Le siège du constructeur automobile Renault à Boulogne-Billancourt © ABACARenault avait conscience dès février de s'être fourvoyé dans un faux scandale d'espionnage, selon un document révélé par L'Express.fr et France 2 lundi qui atteste de façon accablante que le groupe avait choisi de licencier sans preuves les cadres mis en cause dans l'affaire. Le constructeur automobile français avait aussi délibérément opté pour masquer cette absence de preuves aux enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), alors qu'il doutait déjà de la source présumée du responsable de sa sécurité à l'origine des accusations, selon ce document.
L'affaire d'espionnage chez Renault relancée par une nouvelle plainte ?
Quatre salariés-actionnaires du constructeur ont porté plainte pour "abus de biens sociaux, faux et usage de faux et recel", dénonçant une série "d'opérations financières opaques" pratiquées lors de l'affaire d'espionnage qui avait conduit au licenciement de trois cadres de l'entreprise.
Publié le 03/05/2012
Le facturier de Renault se dit "manipulé"
Mis en examen pour des soupçons de fausses factures dans la fausse affaire d'espionnage de Renault, Michel Luc détaille sa défense dans Le Parisien. "Je m'étonne que Renault se présente en victime", dénonce-t-il, "alors que c'est le groupe qui a mis en place ce système des fausses factures".
Publié le 01/04/2011
Renault : un ancien agent secret belge nie être la "source" de Gevrey
Dominique Gevrey, mis en examen dans l'enquête sur une escroquerie au renseignement chez Renault, avait présenté cet ancien agent comme sa "source" lors de sa première audition le 13 mars.
Publié le 29/03/2011
Renault: Gevrey a suivi les ordres d'une direction "paranoïaque"
Selon son avocat, le responsable de la sécurité de Renault mis en examen et incarcéré dans l'affaire d'escroquerie touchant le constructeur, n'a fait qu'"appliquer" les ordres donnés par la direction.
Publié le 22/03/2011
L'ex-chef de la sécurité de Renault convoqué pour licenciement
Dominique Gevrey, mis en examen dimanche dernier pour escroquerie en bande organisée dans le cadre de l'affaire Renault, est pour l'heure en détention provisoire à la prison de la Santé ; il sera donc représenté par un délégué syndical.
Publié le 22/03/2011
Renault, le quatrième cadre débouté
Philippe Clogenson, ex-cadre de Renault qui souhaitait avoir connaissance de documents ayant conduit à son licenciement en 2009 après des accusations de corruption, a été débouté lundi par le tribunal de grande instance de Nanterre.
Publié le 21/03/2011
Renault : Gevrey a livré un nom
Le responsable de la sécurité de Renault, mis en examen pour escroquerie aux dépens du constructeur, a livré un nom au juge d'instruction qu'il présente comme celui de sa "source".
Publié le 18/03/2011
Renault : les enquêteurs sur la piste d'un compte suisse détenu par Gevrey
L'argent que Renault a versé pour rémunérer les fausses informations censées étayer les accusations d'espionnage portées contre trois de ses cadres a été partiellement retrouvé sur un compte suisse ouvert par un de ses agents de sécurité.
Publié le 15/03/2011
Le gouvernement maintient la pression sur Renault
Après le mea-culpa lundi de Carlos Ghosn sur TF1, le porte-parole du gouvernement François Baroin et le ministre de l'Industrie Eric Besson ont déclaré que l'affaire ne pourra pas rester sans suite.
Publié le 15/03/2011
Espionnage : Renault fait son mea culpa
La direction de Renault a présenté lundi ses "excuses" aux 3 cadres "mis en cause à tort" dans le scandale d'espionnage industriel présumé, quelques instants après que le parquet a officiellement annoncé qu'aucun d'eux n'avait de comptes à l'étranger.
Publié le 14/03/2011
Affaire Renault : Gevrey présenté à un juge
Dominique Gevrey, interpellé vendredi à Roissy alors qu'il s'apprêtait à partir en Guinée, pourrait être mis en examen pour escroquerie. Selon nos informations, les deux autres hommes qui avaient été placés en garde à vue, et ont été libérés, affirment qu'il centralisait toute l'enquête sur des soupçons d'espionnage.
Publié le 13/03/2011
Un responsable de la sécurité de Renault devant un juge
Dominique Gevrey, qui a été interpellé vendredi à l'aéroport de Roissy alors qu'il s'apprêtait à partir en Guinée, pourrait être mis en examen pour escroquerie. En revanche, aucune charge n'a été retenue contre les deux autres responsables de la sécurité de Renault.
Publié le 13/03/2011
Lors d'une réunion le 14 février, ce responsable, Dominique Gevrey, mis en examen et incarcéré depuis, se retrouve pressé de fournir des preuves tangibles par le directeur juridique de Renault, Christian Husson, atteste un enregistrement diffusé au journal de 20H de France 2. "Donne-nous des pistes, aide-nous à trouver la solution !", lui déclare M. Husson, appuyé par l'avocat de Renault, Me Jean Reinhart, selon le verbatim de la réunion publié sur le site internet de L'Express. Les deux hommes s'inquiètent manifestement de n'avoir aucune trace écrite prouvant l'existence des présumés comptes bancaires en Suisse et au Liechtenstein, sur lesquels les trois cadres licenciés en janvier par le groupe sont accusés par la source de M. Gevrey d'avoir touché des pots-de-vin. "Si on regarde avec un peu de recul le dossier, tout tient en une personne qui nous a donné des renseignements extrêmement précis (...) Est-ce que cette personne nous a baladés? (...) Le scénario catastrophe peut exister", constate Me Reinhart, dans les échanges retranscrits sur L'Express.fr.
Dominique Gevrey défend bec et ongles son informateur supposé, mais refuse de livrer son nom, tout comme le rapport écrit dont il assure disposer. A plusieurs reprises, selon L'Express.fr, il accuse Renault d'avoir "voulu aller trop vite", ce que rejette fermement son directeur juridique, invoquant "le principe de précaution". "Le plus important, c'est qu'on retombe sur nos pattes sur la matérialité de l'existence de ces comptes", martèle Christian Husson, dans les échanges retranscrits sur le site. "Si jamais la DCRI apprenait avant nous qu'il n'y a pas la soudure (ndlr, la preuve matérielle), là c'est la fin des haricots pour la boîte, pour Ghosn, pour tout le monde. Ca part en couilles mais grave ! C'est la bombe atomique", ajoute-t-il, toujours dans le même document.
Renault dénonce
Renault a affirmé lundi soir que la réunion avait été "convoquée pour que M. Gevrey obtempère à l'ordre donné par sa hiérarchie de donner sa source et coopère pleinement avec la police et la Justice, ce qu'il a refusé de faire". Le constructeur a accusé Dominique Gevrey d'avoir "enregistré cette discussion à l'insu des autres participants", tout en indiquant qu'un compte rendu en avait été remis à la Justice, dénonçant un viol du secret de l'instruction.
"Nous étions convaincus qu'il n'y avait certainement pas de source parce que le discours un peu vaseux que nous servait M. Gevrey nous donnait la conviction (...) qu'il n'était même pas certain que cette source existait", a déclaré de son côté à France 2 Me Reinhart. Le document révélé lundi est d'autant plus embarrassant que le 10 février, quatre jours avant cette réunion, M. Ghosn, avait publiquement déclaré que les accusations du groupe se fondaient sur la conviction de "dizaines de personnes". M. Ghosn et Renault ont fait leur mea culpa et innocenté le 14 mars les cadres licenciés à tort, en reconnaissant que l'affaire était probablement montée de toutes pièces. Mais l'Etat, premier actionnaire du groupe (15%), a laissé entendre que des dirigeants devront tomber.
Selon le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, l'affaire
d'espionnage présumée relève d'une "possible escroquerie au renseignement".
Les enquêteurs de la DCRI sont convaincus que Dominique Gevrey n'a "pas de
source, pas plus aujourd'hui qu'hier", a affirmé récemment à l'AFP un proche de
l'enquête.
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L'affaire d'espionnage chez Renault relancée par une nouvelle plainte ?
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