"Ces bons résultats traduisent la solidité d'ensemble du secteur bancaire français, et en particulier le renforcement significatif des fonds propres des banques françaises au cours des derniers mois, ainsi qu'une exposition au risque souverain maîtrisé", s'est aussitôt félicitée la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Les quatre banques françaises qui faisaient partie de la liste des 91 banques européennes soumises à des tests de résistance afin de vérifier leur solidité financière, ont réussi leur examen "avec succès", a annoncé vendredi la Banque de France. Les quatre banques concernées par ces tests sont: BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE (Banque populaire Caisse d'Epargne).
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En revanche, sept des 91 grandes banques européennes soumises aux tests ont été recalées, a indiqué vendredi le Comité des régulateurs européens (CEBS), ce qui signifie qu'elles devront lever des fonds pour renforcer leur situation financière. Il s'agit de cinq banques espagnoles (Civica, Cajasur, Unnim, Espiga et Diada), une banque grecque (Atebank) et l'allemande Hypo Real Estate, qui n'ont pas été en mesure de maintenir un ratio de stabilité financière Tier 1 d'au moins 6% dans le scénario le plus défavorable utilisé par le CEBS dans ses tests et pourraient se voir contraintes de procéder à un renforcement de leurs fonds propres. Elles devront proposer un plan de renforcement de leur situation financière, a indiqué vendredi le Comité des régulateurs européens, qui n'exclut pas des recapitalisations.
En France, "une capacité de résistance très forte"
Avec ces résultats, les banques françaises montrent qu'elles "figurent parmi les plus solides d'Europe", a estimé la Banque de France. La "marque des banques françaises est vraiment une capacité de résistance très forte", s'est félicité Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, en présentant les résultats de ces tests, commandés par la Commission européenne et organisés par le CECB (Comité européen des contrôleurs bancaires. Ces résultats étaient "prévisibles", car ils sont "en ligne avec les résultats obtenus dans les tests régulièrement menées en France et la capacité avérée des banques françaises à traverser la crise récente", a-t-il ajouté. Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a à son tour salué vendredi le résultat des tests de résistance bancaires européens, "entreprise considérable et étape importante en vue d'une transparence accrue" et d'un retour des marchés à la confiance.
Les banques testées devaient conserver un niveau de fonds propres dit "Tier One" (fonds propres rapportés aux engagements de la banque) de 6% pour que le régulateur considère qu'elles avaient réussi le test. Or, les tests ont montré qu'en cas de stress lié à une crise financière importante, ce ratio cumulé des quatre banques françaises allait tomber à 9,3% fin 2011, contre 9,9% fin 2009. Pour Christian Noyer, même en cas de "scénario adverse", les banques conservent un "niveau de revenus en 2010 et 2011 à peu près le même qu'en 2009". Les quatre banques françaises testées ont toutes reçu un important soutien de l'Etat au plus fort de la crise en 2008, après la faillite de Lehman Brothers. Trois de ces banques ont complètement remboursé cette aide. La BPCE a encore un reliquat à rembourser.
Bémol : des tests pas assez sévères ?
"La réaction initiale, jusqu'à présent, suggère que les tests n'ont pas été aussi sévères qu'ils auraient pu l'être et le marché reste assez prudent", commente Ian Stannard, stratégiste changes de BNP Paribas. "Nous verrons la véritable réaction la semaine prochaine quand les résultats auront pu être complètement digérés et que le paysage sera plus clair." "C'est plus une question de méthodologie et d'hypothèses retenues pour ces tests qui n'ont pas été les plus sévères possible et cela soulève des questions, ce qui explique que l'euro ait chuté", a-t-il poursuivi. Après être remonté à 1,29 dollar, la devise européenne est effectivement retombée à 1,2845 dollar (-0,43%) vers 16h30 GMT. Le mois dernier, les craintes relatives à la crise de la dette de la zone euro et à ses effets sur les banques avaient fait tomber l'euro à son plus bas niveau depuis 2006, à moins de 1,19 dollar. Depuis la devise européenne s'est redressée pour dépasser légèrement le seuil de 1,30 dollar en début de semaine.
Le scénario retenu pour les "stress tests" correspond à une dépression macroéconomique extrêmement sévère et sans reprise immédiate. L'hypothèse de croissance dans le scénario "stressé" donne deux années de contraction du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro: -0,2% en 2010 et -0,6% en 2011. Le coût de l'assurance contre le risque de défaut de la plupart des banques européennes a continué de reculer après la publication des tests, selon Markit Intraday. A titre d'exemple, le CDS sur la dette de BNP Paribas a baissé de quatre points de base à 104 pdb, tandis que celui sur la dette de la Commerzbank s'est replié de trois points à 104 également.
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