Plusieurs fois annoncé, et à chaque fois reporté, le bouclage de la recapitalisation d'Areva a été officialisé vendredi par le ministère de l'Economie. Le groupe nucléaire public recevra 900 millions d'euros, dont les deux tiers (600 millions) seront apportés par KIA, le fonds souverain du Koweït, et le dernier tiers par l'Etat français. Dans le cadre de cette augmentation de capital, qui valorise Areva à 11,5 milliards d'euros, KIA va acquérir une part de 4,8% du capital du groupe public, précise Bercy. Le titre Areva - dont 4% du capital est coté via des certificats d'investissement (actions sans droit de vote) - a été suspendu vendredi matin à la Bourse de Paris à la demande des autorités boursières. Son cours a été arrêté à 351,30 euros.
Areva et la Chine: la récolte s'annonce bonne
A l'occasion de la visite du président chinois en France cette semaine, Areva devrait signer un bon nombre de contrats juteux, annonce mardi le journal Les Echos.
Publié le 02/11/2010
"Les deux propositions (...) seront examinées le 11 décembre par le conseil de surveillance d'Areva", ajoute le communiqué de Bercy. Ce conseil a été convoqué samedi à 10 heures, a par ailleurs précisé une porte-parole du groupe. "L'Etat et KIA se sont par ailleurs accordés sur les grandes lignes d'un pacte d'actionnaires prévoyant notamment que l'Etat s'engage à faire ses meilleurs efforts pour coter les actions du groupe d'ici la fin du premier semestre 2011", poursuit le communiqué. "Cela est appelé à se poursuivre l'année prochaine avec d'autres partenaires, notamment industriels", ajoute-t-on au ministère.
Des rebondissements en chaîne depuis l'été 2009
Feuilleton à multiples rebondissements depuis l'été 2009, l'augmentation de capital d'Areva, réclamée depuis des années par la patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, a nécessité la participation de l'Etat, ce qui n'était pas prévu au début. Il y a quelques semaines, outre le fonds koweïtien, deux autres candidats étaient désireux d'investir dans le groupe nucléaire: le fonds souverain du Qatar et le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries. Mais les négociations ont finalement achoppé avec les deux, poussant l'Etat à mettre la main au pot, s'il voulait tenir son délai d'une augmentation de capital d'ici fin 2010.
Pour financer ses importants besoins en investissements, notamment pour le réacteur nouvelle génération EPR, Areva a déjà vendu à contrecoeur sa division de Transmission et Distribution (T&D) à Alstom et Schneider pour 4 milliards d'euros et 3,65% du capital de l'équipementier aéronautique et de défense Safran pour quelque 310 millions d'euros. Dans son communiqué, la ministre de l'Economie Christine Lagarde ajoute que les 14% détenus par Areva dans le fabricant franco-italien de composants STMicroelectronics font "l'objet de discussions en vue d'un reclassement au sein du secteur public". Selon Bercy, Areva disposerait après la cession de ses parts dans STMicroelectronics d'un "montant de 5 à 6 milliards d'euros" de financements.
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