Le jeu Plan social © DRIl était une fois un actionnaire sans pitié, qui devait se débarrasser le plus rapidement possible de ses salariés. Faisant fi de l'humain et preuve d'une cruauté sans faille, il devait licencier et licencier pour -enfin- pouvoir délocaliser son entreprise en Chine. Non, ce n'est pas la trame d'un énième drame social, de ceux qui fleurissent quotidiennement dans la presse. Voici la trame d'un jeu de société qui remporte curieusement son petit succès. Son nom ? Plan social. Oui, simple, efficace. Les 3.000 exemplaires proposés début novembre sont partis comme des petits pains. Actuellement, 10.000 boîtes sont en édition.
Ce patron sans cœur, et bien c'est vous. Tremblez salarié, car pour remporter la partie vous ne devrez faire preuve d'aucune mais alors aucune compassion. Vos pauvres employés peuvent remballer leur pancarte, refouler leurs larmes, pour gagnez il faut virer. Le principe du jeu en lui-même n'a rien de fou-fou : des joueurs cyniques, 54 cartes distribuées, une pioche avec la trombine de salarié. En bref, c'est un mélange de huit Américain et de 7 familles sans parents, ni gamins, ni vieux. A leurs place, différents types d'employés : un représentant en armes d'auto-défense, un esclave de chantier, une travailleuse sans-papier, poseuse d'amiante... Qui pointeront tous bientôt au chômage si vous vous débrouillez bien.
Et oui, c'est furieusement cynique, politiquement incorrect et bizarrement, vu la morosité économique ambiante, ça cartonne. "Les gens l'achètent par deux, raconte Stéphane Daniel, gérant de la petite maison d'édition de jeux Arplay, qui distribue Plan Social. Dernièrement, un père l'a même acheté à sa fille DRH !". Le jeu a été inventé par La Marwanny corporation, petite boîte bretonne. Une précision, ce Plan social est conçu et fabriqué en France. "En Chine, ça aurait été moins logique", estime Stéphane Daniel. Sans doute mais on aurait eu là un bon gagnant à ce Plan social.
Le site des éditions Arplay en cliquant ici
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