Vue du quartier de "La Forestière", à Clichy-sous-Bois © www.abacapress.comLe maire socialiste de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, ne cache pas sa satisfaction : "On est contents et très fiers. On fait des efforts de gestion considérables". Si une bonne gestion reconnue est en soi un motif de fierté pour un élu, la manière dont cette reconnaissance est obtenue sort pourtant de l'ordinaire : par le biais... de l'agence de notation financière Moody's.
Plus connue pour ses notations financières de grandes entreprises en fonction du risque qu'elles représentent pour les investisseurs, Moody's note ainsi depuis quatre ans Clichy-sous-Bois, à la demande de la municipalité. Et le 22 novembre dernier, la note de la ville est passée de A1 à Aa3. Assortie d'une perspective stable, elle repose sur de bonnes perspectives financières, en amélioration constante ces dernières années, écrit l'agence dans son analyse des résultats. La dette de la ville est passée de 115% des recettes en 2004 à 71% en 2009, indique Moody's. Un résultat en-dessous de la moyenne nationale qui s'établit à 78% en 2008. Et d'autant plus méritoire que la ville compte parmi les plus pauvres de France. Et que cette ville enclavée de près de 30.000 habitants avait fait du jour au lendemain la une des médias en octobre 2005... lorsque les émeutes urbaines y avaient démarré.
Les avantages d'une bonne note chez Moody's
"J'en avais assez d'entendre que les villes pauvres étaient mal gérées, et qu'elles étaient pauvres parce qu'elles étaient mal gérées", souligne Claude Dilain. "Quand on est pauvre, on gère très bien", ajoute-t-il. "Nous faisons un maximum d'économie sur le fonctionnement pour pouvoir faire des investissements sans trop emprunter. On s'était fixé de ne pas emprunter plus que la moitié de ce qu'on remboursait".
Selon le maire, la ville est pauvre parce que, construite dans les années 1960 sur le mode des grands ensembles résidentiels, elle ne profite d'aucune activité économique. Et parallèlement, les dépenses sociales y sont très élevées. Mais, estime l'élu, elle redresse la tête. La ville s'est "énormément désendettée", se félicite-t-il. Cette année, elle a un programme d'investissement de 20 millions d'euros, "un record absolu". "Je suis maire depuis 15 ans et jamais je n'aurais pensé que je pourrais faire un investissement de 20 millions", assure-t-il. Du coup, cette note de Moody's "nous permet d'emprunter plus facilement avec des taux d'intérêt plus faibles".
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