Espionnage chez Renault : "Je suis trahi, traîné dans la boue"

Par TF1 News, le 24 janvier 2011 à 14h18 , mis à jour le 24 janvier 2011 à 14h25

Au lendemain de l'intervention du patron de Renault, Carlos Ghosn, sur TF1, un des cadres du constructeur mis en cause dans une affaire d'espionnage industriel contre-attaque, et veut qu'on lui dise précisément de quoi on l'accuse.

Renault constructeur automobileLe siège du constructeur automobile Renault à Boulogne-Billancourt © ABACA

Alors que les accusations d'espionnage agitent Renault depuis des semaines, le patron du groupe, Carlos Ghosn, s'est livré dimanche soir à une attaque en règle contre les cadres soupçonnés d'avoir tenté de vendre des secrets industriels à l'étranger. "Nous avons des certitudes. Si on n'avait pas de certitudes, nous n'en serions pas là", a-t-il lancé en plein 20 heures de TF1. Prié de préciser les preuves dont dispose le groupe, il a répondu : "Elles sont multiples et c'est bien pourquoi nous avons déposé une plainte contre X". Mais quelles sont ces preuves, au juste ? Sur ce point, le patron de Renault n'en a pas dit plus, estimant qu'il appartenait à la justice d'évoquer cette question : "Nous allons collaborer et nous allons être très discrets sur cette affaire".

  • Renault : un scandale à 11 millions ?

    L'addition du scandale de la fausse affaire d'espionnage chez Renault, qui a conduit le constructeur à licencier plusieurs cadres "manu militari" avant de leur présenter des excuses, pourrait grimper à 11 millions, révèle une enquête de Marianne.

    Publié le 08/04/2011 Renault : un scandale à 11 millions ?
  • Le facturier de Renault se dit "manipulé"

    Mis en examen pour des soupçons de fausses factures dans la fausse affaire d'espionnage de Renault, Michel Luc détaille sa défense dans Le Parisien. "Je m'étonne que Renault se présente en victime", dénonce-t-il, "alors que c'est le groupe qui a mis en place ce système des fausses factures".

    Publié le 01/04/2011 Le facturier de Renault se dit "manipulé"
  • Renault : un ancien agent secret belge nie être la "source" de Gevrey

    Dominique Gevrey, mis en examen dans l'enquête sur une escroquerie au renseignement chez Renault, avait présenté cet ancien agent comme sa "source" lors de sa première audition le 13 mars.

    Publié le 29/03/2011 Renault : un ancien agent secret belge nie être la "source" de Gevrey
  • Renault : Gevrey a livré un nom

    Le responsable de la sécurité de Renault, mis en examen pour escroquerie aux dépens du constructeur, a livré un nom au juge d'instruction qu'il présente comme celui de sa "source".

    Publié le 18/03/2011 Renault : Gevrey a livré un nom
  • Renault : les enquêteurs sur la piste d'un compte suisse détenu par Gevrey

    L'argent que Renault a versé pour rémunérer les fausses informations censées étayer les accusations d'espionnage portées contre trois de ses cadres a été partiellement retrouvé sur un compte suisse ouvert par un de ses agents de sécurité.

    Publié le 15/03/2011 Renault : les enquêteurs sur la piste d'un compte suisse détenu par Gevrey
  • Espionnage : Renault fait son mea culpa

    La direction de Renault a présenté lundi ses "excuses" aux 3 cadres "mis en cause à tort" dans le scandale d'espionnage industriel présumé, quelques instants après que le parquet a officiellement annoncé qu'aucun d'eux n'avait de comptes à l'étranger.

    Publié le 14/03/2011 Espionnage : Renault fait son mea culpa
  • Renault convoque un conseil d'administration extraordinaire

    Au lendemain de la mise en examen d'un de ses responsables de la sécurité, la firme au losange a annoncé la tenue d'un conseil d'aministration exceptionnel ce lundi à 16 heures. Le procureur de Paris doit s'exprimer juste avant devant la presse.

    Publié le 14/03/2011 Renault convoque un conseil d'administration extraordinaire
  • Affaire Renault : Gevrey mis en examen et placé en détention

    Dominique Gevrey, interpellé vendredi à Roissy alors qu'il s'apprêtait à partir en Guinée, a été mis en examen pour escroquerie. Selon nos informations, les deux autres hommes qui avaient été placés en garde à vue puis libérés affirment qu'il centralisait toute l'enquête sur des soupçons d'espionnage.

    Publié le 13/03/2011 Affaire Renault : Gevrey mis en examen et placé en détention
  • Affaire Renault : Gevrey présenté à un juge

    Dominique Gevrey, interpellé vendredi à Roissy alors qu'il s'apprêtait à partir en Guinée, pourrait être mis en examen pour escroquerie. Selon nos informations, les deux autres hommes qui avaient été placés en garde à vue, et ont été libérés, affirment qu'il centralisait toute l'enquête sur des soupçons d'espionnage.

    Publié le 13/03/2011 Affaire Renault : Gevrey présenté à un juge
  • Un responsable de la sécurité de Renault devant un juge

    Dominique Gevrey, qui a été interpellé vendredi à l'aéroport de Roissy alors qu'il s'apprêtait à partir en Guinée, pourrait être mis en examen pour escroquerie. En revanche, aucune charge n'a été retenue contre les deux autres responsables de la sécurité de Renault.

    Publié le 13/03/2011 Un responsable de la sécurité de Renault devant un juge
  • Renault : pas plus d'informateur anonyme que de comptes à l'étranger?

    Selon nos informations, les enquêteurs en charge d'une possible affaire d'espionnage chez Renault doutent désormais de l'existence de l'informateur anonyme dont les révélations ont conduit au licenciement de trois cadres de la marque au losange. Ces derniers n'ont officiellement pas de comptes au Liechtenstein.

    Publié le 12/03/2011 Renault : pas plus d'informateur anonyme que de comptes à l'étranger?
  • Renault : le directeur de la sécurité également en garde à vue

    Selon nos informations, Rémi Pagnie, directeur de la protection et de la sécurité du groupe Renault a rejoint samedi deux de ses enquêteurs déjà en garde à vue. Les policiers, en charge d'une possible affaire d'espionnage chez Renault, doutent désormais de l'existence de l'informateur anonyme dont les révélations ont conduit au licenciement de trois cadres de la marque au losange.

    Publié le 12/03/2011 Renault : le directeur de la sécurité également en garde à vue
  • Deux enquêteurs de Renault en garde à vue

    Deux enquêteurs du service de sécurité de Renault ont été placés vendredi en garde à vue à la Direction centrale du renseignement intérieur dans le cadre de l'affaire d'espionnage industriel présumé, révèle Europe 1.

    Publié le 11/03/2011 Deux enquêteurs de Renault en garde à vue
  • Renault: un des cadres adresse une sommation à Sarkozy

    L'un des trois cadres mis en cause par la firme au losange pour des soupçons d'espionnage a adressé une "sommation interpellative" à Nicolas Sarkozy et Michel Mercier, pour obtenir la plainte du constructeur automobile.

    Publié le 11/03/2011 Renault: un des cadres adresse une sommation à Sarkozy
  • Renault prêt à dévoiler l'identité de son "informateur" 

    Renault a demandé à deux de ses employés de livrer à la police l'identité d'un mystérieux "informateur" ayant étayé des accusations d'espionnage portées par le constructeur en justice contre trois de ses cadres.

    Publié le 09/03/2011 Renault prêt à dévoiler l'identité de son "informateur" 
  • Renault: l'informateur anonyme réclame 900.000 euros

    Les responsables de la sécurité de Renault ont pour l'heure refusé de dévoiler l'identité de cette source qui, selon Le Canard, s'est dite prête à apporter les preuves écrites de ses accusations.

    Publié le 09/03/2011 Renault: l'informateur anonyme réclame 900.000 euros
  • Espionnage : Renault dément toute "manipulation"

    L'avocat de la firme au losange a estimé jeudi qu'on ne pouvait pour l'heure affirmer que le groupe automobile a été victime de "manipulation" et non d'espionnage. Selon nos informations, il n'existerait aucune trace de comptes en banque à l'étranger.

    Publié le 03/03/2011 Espionnage : Renault dément toute "manipulation"
  • Espionnage : Renault admet l'hypothèse d'une manipulation

    La direction de Renault commencerait à envisager l'idée d'avoir été manipulée dans le cadre d'une affaire supposée d'espionnage industriel, affirme Libération. Selon nos informations, aucun des trois salariés ne possèderaient de comptes à l'étranger et la DCRI aurait découvert l'existence d'un cabinet occulte au sein de l'entreprise.

    Publié le 02/03/2011 Espionnage : Renault admet l'hypothèse d'une manipulation
  • Espionnage chez Renault: pas de compte en suisse pour un des cadres

    Le volet suisse de l'enquête sur les soupçons d'espionnage par trois cadres de Renault n'aurait rien donné sur sur l'existence de comptes bancaires en Suisse pour l'un d'entre eux.

    Publié le 23/02/2011 Espionnage chez Renault: pas de compte en suisse pour un des cadres
  • Renault : l'enquête pour espionnage menée via un salarié de Geos

    Le Canard Enchaîné révèle qu'un salarié de la société de sécurité a joué les intermédiaires entre le constructeur et des détectives privés dans le cadre d'une enquête pour espionnage industriel. Geos se désolidarise de son employé.

    Publié le 02/02/2011 Renault : l'enquête pour espionnage menée via un salarié de Geos
  • Renault : "l'espion" se rebiffe

    Refusant les accusations "d'espionnage" portées contre lui, un des cadres de Renault visé par une procédure de licenciement attaque le constructeur automobile en diffamation.

    Publié le 18/01/2011 Renault : "l'espion" se rebiffe
  • Renault : enquête préliminaire confiée au contre-espionnage

    Le parquet de Paris a annoncé vendredi soir l'ouverture d'une enquête préliminaire confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) sur l'affaire d'espionnage industriel qui secoue le constructeur automobile.

    Publié le 14/01/2011 Renault : enquête préliminaire confiée au contre-espionnage
  • La plainte de Renault vise une société étrangère

    Le constructeur automobile a porté plainte contre X jeudi auprès du procureur de la République de Paris pour espionnage industriel en bande organisée.

    Publié le 13/01/2011 La plainte de Renault vise une société étrangère
  • Renault : un corbeau à l'origine des accusations ?

    Selon l'avocat de l'un d'entre eux, une "lettre anonyme" est à l'origine des accusations d'espionnage portées par la direction de Renault contre les 3 cadres dirigeants mis à pied. Tous les trois réfutent les accusations.

    Publié le 11/01/2011 Renault : un corbeau à l'origine des accusations ?
  • Espionnage chez Renault : l'affaire prend un tour diplomatique

    "Il n'y a pas d'accusation officielle de la France", a rappelé François Baroin après les protestations de la Chine.

    Publié le 11/01/2011 Espionnage chez Renault : l'affaire prend un tour diplomatique
  • Affaire d'espionnage : un salarié de Renault "abasourdi" par les accusations

    L'un des trois salariés soupçonné par Renault d'avoir diffusé à l'extérieur des informations sensibles proteste et attend des explications de son entreprise.

    Publié le 07/01/2011 Affaire d'espionnage : un salarié de Renault "abasourdi" par les accusations
  • Espionnage chez Renault : Carlos Ghosn s'explique au 20h

    Resté jusque là silencieux, le PDG de Renault s'est longuement expliqué dimanche sur l'affaire d'espionnage industriel qui touche son groupe. "Les preuves sont multiples", a-t-il assuré, soulignant que son groupe ne veut pas apparaître comme une "cible molle".

    Publié le 23/01/2011 Espionnage chez Renault : Carlos Ghosn s'explique au 20h
  • Espionnage chez Renault : que s'est-il passé au juste ?

    Renault a porté plainte contre X pour "fourniture d'éléments intéressant le secret économique français à une puissance étrangère" et licencié 3 cadres qui nient en bloc. Retour sur une affaire qui comporte de nombreuses zones d'ombre.

    Publié le 23/01/2011 Espionnage chez Renault : que s'est-il passé au juste ?
Plus d'infos

Discrétion mal placée, aux yeux de Bertrand Rochette, un des cadres mis en cause par Renault, qui a choisi de contre-attaquer lundi. "Je me sens trahi, je suis traîné dans la boue", a-t-il déploré au cours d'une conférence de presse dans le cabinet de ses avocats. "Je suis dans l'ignorance de ce qui pourrait fonder mon licenciement pour faute lourde après 22 ans chez Renault", a-t-il ajouté. "Cela fait maintenant trois semaines que je suis accusé à tort d'espionnage industriel", a poursuivi Bertrand Rochette, regrettant d'avoir été "jeté comme un malpropre" et "déterminé à ne pas être le bouc émissaire de cette affaire" et à être réintégré dans l'entreprise.

"Rien de précis"

Renault a déclenché en août 2010 une enquête interne après l'envoi d'une lettre anonyme. L'affaire a conduit à la mise à pied de trois cadres du constructeur soupçonnés d'avoir diffusé des informations sensibles, et au dépôt le 13 janvier d'une plainte contre X "pour des faits constitutifs d'espionnage industriel, de corruption, d'abus de confiance, de vol et recel, commis en bande organisée". Bertrand Rochette, qui assure n'avoir jamais possédé de compte à l'étranger ni été en Chine, a de son côté déposé une citation contre Renault pour diffamation non publique.

"Nous sommes dans une situation qui n'a rien à voir avec un Etat de droit", a de son côté dénoncé un des avocats, Me Christian Charrière-Bournazel, qui a demandé au procureur de Paris Jean-Claude Marin, la communication de la plainte de Renault. "Malheureusement, M. Marin n'a pas jugé nécessaire de nous répondre", a regretté l'avocat, s'interrogeant sur "les instructions" éventuelles données au procureur, qui n'est "pas un magistrat indépendant". Et de protester : "Je ne peux admettre que celui qui mène l'enquête ne me dise pas ce qu'on reproche à mon client". Selon lui, le président de Renault Carlos Ghosn "s'est répandu dans la presse sans rien dire de précis".

Quant à Bertrand Rochette, il a réaffirmé qu'il était "prêt à fournir toutes les réponses" aux enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur. "Mais je n'ai pas encore été convoqué", a-t-il ajouté. Informé des soupçons qui pesaient sur lui "le 3 janvier à 8 heures", l'ancien directeur des avant-projets véhicules assure que ses fonctions ne le disposaient pas à être en contact avec l'extérieur ou des sous-traitants. "Je suis pris dans une machine, un système qui me dépasse dans lequel il y a des intérêts très importants", accuse aujourd'hui ce cadre, qui percevait 120.000 euros net annuels et a été licencié le 14 janvier. Bertrand Rochette a rapporté être allé en Suisse le 4 janvier avec des responsables de la sécurité de Renault sans finalement qu'il puisse "approcher de la banque" où il aurait disposé d'un compte. Selon lui, "cette manoeuvre était destinée à me faire parler, trébucher".

Par TF1 News le 24 janvier 2011 à 14:18
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