Henri Proglio, patron d'EDF © REUTERSLa filière est un joyau national, Nicolas Sarkozy n'aurait donc laissé à personne le loisir d'annoncer sa reprise en main. L'annonce en a donc été faite mardi par le président de la République après un "Conseil de politique nucléaire" qui a examiné le rapport commandé l'an dernier par le chef de l'Etat à l'ancien patron d'EDF, François Roussely, et remis il y a quelques semaines.
Tarif social : les mauvais comptes d'EDF
Le fournisseur d'électricité, révèle Le Parisien, s'est fait taper sur les doigts par le médiateur de l'énergie pour ses réticences à attribuer le tarif dit de première nécessité aux abonnés les plus pauvres.
Publié le 20/09/2010
L'Elysée impose une alliance stratégique à EDF et Areva
L'Elysée a annoncé mardi un "accord de partenariat" stratégique entre les groupes EDF et Areva, prévoyant l'éventualité d'une prise de participation du premier dans le capital du second.
Publié le 27/07/2010
EDF accusé de laisser tomber son réseau
Selon un document confidentiel révélé par Le Parisien, la qualité du réseau électrique s'est dégradée ces dernières années, entrainant une augmentation des coupures de courant, surtout en milieu rural.
Publié le 11/05/2010
Déchets nucléaires : Areva et EDF se sont entendus
Matignon leur avait intimé l'ordre de régler l'affaire. Les deux groupes en froid depuis des semaines ont annoncé vendredi soir un accord sur la gestion des déchets nucléaires. Reste le volet de l'enrichissement d'uranium.
Publié le 05/02/2010
Les tarifs d'EDF vont-ils bondir de 24% en 5 ans?
Selon Les Echos, EDF envisage une hausse du "tarif bleu" payé par les clients résidentiels de l'ordre de 24% entre 2010 et 2015, pour financer ses investissements. EDF dément.
Publié le 25/01/2010
Après les revers essuyés à l'étranger par le nucléaire civil français, l'Elysée a décidé de réorganiser la filière nucléaire tricolore en confiant un rôle central à EDF et en le rapprochant de son frère ennemi Areva. Premier point: "un accord de partenariat stratégique entre EDF et Areva couvrant l'ensemble de leurs domaines d'activité d'intérêt commun sera mis en place", selon l'Elysée. Dans ce cadre, EDF pourrait prendre une participation au capital d'Areva, qui sera augmenté d'ici la fin de l'année à hauteur de 15%. Pour cette opération, des "négociations ont d'ores et déjà été engagées" avec des investisseurs industriels et financiers, selon l'Elysée. Surtout, écrit la présidence, "s'agissant de l'exportation des centrales nucléaires, les deux entreprises mettront en place, chaque fois que les besoins des clients le nécessiteront, une organisation s'appuyant sur la compétence d'exploitant et d'architecte-ensemblier d'EDF", comme le préconisait le rapport Roussely. Cet accord "non exclusif" ne remet "toutefois pas en cause la capacité des deux entreprises à coopérer avec d'autres industriels du secteur", a tempéré l'Elysée.
Proglio contre Lauvergeon
Quoi qu'il en soit, il consacre le leadership historique de l'électricien français EDF, revendiqué depuis des mois par son patron Henri Proglio, sur fond de vives tensions au sein de la filière nucléaire française. Ces dissensions avaient éclaté au grand jour après le cuisant échec d'Abou Dhabi en décembre dernier, où Areva, EDF, GDF Suez et Total s'étaient fait souffler un contrat géant de 20 milliards de dollars. En début d'année, Areva et EDF s'étaient ensuite écharpés sur des contrats de recyclage et d'enrichissement d'uranium. A tel point que le Premier ministre François Fillon avait dû intervenir en convoquant les deux patrons à Matignon, et que le chef de l'Etat avait promis de "mettre de l'ordre" dans la filière.
L'affaire avait même pris une tournure personnelle, Henri Proglio, proche de Nicolas Sarkozy, et Anne Lauvergeon, en froid avec l'Elysée, ne manquant pas une occasion de batailler en coulisses. Anne Méaux, patronne de l'agence Image 7 en charge de la communication d'Anne Lauvergeon avait même dû démentir avoir alimenté la polémique sur la double-rémunération du patron d'EDF. Sans résister au plaisir de tacler au passage Henri Proglio... De son côté, le patron d'EDF n'hésitait pas à réclamer tout haut dans la presse une reprise en main du groupe d' "Atromic Anne". "Mon ambition est d'avoir une filière nucléaire française qui fonctionne. (...) Cela implique qu'on repense toute la filière, en particulier les rôles d'Areva et du CEA (Commissariat à l'énergie atomique)" a-t-il expliqué aux Echos, tout en relevant "une erreur" stratégique d'Anne Lauvergeon qui a fusionné Framatome et Cogema. La patronne d'Areva avait ensuite calmé le jeu en déclarant au même journal ne pas avoir "de problème relationnel avec Henri Proglio". Difficile de travailler en symbiose lorsque l'on est condamné à faire ce type de mise au point.
Un "ministère de l'Energie" ?
Les enjeux sont pourtant énormes, indignes de ces passes d'armes. La synthèse du rapport Roussely, rendue publique sur le site de l'Elysée et expurgée des éléments classés défense, parle ainsi de "renaissance" du nucléaire civil, qui "se traduira probablement par la mise en chantier d'environ 250 nouvelles centrales d'ici vingt ans". Pour cela, la "filière française doit donc s'adapter" et les "entreprises du secteur ont à faire de considérables efforts d'amélioration de leur offre face aux autres géants du secteur", selon ce rapport, pour lequel François Roussely et les experts qui l'épaulaient ont auditionné environ 200 personnes.
Il en ressort 15 grandes recommandations, dont trois mesures d'urgence pour remédier aux gros retards pris par les chantiers EPR de Flamanville en France et d'Olkiluoto en Finlande. Le rapport Roussely préconise notamment de "diversifier l'offre française à l'international" et de créer un "ministère de l'Energie" ou d'un "secrétariat général à l'Energie". Il ne fait en revanche aucune mention parmi les "leaders" de la filière française de GDF Suez, qui ambitionne pourtant de se renforcer dans le nucléaire.
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