Laurence Parisot, la présidente du Medef lors du sommet social du 18 février 2009. © ReutersHaro sur les 35 heures ! La présidente du Medef Laurence Parisot a souhaité mardi que "le débat présidentiel" en vue de l'élection de 2012 s'empare de la question des 35 heures, qu'elle a à nouveau stigmatisées en les qualifiant d'"hydre de Lerne", cette créature mythologique que le héros grec Hercule avait pour mission de tuer.
Compétitivité : la France paye les 35 heures. Mais pas uniquement...
Selon une étude remise à Eric Besson, la France décroche par rapport à l'Allemagne en termes de compétitivité.
Publié le 20/01/2011
Car pour Laurence Parisot, ces 35 heures sont l'objectif à abattre. "Oui, il faut qu'il y ait un débat sur la durée du travail, oui il faut revenir sur ces mécanismes. Il faut que le débat présidentiel s'en préoccupe, en tout premier lieu", a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle. Sans faire référence directement aux déclarations de Manuel Valls (PS) et Jean-François Copé (UMP) sur ce dossier, Laurence Parisot s'est réjouie de voir que "la durée du travail s'est installée dans le débat public", ce qui est "le fait nouveau de la nouvelle année". "Ce débat, il est essentiel qu'il se poursuive et qu'il se conclue, définitivement", a-t-elle ajouté. Selon elle, malgré les "nombreuses mesures" prises depuis 2003, "les 35 heures restent une sorte d'hydre de Lerne" et "ça fait peur". La responsable du Medef a jugé que le dispositif légal et réglementaire sur le temps de travail était "extraordinairement négatif pour notre économie".
Pendant près d'une heure, elle a commenté des données d'Eurostat à l'appui de cette thèse, portant à la fois sur le coût du travail et la durée du travail qu'"on ne peut pas séparer" dans l'analyse. Selon ces statistiques européennes, la durée moyenne hebdomadaire et effective de travail des salariés à temps plein serait encore inférieure de 1h12 en France par rapport à l'Allemagne, alors que l'écart était de 18 mn en 1990, et de 2h12 en 2002.
Charges trop élevées
Avançant les mêmes sources, Mme Parisot s'est plainte d'un coût horaire de la main-d'oeuvre, après intégration des allègements de charges, supérieur "de 23%" en France par rapport à l'Allemagne. Cela tient notamment au fait que "le taux de charge sur les rémunérations" est, pour l'employeur, "le plus élevé de l'Union européenne", atteignant 50% contre 28% en Allemagne. Mme Parisot a enfin argué qu'"il n'y a pas eu de compensation de l'effet 35h par une augmentation de la productivité". Même si la productivité horaire en France est "parmi les plus élevées au monde", elle a baissé ces dix dernières années, a-t-elle déploré, produisant un graphique de la direction générale du Trésor.
Parmi "les pistes" pour une réforme, la dirigeante patronale a envisagé de "passer à une durée conventionnelle (du travail) à la place d'une durée légale" (35 heures actuellement) qui serait fixée "par branche ou par entreprise". A noter que ce genre d'accord par branche existe déjà : depuis 2008, il est possible de déroger par accord d'entreprise à la durée légale du travail. Plutôt que la durée hebdomadaire, elle a par ailleurs estimé qu'il faudrait "peut-être privilégier la durée mensuelle, trimestrielle ou annuelle".
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