La compagnie ferroviaire Eurostar, qui assure des liaisons commerciales entre Paris, Bruxelles et Londres depuis l'ouverture du tunnel sous la Manche en 1994, a annoncé le 7 octobre dernier son intention d'acheter des rames à grande vitesse Siemens... au détriment du fournisseur historique Alstom. Un marché de quelque 800 millions d'euros... et une décision qui a provoqué la colère des pouvoirs publics français. Surtout lorsqu'un train Siemens a circulé sous la Manche en guise de test. Pour le transport à grande vitesse de passagers dans le tunnel, seuls les trains de passagers longs de 400 m et d'un seul tenant sont actuellement autorisés, se sont empressées de rappeler les autorités françaises. Or, les ICE3 sont composés de rames de 200 m de long. Concrètement, seules les rames d'Eurostar sont actuellement autorisées.
Protectionnisme déguisé ? C'est l'accusation souvent faite côté allemand. Du coup, une commission franco-britannique a été mise sur pied pour arbitrer. Et s'il faut en croire le Financial Times, l'Agence ferroviaire européenne devrait donner raison à Siemens lorsqu'elle rendra, au cours de la journée, son avis technique sur la circulation de nouveaux types de trains dans le tunnel sous la Manche.
Selon le quotidien britannique, qui a consulté une version préliminaire du rapport sur lequel s'appuiera la commission franco-britannique chargée de trancher le dossier, et doit rendre sa décision en avril, l'agence conclurait qu'il n'y a pas de base logique pour établir une distinction entre la manière dont Siemens et son concurrent Alstom conçoivent leurs TGV. Même si, dans l'architecture Siemens, le système de propulsion des TVG est réparti tout au long du train tandis que chez Alstom, il est concentré dans la voiture motrice. Le Financial Times ajoute que le rapport de l'autorité ferroviaire devrait aussi contester la proposition française qu'un audit soit réalisé pour vérifier la sécurité relative des deux designs.
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