobilières. "Ca dit bien ce qui pourrait arriver à ceux qui ne sont pas blindés en positions courtes", écrit-il. Un des courriels est daté de mai 2007, avant l'explosion de la bulle immobilière, et montre, selon M. Levin, que Goldman a gagné 2,5 millions de dollars grâce aux protections qu'elle avait prises contre la baisse de titres qu'elle vendait à ses clients. Aucun porte-parole de Goldman Sachs n'avait pu être joint en milieu de journée pour réagir à la publication de ces documents .
Rendez-vous mardi
La banque a publié un document de douze pages dans lequel elle répond aux accusations de M. Levin. Elle dit n'avoir "pas 'parié' de façon large et directe contre le marché du logement américain" ou contre ces clients. Elle cite par ailleurs plusieurs messages internes de cadres dirigeants parlant de lourdes pertes subies par la banque sur des titres addossés à des crédits immobiliers à risque.
La publication de ces messages tombe mal pour Goldman Sachs. L'autorité de régulation des marchés boursiers américaine (SEC) a porté plainte contre elle le 16 avril pour fraude devant la justice civile. La SEC accuse la banque d'avoir trompé des investisseurs en leur faisant faire des placements sur des titres risqués dont elle savait qu'ils allait baisser, sans les informer quelle-même pariait sur la baisse des produits qu'elle leur faisait acheter. Selon le Washington Post de samedi, la banque s'apprête à nier mardi prochain devant le Congrès avoir mal agi dans cette affaire, qu'elle n'a pas cherché à tromper ses clients, ne sachant pas comment allait évoluer le marché des "subprimes".
La sous-commission sénatoriale d'enquête sur la crise financière a prévu mardi une journée d'audition sur "le rôle des banques d'investissement dans la crise financière" focalisée sur "la titrisation d'actifs adossés aux prêts hypothécaires immobiliers" et leur commercialisation. Les hauts dirigeants de Goldman Sachs témoigneront dans ce cadre au côté de Fabrice Tourre, le Français au centre de la plainte des autorités boursières américaines contre la banque d'affaires. La Commission américaine des opérations de Bourse (SEC) et l'autorité britannique des marchés (FSA) ont déposé des plaintes contre Goldman Sachs et M. Tourre, les accusant d'avoir trompé des investisseurs en leur vendant un produit financier complexe adossé à des dérivés de crédits hypothécaires risqués.
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