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DOSSIER : Dossier Intempéries

Délaissés par l'Etat, les sylviculteurs landais contre-attaquent

Edité par
le 19 juillet 2010 à 12h01
Temps de lecture
3min
Les dégâts de la tempête Klaus sur la forêt dans la commune de Saint-Avit, près de Mont-de-Marsan (25 janvier 2009)

Les dégâts de la tempête Klaus sur la forêt dans la commune de Saint-Avit, près de Mont-de-Marsan (25 janvier 2009) / Crédits : Jacques Lefebvre-Billiez

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EntreprisesIls comptent saisir le Conseil constitutionnel à propos de la loi sur la modernisation de l'agriculture. Ils dénoncent des promesses non tenues, alors qu'ils attendaient une couverture des risques naturels en contrepartie de l'obligation de reboiser.

S'estimant floués par l'Etat, et n'ayant obtenu aucune aide financière après le passage de Klaus, les sylviculteurs d'Aquitaine victimes de la tempête dévastatrice de janvier 2009 vont saisir le Conseil constitutionnel. Les exploitants dénoncent dans l'élaboration de la loi sur la modernisation de l'agriculture, votée le 6 juillet, une approche fiscale de la forêt alors qu'ils attendaient une couverture des risques naturels en contrepartie de l'obligation de reboiser qui leur est faite.

"Nous allons par l'intermédiaire de députés et de sénateurs engager un recours devant le Conseil constitutionnel pour inégalité devant la charge publique", annonce Christian Pinaudeau, secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, dénonçant les textes en vigueur concernant l'agriculture, avec leur système d'assurance "abondé par l'Etat". Les exploitants dénoncent des promesses non tenues, le gouvernement ayant vidé le projet de tout son sens "afin de ne pas créer une nouvelle niche fiscale".

34.000 emplois menacés ?

Pour Christian Pinaudeau, "si les forêts françaises coûtent trop cher, si la fiscalité forestière est une niche fiscale, la solution est toute trouvée : supprimons-les. Il faut supprimer l'obligation de reboiser, nous laisser libres de disposer de nos terres pour faire du maïs, construire des immeubles ou des fermes photovoltaïques". Pour lui cette obligation "dévalorise le foncier qui n'est pas mobile", ce qui explique à ses yeux que "les lignes électriques et les autoroutes y passent parce que cela ne coûte pas cher à la collectivité".

La filière forêt-bois en Aquitaine représente 34.000 emplois pour un chiffre d'affaire de 2,6 milliards d'euros, soit l'équivalent de la filière viticole. Mais elle a été mise à mal par la tempête et ne s'en relève toujours pas. Les professionnels de la filière bois estiment que 38 millions de m3 de bois, pour l'essentiel du pin maritime, sont tombés à terre lors du passage de Klaus, soit l'équivalent de cinq années de production, et que 200.000 hectares de forêts ont été touchés. Il faudra des décennies pour effacer les traces de cette catastrophe. A condition de reboiser... Or, le plan d'aide du gouvernement reposait sur la valorisation par l'exploitation.

"Les aides sont allées aux acheteurs du bois, aux industriels qui en ont profité pour peser sur les prix. Les sylviculteurs n'ont rien vu et pourtant c'était la pierre angulaire du plan du ministre de l'Agriculture de l'époque, Michel Barnier", regrette Christian Pinaudeau. Et selon lui, sur les 600 millions d'euros de prêts bonifiés pour mobiliser les bois tombés et les stocker, seulement 200 ont été utilisés en raison de la lourdeur du système et des exigences bancaires.

Commenter cet article

  • entropiemax : Je serais libre de faire construire sur mon terrain inconstructible !! super je soutient cette merveilleuse idée !! je pourrais créer un petit commerce etc ...

    Le 19/07/2010 à 19h42
  • alain-paris : Et y z'ont cru aux paromes de nos ministres.....

    Le 19/07/2010 à 12h57
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