Goldman Sachs s'est-elle engraissée sur le dos de la crise ?

le 24 avril 2010 à 18h02 , mis à jour le 25 avril 2010 à 07h48

Des mails internes, qui ont été publiés samedi par le Sénat US, montrent comment la banque a bénéficié de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions. Les dirigeants de la banque s'en expliqueront mardi devant le Congrès.

Les messages n'apportent pas de preuve que la banque ait enfreint la loi, mais montrent ses dirigeants se gargarisant de profits réalisés grâce à la crise en 2007... Une commission du Sénat américain a publié samedi des emails montrant comment la banque Goldman Sachs a bénéficié de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions de dollars. Ces révélations tombent à un mauvais moment pour la banque, qui cherche à défendre son image alors qu'elle est visée par une plainte en justice pour fraude.

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"Les banques d'investissement comme Goldman Sachs n'étaient pas de simples courtiers, elles étaient les promoteurs intéressés de produits financiers risqués et complexes qui ont favorisé l'éclosion de la crise", écrit Carl Levin, le président de la Sous-Commission sénatoriale permanente d'enquête, dans un communiqué accompagnant la publication de ces documents. Dans un de ces messages, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, écrit : "Nous n'avons bien évidemment pas échappé à la pétaudière des crédits immobiliers à risque. Nous avons perdu de l'argent et ensuite nous en avons gagné plus que nous n'en avons perdu grâce à nos positions courtes". Les positions courtes sont des opérations boursières permettant à celui qui les passe de réaliser des gains en cas de baisse des titres sur lesquelles elles portent. Elles peuvent être prises dans un but purement spéculatif comme dans un souci de se protéger (lorsque l'investisseur détient lui même des titres sur lesquels portent ces positions).

Daté du 18 novembre 2007, le message de M. Blankfein est une réponse à un responsable de la banque l'avertissant de la publication d'un article dans le New York Times tendant à montrer que Goldman Sachs a échappé à la crise des crédits immobiliers à risque ayant éclaté quelques mois plus tôt. M. Blankfein ajoute néanmoins: la crise "n'est pas terminée, donc qui peut dire comment cela se finira?" Un autre des quatre emails publiés par la sous-commission est daté du 25 juillet 2007 et écrit par David Viniar, le directeur financier de la banque. M. Viniar répond à un cadre de la maison montrant comment Goldman a empoché environ 50 millions de dollars en pariant sur la baisse de titres liés à des créances immobilières. "Ca dit bien ce qui pourrait arriver à ceux qui ne sont pas blindés en positions courtes", écrit-il. Un des courriels est daté de mai 2007, avant l'explosion de la bulle immobilière, et montre, selon M. Levin, que Goldman a gagné 2,5 millions de dollars grâce aux protections qu'elle avait prises contre la baisse de titres qu'elle vendait à ses clients. Aucun porte-parole de Goldman Sachs n'avait pu être joint en milieu de journée pour réagir à la publication de ces documents .

Rendez-vous mardi

La banque a publié un document de douze pages dans lequel elle répond aux  accusations de M. Levin. Elle dit n'avoir "pas 'parié' de façon large et directe contre le marché du logement américain" ou contre ces clients. Elle cite par ailleurs plusieurs messages internes de cadres dirigeants parlant de lourdes pertes subies par la banque sur des titres addossés à des crédits immobiliers à risque.

La publication de ces messages tombe mal pour Goldman Sachs. L'autorité de régulation des marchés boursiers américaine (SEC) a porté plainte contre elle le 16 avril pour fraude devant la justice civile. La SEC accuse la banque d'avoir trompé des investisseurs en leur faisant faire des placements sur des titres risqués dont elle savait qu'ils allait baisser, sans les informer quelle-même pariait sur la baisse des produits qu'elle leur faisait acheter. Selon le Washington Post de samedi, la banque s'apprête à nier mardi prochain devant le Congrès avoir mal agi dans cette affaire, qu'elle n'a pas cherché à tromper ses clients, ne sachant pas comment allait évoluer le marché des "subprimes".
 
La sous-commission sénatoriale d'enquête sur la crise financière a prévu mardi une journée d'audition sur "le rôle des banques d'investissement dans la crise financière" focalisée sur "la titrisation d'actifs adossés aux prêts hypothécaires immobiliers" et leur commercialisation. Les hauts dirigeants de Goldman Sachs témoigneront dans ce cadre au côté de Fabrice Tourre, le Français au centre de la plainte des autorités boursières américaines contre la banque d'affaires. La Commission américaine des opérations de Bourse (SEC) et l'autorité britannique des marchés (FSA) ont déposé des plaintes contre Goldman Sachs et M. Tourre, les accusant d'avoir trompé des investisseurs en leur vendant un produit financier complexe adossé à des dérivés de crédits hypothécaires risqués.

le 24 avril 2010 à 18:02
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14 Commentaires

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  • nicapae, le 25/04/2010 à 22h03

    C est marrant ce mail tombé de la providence ..on a l impression que les autorités surveillent tout et utilisent les infos a des moments propices . que nous cachent t ils d autre ..

  • 1337sysop1337, le 25/04/2010 à 19h10

    Et vous croyez qu'on est mieux ou différents d'eux en France ? Mais lol !

  • baal_, le 25/04/2010 à 18h06

    Le système actuel offre des possibilités. Certaines sont permises, d'autres non. A partir de là je vois mal comment on pourrait poursuivre ceux qui ne font rien d'illégal.

  • serginou73, le 25/04/2010 à 17h26

    Goldman sachs se serait engraissée pendant la crise ? Noooooooooooooonnnnnnnnnn!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • lem122, le 25/04/2010 à 17h17

    Relisez vous, il n'y a pas de chaos mondial; l'économie est faite de cycles, périodes de croissance, périodes de crise. L'état n'a pas "arrosé" les banques, il a pris des mesures d'aides comme pour d'autres secteurs de l'économie ( bâtiment, automobile) pour faire diminuer les tensions entre banques, les banques ont remboursé l'aide avec des intérêts. Des épargnants ruinés? plutôt des personnes avident aussi d'argent qui ont voulu jouer aux banquiers d'affaire et qui ont spéculé mais qui ont perdu et qui EUX ne sont pas des banques, donc pas d'aides. Obama ne change rien et ne peut rien changer car les banques financent les partis; en ce qui concerne les bonus, si ils sont versés, c'est que les traders rapportent à leur entreprise. Alors faudrait savoir ce que vous voulez, des entreprises françaises qui gagnent de l'argent et embauchent ou des boîtes qui délocalisent et font des chomeurs!

  • phiphi-conques, le 25/04/2010 à 14h48

    On nous prend pour des demeures comme si c'etait une nouvelle que les banques s'enrichissent grace aux crises ! evidement qu'elles s'enrichissent, et c'est prévu car ce sont elle qui créent ces crises à dessein !

  • blitz39, le 25/04/2010 à 14h37

    La question ne se pose même pas !

  • poelemaitre, le 25/04/2010 à 12h52

    Il est facile de blâmer les US pour la crise, mais qu'on fait nos banques bien Françaises qu'il a fallu arroser à coups de milliard pour les sauver et qui un an après ont été capable de fournir des bonus à leurs traders. Le système bancaire est une vaste escroquerie. Ils spéculent, ruinent des épargnants et savent que les états les couvrent en cas de pertes. Obama a raison de changer tout cela, il y a en marre que des gens soient soient mis le carreaux pour engraisser des banquiers véreux et avides d'argent au point de créer un chaos mondial/

  • titeuf4979, le 25/04/2010 à 11h50

    J'adore le titre de l'article: Goldman Sachs s'est-elle engraissée sur le dos de la crise ? vous vous posez encore ce genre de question? moi pas et ce bien avant la crise

  • humanoide56, le 24/04/2010 à 23h32

    Un seul dérapage, confiscation de la banque. C'est a la démocratie et aux parlements que revient la mission de définir les règles sociétales, pas les actionnaires des banques ils ne sont pas élus

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