Attaqué dans le Golfe, Blackberry joue la prudence

Par , le 02 août 2010 à 17h46 , mis à jour le 02 août 2010 à 18h18

Les Emirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite s'apprêtent à bloquer les services du téléphone qu'ils ne peuvent contrôler, ce qui priverait un millions de clients de la célèbre messagerie.

[Expiré] [Expiré] Un homme utilisant son Blackberry à Dubaï (EUA) le 1er août 2010 © AFP

RIM, la maison-mère du célèbre téléphone Blackberry va-t-elle trouver un accord avec les pays arabes qui s'apprêtent à brider son téléphone sur leur sol ? Il y a urgence. Deux pays du Golfe, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis viennent de décider de suspendre les services -messagerie, accès à Internet -  qui font tout l'intérêt de ce téléphone. Ils reprochent au Blackberry des "problèmes de sécurité", le cœur du problème portant sur le traitement et le stockage hors de leur pays par le groupe canadien RIM des données de ses utilisateurs, ce qui empêchent ces Etats de surveiller ce qui se passe sur le réseau.

Plus d'infos

 
Réagissant lundi, RIM s'efforce de ménager la chèvre et le chou. D'une part, le groupe veut garder son crédit auprès de ses clients, habitants et touristes dans le Golfe. D'autre part, il souhaite trouver une solution acceptable avec les pays qui ont le pouvoir de le bannir purement et simplement. La première réaction du fabriquant canadien Research in Motion (RIM) n'en dit pas beaucoup plus qu'un "no comment", si ce n'est qu'il joue visiblement la prudence.  "RIM est présent dans plus de 175 pays aujourd'hui et offre des conditions de sécurité qui sont largement acceptées par des utilisateurs et des gouvernements pour qui la sécurité compte. RIM respecte à la fois les exigences légales des gouvernements et le besoin de sécurité et de confidentialité des entreprises et des particuliers. RIM ne communique pas sur les échanges confidentiels sur la régulation qui ont lieu avec quelque gouvernement que ce soit mais assure à ses consommateurs qu'il s'engage à leur fournir des produits innovants pour les satisfaire, eux comme leurs gouvernements", détaille le groupe dans un communiqué sibyllin adressé à TF1 News. En clair, on peut en déduire que RIM travaille activement à trouver une solution avec les Etats concernés mais n'est pas du tout certain d'une issue favorable.
 
1,2 millions d'abonnés
 
L'affaire est assez sérieuse pour faire chuter l'action de RIM : la Bourse s'inquiétait lundi que RIM soit forcée à terme de posséder des serveurs dans chaque pays pour satisfaire les gouvernements désireux de davantage de contrôle. Plus d'un millions d'utilisateurs du Blackberry sont concernés dans le Golfe. Lundi, les autorités saoudiennes ont  informé les opérateurs du pays que les services de messagerie du BlackBerry seraient suspendus "dans le courant du mois d'août". Comptant plus de 700.000 abonnés dans le royaume, ils fonctionnaient normalement lundi matin.
 
Les Emirats arabes unis, qui comptent, de leur côté, 500.000 abonnés, avaient annoncé en premier dimanche la suspension à partir du 11 octobre des principaux services du téléphone. Le débat s'est amplifié la semaine dernière, las autorités accusant le Blackberry de permettre "aux individus de commettre des violations sans risque de poursuites, ce qui pourrait aboutir à des implications dangereuses pour la sécurité nationale, judiciaire et sociale".
 
Traque des utilisateurs
 
Cette suspension survient alors que les Emirats sont accusés par l'ONG Reporters sans Frontières de "harceler et d'arrêter les utilisateurs" de BlackBerry qui auraient tenté d'organiser une manifestation contre l'augmentation des prix du pétrole en juillet. "Nous appelons à mettre fin à cette chasse aux sorcières menée par le gouvernement contre les utilisateurs de la messagerie instantanée du BlackBerry qui ont invité d'autres citoyens à les rejoindre pour manifester", a dit RSF.
 
L'un des organisateurs, Badr al-Dhohori, 18 ans, est détenu depuis le 15 juillet, selon elle. La TRA contrôle l'accès à internet, filtrant certains documents censurés portant notamment sur la nudité ou la pornographie et quelques sites à teneur politique.

Par Olivier Levard le 02 août 2010 à 17:46
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