Le Medef veut faire des 35 heures un débat central pour 2012

le 18 janvier 2011 à 18h13 , mis à jour le 18 janvier 2011 à 18h21

La présidente du Medef Laurence Parisot a souhaité mardi que "le débat présidentiel" en vue de l'élection de 2012 s'empare de la question des 35 heures, qu'elle a à nouveau stigmatisées.

Laurence Parisot, la présidente du Medef lors du sommet social du 18 févrierLaurence Parisot, la présidente du Medef lors du sommet social du 18 février 2009. © Reuters

Haro sur les 35 heures ! La présidente du Medef Laurence Parisot a souhaité mardi que "le débat présidentiel" en vue de l'élection de 2012 s'empare de la question des 35 heures, qu'elle a à nouveau stigmatisées en les qualifiant d'"hydre de Lerne", cette créature mythologique que le héros grec Hercule avait pour mission de tuer.

Plus d'infos

 
Car pour Laurence Parisot, ces 35 heures sont l'objectif à abattre. "Oui, il faut qu'il y ait un débat sur la durée du travail, oui il faut revenir sur ces mécanismes. Il faut que le débat présidentiel s'en préoccupe, en tout premier lieu", a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle. Sans faire référence directement aux déclarations de Manuel Valls (PS) et Jean-François Copé (UMP) sur ce dossier, Laurence Parisot s'est réjouie de voir que "la durée du travail s'est installée dans le débat public", ce qui est "le fait nouveau de la nouvelle année". "Ce débat, il est essentiel qu'il se poursuive et qu'il se conclue, définitivement", a-t-elle ajouté. Selon elle, malgré les "nombreuses mesures" prises depuis 2003, "les 35 heures restent une sorte d'hydre de Lerne" et "ça fait peur". La responsable du Medef a jugé que le dispositif légal et réglementaire sur le temps de travail était "extraordinairement négatif pour notre économie".
 
Pendant près d'une heure, elle a commenté des données d'Eurostat à l'appui de cette thèse, portant à la fois sur le coût du travail et la durée du travail qu'"on ne peut pas séparer" dans l'analyse. Selon ces statistiques européennes, la durée moyenne hebdomadaire et effective de travail des salariés à temps plein serait encore inférieure de 1h12 en France par rapport à l'Allemagne, alors que l'écart était de 18 mn en 1990, et de 2h12 en 2002.

Charges trop élevées
 
Avançant les mêmes sources, Mme Parisot s'est plainte d'un coût horaire de la main-d'oeuvre, après intégration des allègements de charges, supérieur "de 23%" en France par rapport à l'Allemagne. Cela tient notamment au fait que "le taux de charge sur les rémunérations" est, pour l'employeur, "le plus élevé de l'Union européenne", atteignant 50% contre 28% en Allemagne. Mme Parisot a enfin argué qu'"il n'y a pas eu de compensation de l'effet 35h par une augmentation de la productivité". Même si la productivité horaire en France est "parmi les plus élevées au monde", elle a baissé ces dix dernières années, a-t-elle déploré, produisant un graphique de la direction générale du Trésor.
 
Parmi "les pistes" pour une réforme, la dirigeante patronale a envisagé de "passer à une durée conventionnelle (du travail) à la place d'une durée légale" (35 heures actuellement) qui serait fixée "par branche ou par entreprise". A noter que ce genre d'accord par branche existe déjà : depuis 2008, il est possible de déroger par accord d'entreprise à la durée légale du travail. Plutôt que la durée hebdomadaire, elle a par ailleurs estimé qu'il faudrait "peut-être privilégier la durée mensuelle, trimestrielle ou annuelle".

le 18 janvier 2011 à 18:13
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41 Commentaires

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  • sambrest, le 19/01/2011 à 20h54

    Le problème n'est pas la durée du travail. le problème est qu'on rémunère plus le capital que le travail, ce qui est un non-sens.

  • sambrest, le 19/01/2011 à 20h51

    J'oubliais : piétiner le Code du Travail doit aussi être dans les tuyaux de l'organisation patronale...

  • phil_grenoble, le 19/01/2011 à 18h56

    D'un point de vue social, les 35h ont tellement été aménagées qu'elles ne concernent qu'une minorité de personnes qu'on retrouve dans les grandes administrations et les sociétés du CAC40. Pour le Medef c'est un enjeu politique plus qu'économique: faire plier la gauche.Quant au gouvernement il s'agit de récupérer les allègements de charges qui vont avec les 35h. Pour l'opposition, c'est une toujours une mesure emblèmatique même si son objectif initial qui avait pour vocation de créeer de l'emploi est un ratage. en bref, on se fout de nous.

  • kosotto1, le 19/01/2011 à 16h08

    Al38240 : c'est de l'humour ! pffffff

  • kosotto1, le 19/01/2011 à 16h06

    Excellente idée kikigii44 : vous les voyez avec une banderole adressée à notre Président "et tu la vois la grève là ?"

  • jghttc, le 19/01/2011 à 12h33

    Mme Parisot se contente de reprendre des thèses déjà longuement exprimées par MM.Valls, Copé et même Sarkozy... Il est trop facile de paraphraser autrui !

  • al38240, le 19/01/2011 à 11h14

    Comme tous les syndicats français !

  • al38240, le 19/01/2011 à 11h13

    Quels pays nous ont copié les 35 h ???

  • al38240, le 19/01/2011 à 11h11

    Tous les syndicats français sont très peu représentatifs !

  • alain-paris, le 19/01/2011 à 10h53

    C'est vrai que c'est quasiment la misère : 36 milliards de dividendes pour le CAC 40 en 2009, 40 milliards en 2010 et 43 prévus cette année

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