RIM prêt à divulguer ses données pour sauver le Blackberry ?

Par TF1 News (D'après agences), le 03 août 2010 à 06h32 , mis à jour le 03 août 2010 à 10h38

Soumis à fortes pressions de divers gouvernements pour donner l'accès aux données cryptées des utilisateurs de Blackberry, RIM serait prêt à donner des gages en Inde. Silence radio, pour l'instant, en ce qui concerne les pays du Golfe.

[Expiré] [Expiré] Un homme utilisant son Blackberry à Dubaï (EUA) le 1er août 2010 © AFP

Le cas Blackberry, après avoir suscité la méfiance des autorités de certains pays, notamment de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, devient de plus en plus un dossier politique et a poussé le département d'Etat américain à sortir de sa réserve. Ces deux pays du Golfe viennent de décider de suspendre les services - messagerie, accès à Internet - qui font tout l'intérêt de ce téléphone, pendant que d'autres Etats, dont l'Inde, font pression pour avoir accès aux données de communication des clients. La suspension, faute d'un accord, devrait s'appliquer dès août en Arabie Saoudite et à partir du 11 octobre aux Emirats arabes unis. Les Etats-Unis se disent "déçus" d'une telle annonce. Philip Crowley, le porte-parole du département d'Etat, a promis de "clarifier avec les Emirats arabes unis" les raisons qui les ont poussés à prendre cette décision, jugeant qu'elle "crée un dangereux précédent". Car "cela concerne ce que nous considérons comme un élément important de la démocratie, des droits de l'homme, de la liberté d'informer et du flux d'informations au XXIe siècle".

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La reponse n'a pas tardé. "C'est une décision souveraine de l'Etat des Emirats arabes unis", a déclaré l'ambassadeur émirati à Washington, Youssef al-Otaïba, en réaction aux critiques du département d'Etat américain. Il a affirmé que son pays demandait le "même cadre juridique et réglementaire donné par le fabricant (le canadien Research in Motion, RIM) au gouvernement américain et à d'autres gouvernements".

Arabie Saoudite et Emirats arabes unis reprochent au Blackberry des "problèmes de sécurité". Le litige porte en fait sur le traitement et le stockage hors de leur pays par le groupe canadien RIM ("Research In Motion") des données de ses utilisateurs, ce qui empêche les Etats de surveiller ce qui se passe sur le réseau. Le débat s'est amplifié la semaine dernière, les autorités de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis accusant le Blackberry de permettre "aux individus de commettre des violations sans risque de poursuites, ce qui pourrait aboutir à des implications dangereuses pour la sécurité nationale, judiciaire et sociale".

RIM prêt à collaborer en Inde ?

Cette suspension survient alors que les Emirats sont accusés par l'ONG Reporters sans Frontières de "harceler et d'arrêter les utilisateurs" de BlackBerry qui auraient tenté d'organiser une manifestation contre l'augmentation des prix du pétrole en juillet. L'un des organisateurs, Badr al-Dhohori, 18 ans, est détenu depuis le 15 juillet, selon elle.

Ce bras-de-fer pourrait être résolu en donnant des gages aux autorités concernées. Ce qui permettrait de sauver les parts de marché du Blackberry... en sacrifiant la confidentialité des communications de ses clients. Les pressions se sont ainsi accentuées ces dernières semaines sur RIM afin qu'il offre un accès à ses données cryptées, afin que celles-ci puissent être surveillées par les services gouvernementaux en charge de la sécurité nationale. Or, selon le journal Economic Times, l'un des Etats à l'origine de ces pressions, l'Inde, serait prêt à obtenir des gages.

RIM, affirme le journal, aurait donné pour la première fois son accord aux autorités indiennes pour le partage des données cryptées transitant sur les serveurs de ses smartphones. D'après le quotidien indien, qui s'appuie sur des documents émanant du gouvernement, l'entreprise nord-américaine a proposé de fournir aux services du renseignement du pays les codes nécessaires pour avoir un libre accès aux mails des entreprises utilisant des Blackberry, et un accès limité à 15 jours à ceux des particuliers. Economic Times précise que RIM a par ailleurs développé six à huit outils permettant de surveiller les systèmes de messagerie instantanée disponibles sur BlackBerry. L'entreprise nord-américaine donnera dans la journée plus de précisions sur ces propositions au ministère indien des Télécommunications, indique Economic Times. Un porte-parole de RIM en Inde a déclaré pour sa part qu'il n'avait aucun commentaire à formuler.

Par TF1 News (D'après agences) le 03 août 2010 à 06:32
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