Airbus vs Boeing : duel de titans dans le ciel américain

Par TF1 News (D'après agence), le 10 juillet 2010 à 09h25 , mis à jour le 10 juillet 2010 à 09h28

Airbus a soumis jeudi sa nouvelle offre à l'armée américaine ; Boeing a relevé le défi en annonçant à son tour sa propre proposition. L'enjeu : un contrat de 35 à 40 milliards de dollars, au coeur d'une lutte de près d'une décennie.

[Expiré] Un F-15 de l'armée américaine ravitaillé en vol par un KC-135 © www.sxc.hu

Voici donc la guerre relancée entre Boeing et Airbus pour décrocher le méga-contrat du renouvellement des avions ravitailleurs de l'armée américaine. C'est la troisième fois en moins de dix ans que les deux constructeurs s'affrontent pour décrocher ce qu'Airbus a qualifié jeudi de "marché du siècle", l'évaluant aux alentours de 40 milliards de dollars, tandis que Boeing parle de 35 milliards. Airbus avait devancé l'échéancier de 24 heures en remettant dès jeudi un dossier de 8819 pages, après avoir obtenu un délai de deux mois à la suite du retrait de son ancien partenaire Northrop Grumman. L'avionneur européen s'est finalement allié à plus de 200 fournisseurs américains, certains participant aussi à l'offre concurrente de Boeing, comme Rockwell Collins (avionique et électronique embarquée). Boeing a riposté vendredi, en présentant à son tour son offre à l'armée de l'Air.

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En 8000 pages, remises en mains propres à la base militaire aérienne de Wright-Patterson où le contrat est géré, Boeing détaille une proposition se voulant la plus économe. Le constructeur américain propose une version modifiée de son long-courrier B767. Plus petit que l'A330 modifié que propose Airbus, le "NextGen Tanker" devrait consommer moins de carburant, et ne pas exiger la construction de nouveaux hangars : Boeing promet 10 milliards de dollars d'économies de carburant sur une durée d'utilisation de 40 ans, et des coûts de maintenance de 15 à 20% inférieurs à ceux d'Airbus. "Ce ravitailleur révolutionnaire présente les capacités d'un gros porteur et un encombrement limité grâce à son fuselage étroit", a souligné le directeur général de la division Défense, Espace et Sécurité de Boeing, Dennis Muilenburg, dans un communiqué.

"Une opportunité de plusieurs dizaines d'années"

Pour Boeing comme pour Airbus, l'enjeu est énorme, souligne Peter Arment, analyste chez Gleacher & Co. Outre la fourniture des appareils, qui pourrait réserver au constructeur choisi des marges de 10% (soit 3,5 à 4 milliards de dollars), le gagnant devra assurer l'entretien des appareils : soit, "au minimum, une opportunité de plusieurs dizaines d'années".

En 2003, le contrat avait été attribué à Boeing, avant la révélation d'un grave conflit d'intérêt qui avait contraint le Pentagone à relancer la procédure. En 2008, Airbus l'avait emporté, avant que la Cour des comptes annule le tout, une nouvelle fois. Cette fois, les militaires ont jusqu'à la mi-octobre pour étudier les offres dans les moindres détails. Leur décision - qui sera susceptible d'un nouvel appel à la Cour des Comptes - est attendue à la mi-novembre.

Boeing, associé à 800 fournisseurs répartis dans une quarantaine d'Etats, vante un avion tout américain, et met en avant les emplois créés aux Etats-Unis: 50.000 au total. Airbus assure que son projet créera 48.000 emplois aux Etats-Unis, et souligne que l'usine d'assemblage prévue à Mobile, dans l'Alabama, apportera un ballon d'oxygène à une région souffrant de la marée noire dans le golfe du Mexique. L'européen met de plus en avant les performances supérieures de son appareil par litre de carburant, assurant aller au-delà des 372 exigences minimales fixées par le Pentagone. Et il fait valoir qu'il a remporté les cinq derniers appels d'offre pour la fourniture de ravitailleurs dans le monde face à Boeing (Etats-Unis en 2008, Royaume-Uni, Australie, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis) : grâce à ces commandes, argumente Airbus, son appareil est pratiquement prêt. Boeing riposte en assurant avoir déjà livré quatre ravitailleurs basés sur le B767 au Japon, et remporté un contrat pour en fournir quatre à l'Italie.

Par TF1 News (D'après agence) le 10 juillet 2010 à 09:25
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7 Commentaires

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  • nnn65, le 12/07/2010 à 01h56

    De toute façon, la décision est déjà prise. Airbus le sait! Les américains sont pour la liberté du commerce quand cela peut les avantager... sinon leur "patriotisme" qui confine au chauvinisme prend le dessus. Quant aux promesses (coûts de maintenance inférieurs, etc) elles ne seront pas tenues mais Boieng aura déjà le contrat en poche, alors, un mensonge de plus ou de moins dans ce feuilleton...

  • maxpatrice, le 11/07/2010 à 18h06

    Une seule ombre au tableau pour Airbus; Le patriotisme américain, surtout chez les politiques...

  • foxie099, le 10/07/2010 à 18h22

    Alenia est aussi fournisseur de Boeing. Beaucoup de sous-traitants aéronautiques sont à la fois fournisseurs de Boeing et d'Airbus, même parmi ceux qui sont situés à Toulouse. Pour le Dreamliner par exemple, on trouve parmi les principaux Messier-Dowty, Latécoère, Zodiac, Thalès et j'en oublie certainement. Sur cet avion, la valeur ajoutée française est très importante, et sur des éléments vitaux. Mais peut-être que cela ne vous intéresse pas.

  • darius92, le 10/07/2010 à 15h48

    Il faut aussi préciser que l'airbus décolle sur piste plus courte et à une capacité d'emport plus importante...Ce qui pour un avion militaire n'est pas négligeable !

  • foxie099, le 10/07/2010 à 14h57

    Il est juste dit qu'il consomme moins de carburant pour son propre usage, pas qu'il en emporte plus.

  • le_chieur, le 10/07/2010 à 14h57

    Merci aux Italiens d'avoir choisi Boeing alors qu'ils sont fournisseurs d'Airbus. Je viens de jeter le morceau de Parmesan qui restait dans le frigo.

  • bugscannes, le 10/07/2010 à 11h36

    Ils sont forts ces Americains l'avion est plus petit le fuselage plus etroit et il prend plus de carburant (des genies)

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