Eleveur de porcs en Bretagne © TF1/LCILes producteurs de lait avaient déjà lancé, il y a quelques semaines, une campagne visant les grandes marques pour obtenir un accord sur les prix du lait. Stratégie apparemment payante : ce compromis, prévoyant une augmentation de 10% des prix en 2010 sur 2009, a finalement été signé mercredi dernier. Au tour désormais des producteurs de porc. Ils ont décidé de s'en prendre aux entreprises qui n'indiquent pas l'origine de la viande, surtout la charcuterie, qu'ils transforment. D'une manière simple et, espèrent-ils, efficace : le "stickage" - anglicisme pour "étiquetage". Tout repose en effet sur l'information du consommateur : lors d'opérations dans les grandes surfaces, les producteurs viendront apposer des étiquettes de couleur fluo indiquant "origine inconnue, exigez VPF" (du nom du label qui signifie : "viande de porc française"). Dans leur collimateur, des entreprises comme Aoste, Madrange, Herta, notamment qui ne mettent pas en avant l'origine de la viande et encore moins le fameux logo VPF.
L'objectif du mouvement est "de sensibiliser le consommateur à l'origine des produits qu'il achète", souligne Paul Auffray, secrétaire général de la fédération nationale porcine (FNP). "Cela pourrait permettre aux industriels de comprendre qu'un approvisionnement français est vital pour la production". La France compte actuellement quelque 8000 producteurs de porc, mais la filière est en continuelle diminution, tant la concurrence avec l'Allemagne et l'Espagne, respectivement premier et deuxième producteur européen, est pressante, rappelle de son côté Jean-Michel Serres, président de la FNP.
L'embellie attendue pour l'été n'a pas eu lieu
Cette opération est lancée alors que les responsables du secteur multiplient les appels du pied aux industriels de l'agro-alimentaire et au gouvernement. Mercredi, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a ainsi réclamé des hausses de prix au détail pour "sauver" les producteurs de viande bovine et porcine qui sont dans une situation "extrêmement difficile". Le matin même, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, avait promis pour le 14 septembre, lors du salon de l'élevage à Rennes, une série de mesures pour soutenir ces deux filières.
Il est vrai qu'après trois années de crise, la filière porcine française espérait une amélioration en 2010. Or sur les sept premiers mois de l'année, le prix du porc est en recul de 4,12% par rapport à 2009 avec une moyenne mensuelle de 1,14 euro le kilo. L'embellie attendue pour l'été n'a pas eu lieu non plus avec une consommation atone. Les éleveurs ont en outre dû faire face à une augmentation des prix de l'alimentation animale, avec l'envolée des cours de céréales.
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