© www.sxc.huNouvel épisode dans la bataille pour le contrat des avions ravitailleurs américains qui oppose Airbus, et donc sa maison-mère EADS, à Boeing : des élus du Congrès américain ont déposé jeudi un projet de loi pour faire monter le prix de l'offre d'EADS. Ces élus soutiennent ouvertement Boeing - présent dans leur circonscription ou leur Etat - pour remporter ce méga-contrat pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs destinés à l'armée de l'Air américaine.
Ravitailleurs US : Airbus voit s'envoler un méga contrat
Son partenaire Northrop Grumman a décidé de ne pas répondre à l'appel d'offres du Pentagone, parce qu'il l'estime biaisé au profit du concurrent Boeing. La saga avait commencé en 2001.
Publié le 09/03/2010
John McCain au secours d'Airbus
Quel appareil sera choisi pour équiper l'US Air Force : un Boeing, ou un Airbus ? Le bras de fer s'éternise, mais l'ex-candidat à la Maison blanche pourrait être un atout de poids pour les Européens.
Publié le 11/11/2009
Ravitailleurs : le Pentagone attend le futur président
Alors que Boeing a laissé entendre mi-août que les dés étaient pipés, le Pentagone a annulé mercredi son appel d'offres pour renouveler sa flotte de 179 avions ravitailleurs.
Publié le 10/09/2008
Ravitailleurs : Boeing laisse entendre que les dés sont pipés
Boeing et le tandem Northrop-EADS ont pris connaissance des nouveaux critères de l'appel d'offres du Pentagone pour le renouvellement de ses avions ravitailleurs. L'avionneur de Seattle fait mine d'avoir renoncé.
Publié le 13/08/2008
Ravitailleurs : Boeing prêt à laisser la piste libre à EADS ?
La presse spécialisée assure que l'avionneur de Seattle pourrait renoncer à l'appel d'offres pour le contrat de renouvellement de la flotte de ravitailleurs de l'US Air Force. Boeing ne fait pas de commentaires.
Publié le 12/08/2008
Avions-ravitailleurs : Paris et les Européens fulminent
Après le retrait d'Airbus de la course au méga contrat avec le Pentagone, les Européens accusent Washington d'avoir biaisé les termes de l'appel d'offres pour favoriser Boeing. Fillon évoque un "manquement grave".
Publié le 10/03/2010
Le projet de loi réclame de la part du secrétaire à la Défense américain qu'il "prenne en compte les subventions illégales lorsqu'il évalue des offres pour d'importantes acquisitions d'équipements". Pour cela le secrétaire à la Défense devrait prendre en compte les décisions rendues par l'Organisation mondiale du commerce, selon le texte déposé jeudi. Selon les défenseurs de Boeing, qui a rendu en mars une décision qui n'a jamais été rendue publique, l'organisation a conclu qu'Airbus avait bénéficié de subventions illégales. De son côté, Airbus a précisé que "70% des requêtes américaines" sur les aides jugées illégales avaient été rejetées par l'OMC.
Un contentieux déjà lourd
Le projet de loi déposé par les élus américains précise que le prix de toute offre devra être augmenté "d'un montant égal à celui de la subvention jugée illégale". Ce que le représentant républicain du Kansas, Todd Tiahrt, où se trouvent des installations de Boeing, justifie sans état d'âme avec une rhétorique toute politique : "Puisque l'administration Obama a choisi de mettre les intérêts des travailleurs européens au-dessus de ceux des travailleurs américains, le Congrès doit agir et corriger la situation". EADS North America, de son côté, a vivement réagi : "Ce nouveau projet de loi est une tentative visant à éviter la concurrence au mérite sur les ravitailleurs".
Le dossier est déjà lourd. Les ravitailleurs américains KC-135 à remplacer sont en exercice depuis près d'un demi-siècle et doivent impérativement trouver leurs successeurs. D'où le match sans merci qui oppose depuis des années Boeing à l'avionneur européen dans un interminable bras de fer pour l'obtention d'un marché d'une valeur potentielle de près de 50 milliards de dollars, soit 36 milliards d'euros, avec l'intervention de personnages aussi médiatiques et redoutables que le sénateur John McCain, candidat malheureux à la présidentielle américaine mais à la compétence reconnue sur les dossiers militaires. Il s'était alors révélé un allié de poids pour les Européens, en soulevant des soupçons de manoeuvres frauduleuses lors d'une précédente victoire de Boeing. Le dossier relancé, c'est EADS, associé à l'américain Northrop Grumman, qui avait remporté en février 2008 l'appel d'offres concernant les avions ravitailleurs.
Mais l'opération avait ensuite été annulée à la suite de protestations de Boeing à propos des règles de procédure. En se retirant dès lors du nouvel appel d'offres et en laissant ainsi Boeing seul en lice pour construire près de 180 ravitailleurs à partir de son 767 sur les 18 prochaines années, EADS et Northrop avaient estimé que le cahier des charges et l'appel d'offres avaient été reformulés de façon à avantager l'avionneur américain. Une accusation relayée par plusieurs responsables européens, qui avait donné lieu cette fois à une crispation politique entre Américains et Européens jusqu'à l'annonce du retour d'EADS dans la course. Mais le match est loin d'être joué.
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