Le fabricant canadien s'est vu attribuer une première tranche ferme portant sur la livraison de 172 rames, qui correspond à un montant de 1,85 milliard d'euros. Souvenez-vous, c'était le contrat du siècle pour les trains de banlieue. Fin 2006, le canadien Bombardier souffle un marché de 1,8 milliard d'euros au français Alstom, provoquant une polémique. Le groupe est choisi par la SNCF pour une méga-commande de 172 rames destinées à rafraichir le parc de trains de banlieue franciliens très vieillissant. Il y quinze mois, les premières rames de ce contrat sont mises en service sur la banlieue Nord pour remplacer les "petits gris" en tôle ondulée, en fin de course.
Transilien : Alstom s'accorde avec Bombardier
Le groupe français a retiré son recours contre l'attribution du marché, après avoir trouvé un terrain d'entente avec son concurrent canadien.
Publié le 11/11/2006
Le flop du Francilien : Bombardier plaide la haute technologie
Face à un taux d'anomalies anormal du Francilien, la région Ile-de-France demande des dommages et intérêts au canadien Bombardier. Ce dernier argue de problèmes liés à son haut niveau de technologie.
Publié le 23/03/2011
Mais les débuts du "TGV des banlieues" promis par Bombardier Transport, truffé d'électronique, virent au fiasco. Dernier épisode : le constructeur du nouveau Francilien, a dû s'engager lundi à améliorer la fiabilité de ses rames "d'ici fin juin" et a même suspendu "temporairement" les livraisons de nouvelles unités pendant cette période. La SNCF a annoncé avoir "pris acte" de cette décision à l'issue d'une rencontre lundi entre son PDG Guillaume Pepy, le président PS du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et André Navarri, patron de Bombardier Transport.
"On reporte les livraisons prévues à plus tard, en attendant on conserve les trains actuels qui, même s'ils sont anciens, très anciens, trop anciens, ont l'avantage d'être fiables", a expliqué à RTL Guillaume Pepy. "La fiabilité insuffisante des rames déjà livrées occasionne de réels désagréments aux voyageurs de la ligne H et des difficultés pour les agents", a détaillé son entreprise, précisant que 20 rames sur les 172 commandées, ont été livrées depuis fin 2009.
Des pénalités reversées aux usagers
La compagnie française a aussi déclenché les clauses de pénalités financières imposées au constructeur à la fois pour les retards pris dans la livraison - une seconde chaîne de production a été mise en place en janvier - et pour les défauts de fiabilité. Ces fonds seront reversés aux voyageurs impactés. "Il est normal qu'à la fois l'exploitant et le concepteur indemnisent le voyageur", a estimé Jean-Paul Huchon sur RTL. Un porte-parole de la SNCF a toutefois précisé qu'il n'était pas question pour l'entreprise d'annuler le contrat. "C'est la période de mise au point qui est beaucoup trop longue", a-t-il dit, estimant que le Francilien serait "un super train, totalement adapté à l'IDF, quand il sera au point".
Les rames déjà livrées, qui opèrent entre Paris-Nord et Luzarches (Val d'Oise) et entre Paris-Nord et Persan Beaumont via Montsoult-Maffliers (Val d'Oise), "ont connu de nombreux incidents en particulier sur les dispositifs liés aux portes et aux emmarchements mobiles, ainsi que les systèmes informatiques embarqués". Elles vont continuer à circuler sur la ligne H et, aux heures de pointe, quatre rames classiques seront également affectées sur ces liaisons. Selon la société de chemins de fer, le constructeur a établi un "plan d'action visant à améliorer rapidement la fiabilité du train".
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