© sxc.huLe vin va coûter plus cher. C'est en substance ce qu'a laissé entendre la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF) qui table sur une récolte de vin 2010 peu abondante, alors que les stocks sont à un niveau faible. En d'autres termes ces deux facteurs devraient favoriser la hausse des prix pour les vins millésimés 2010 et incidemment améliorer les revenus des producteurs, s'est réjoui jeudi le président de la CCVF.
Denis Verdier, à la tête de l'organisme qui fédère 744 caves coopératives, représentant plus de 40% des surfaces et des quantités vinifiées en France, est catégorique : "Nous prévoyons une récolte inférieure à 47 millions d'hectolitres, c'est à dire qu'on sera légèrement en-dessous de l'année dernière" et bien en dessous de la moyenne des cinq dernières années. Le ministère de l'Agriculture avait annoncé début août des récoltes en hausse, à 47,7 millions d'hectolitres, mais le temps très sec du mois d'août, notamment en Languedoc-Roussillon, a selon M. Verdier inversé la tendance. Les récoltes devraient s'établir "partout à la baisse, hormis peut-être dans le Val de Loire", mais le soleil et le vent du nord ont engendré des raisins d'excellente qualité. "Il y a un potentiel pour un grand millésime 2010, mais ce sera un millésime de petite quantité", a résumé M. Verdier.
Marges des intermédiaires
Dans le même temps, la bonne santé du rosé sur le marché français conjuguée à des exportations en hausse d'environ 10% au premier semestre, sous l'effet de la baisse de l'euro, ont conduit à une diminution des stocks des producteurs. Conséquence de récoltes et de stocks faibles, "nous allons exiger de nos acheteurs une augmentation sensible des cours", a déclaré le président de la CCVF, jugeant les circonstances "favorables" à une hausse des prix. Une rencontre interprofessionnelle sur ce thème devrait avoir lieu début octobre, a précisé M. Vernier, qui demande en particulier "une hausse à deux chiffres sur le (vin) rouge".
Mais, l'augmentation ne doit pas se répercuter sur les consommateurs mais sur les marges pratiquées par les intermédiaires, précise-t-il en pressant l'Etat de renforcer l'Observatoire des prix et des marges, comme le prévoit la loi de modernisation de l'agriculture. Reste donc à savoir si les intermédiaires joueront le jeu...
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