© www.sxc.huVoici donc la guerre relancée entre Boeing et Airbus pour décrocher le méga-contrat du renouvellement des avions ravitailleurs de l'armée américaine. C'est la troisième fois en moins de dix ans que les deux constructeurs s'affrontent pour décrocher ce qu'Airbus a qualifié jeudi de "marché du siècle", l'évaluant aux alentours de 40 milliards de dollars, tandis que Boeing parle de 35 milliards. Airbus avait devancé l'échéancier de 24 heures en remettant dès jeudi un dossier de 8819 pages, après avoir obtenu un délai de deux mois à la suite du retrait de son ancien partenaire Northrop Grumman. L'avionneur européen s'est finalement allié à plus de 200 fournisseurs américains, certains participant aussi à l'offre concurrente de Boeing, comme Rockwell Collins (avionique et électronique embarquée). Boeing a riposté vendredi, en présentant à son tour son offre à l'armée de l'Air.
Sur fond de querelle, les ventes d'Airbus et Boeing décollent
Les deux géants européen et américain ont multiplié les annonces de contrats pour un total de 55 milliards de dollars au salon aéronautique de Farnborough. Tout en continuant leur guerre de communication au sujet de leur dispute arbitrée par l'OMC.
Publié le 22/07/2010
Avions ravitailleurs: un délai de 60 jours pour EADS
Le Pentagone s'est dit prêt mercredi à retarder la date de clôture de l'appel d'offres pour ses avions ravitailleurs, accédant partiellement à la requête du groupe européen EADS qui espérait obtenir un délai de trois mois pour concourir face à Boeing.
Publié le 01/04/2010
Un candidat russe s'immisce dans la guerre Boeing-EADS
Qui emportera le marché des ravitailleurs américains ? Boeing, qui semble largement favorisé ? EADS, qui réclame des conditions équitables pour concourir ? Ou un troisième larron russe ?
Publié le 20/03/2010
En 8000 pages, remises en mains propres à la base militaire aérienne de Wright-Patterson où le contrat est géré, Boeing détaille une proposition se voulant la plus économe. Le constructeur américain propose une version modifiée de son long-courrier B767. Plus petit que l'A330 modifié que propose Airbus, le "NextGen Tanker" devrait consommer moins de carburant, et ne pas exiger la construction de nouveaux hangars : Boeing promet 10 milliards de dollars d'économies de carburant sur une durée d'utilisation de 40 ans, et des coûts de maintenance de 15 à 20% inférieurs à ceux d'Airbus. "Ce ravitailleur révolutionnaire présente les capacités d'un gros porteur et un encombrement limité grâce à son fuselage étroit", a souligné le directeur général de la division Défense, Espace et Sécurité de Boeing, Dennis Muilenburg, dans un communiqué.
"Une opportunité de plusieurs dizaines d'années"
Pour Boeing comme pour Airbus, l'enjeu est énorme, souligne Peter Arment, analyste chez Gleacher & Co. Outre la fourniture des appareils, qui pourrait réserver au constructeur choisi des marges de 10% (soit 3,5 à 4 milliards de dollars), le gagnant devra assurer l'entretien des appareils : soit, "au minimum, une opportunité de plusieurs dizaines d'années".
En 2003, le contrat avait été attribué à Boeing, avant la révélation d'un grave conflit d'intérêt qui avait contraint le Pentagone à relancer la procédure. En 2008, Airbus l'avait emporté, avant que la Cour des comptes annule le tout, une nouvelle fois. Cette fois, les militaires ont jusqu'à la mi-octobre pour étudier les offres dans les moindres détails. Leur décision - qui sera susceptible d'un nouvel appel à la Cour des Comptes - est attendue à la mi-novembre.
Boeing, associé à 800 fournisseurs répartis dans une quarantaine d'Etats, vante un avion tout américain, et met en avant les emplois créés aux Etats-Unis: 50.000 au total. Airbus assure que son projet créera 48.000 emplois aux Etats-Unis, et souligne que l'usine d'assemblage prévue à Mobile, dans l'Alabama, apportera un ballon d'oxygène à une région souffrant de la marée noire dans le golfe du Mexique. L'européen met de plus en avant les performances supérieures de son appareil par litre de carburant, assurant aller au-delà des 372 exigences minimales fixées par le Pentagone. Et il fait valoir qu'il a remporté les cinq derniers appels d'offre pour la fourniture de ravitailleurs dans le monde face à Boeing (Etats-Unis en 2008, Royaume-Uni, Australie, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis) : grâce à ces commandes, argumente Airbus, son appareil est pratiquement prêt. Boeing riposte en assurant avoir déjà livré quatre ravitailleurs basés sur le B767 au Japon, et remporté un contrat pour en fournir quatre à l'Italie.
Retour MYTF1
Sur fond de querelle, les ventes d'Airbus et Boeing décollent
Chargement en cours...




