Le nouveau Starbucks Opéra, inauguré en mars 2011 © DR / Starbucks"Ah bon, c'est fermé ! Vous savez s'il y a un autre Starbucks pas loin?", se désespère un ado de bonne famille devant le café de la marque, avenue de l'Opéra. Pour Starbucks, c'est jour d'inauguration: l'établissement a été entièrement refait à l'occasion du changement de logo de la plus grand chaîne mondiale de cafés. Fondé à Seattle, le groupe compte 22.000 établissements après 40 ans d'existence. A l'intérieur du café flambant neuf, se presse une petite foule de journalistes, blogueurs, et "VIP" autour de Cliff Burrows, président de Starbucks Coffee Etats-Unis. Sitôt le ruban coupé, vert évidemment, il a accordé sa première interview à TF1 News. Stratégie, logo, polémiques... Le patron de Starbucks nous dit tout.
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| Cliff Burrows |
Starbucks se lance dans les machines à capsules
La chaîne de cafés américaine Starbucks a annoncé jeudi qu'elle vendrait avant Noël une nouvelle machine à faire du café expresso à la maison, fonctionnant avec des capsules sous sa marque.
Publié le 09/03/2012
Starbucks retire une affichette contestée
Le groupe Starbucks a retiré de ses établissements français une affichette contestée qui mettait en garde ses clients contre les pickpockets.
Publié le 13/10/2011
Voici le nouveau logo de Starbucks
L'entreprise américaine, première chaîne mondiale de cafés, a dévoilé mercredi son nouveau logo. Deux nouveautés : son nom disparaît, le mot "coffee" aussi. Un changement qui ne semble pas du goût des internautes.
Publié le 06/01/2011
Starbucks attaqué pour du thé renversé : la décision
Une Américaine a été déboutée mardi de son action judiciaire intentée contre Starbucks, qu'elle tenait pour responsable des graves brûlures dont elle a souffert après avoir renversé un gobelet de thé. Elle réclamait 3 millions de dollars.
Publié le 02/11/2010
Mc Donald 's chasse sur les terres de Starbucks
Inspiré par Starbucks, Mc Donald's va lancer une cinquantaine de Mc Café en France avant la fin de l'année. La marque ne vise pas la même clientèle mais davantage de rentabilité.
Publié le 06/04/2007
La Chine, un marché primordial pour Starbucks
La firme qui vient de d'enlever le nom de son logo pour mieux se vendre à l'international a inauguré un nouveau magasin mardi à Pékin. John Culver, président de Starbucks à l'international affirme que son groupe investit beaucoup en Chine.
Publié le 08/03/2011
TF1 News : Starbucks est devenu une multinationale colossale mais beaucoup de Français ne la connaissent pas encore. Pourquoi?
Cliff Burrows, président de Starbucks Coffee Etats-Unis : C'est vrai. Beaucoup de personnes ne nous découvrent d'ailleurs qu'en voyageant aux Etats-Unis. Notre premier magasin international n'a ouvert qu'en 1997, au Japon, mais nous sommes maintenant présents dans cinquante pays de par le monde. Nous avons ouvert cinquante-cinq cafés à Paris avant de nous développer récemment à Lyon et Marseille. Nous ne sommes pas dans une course aux ouvertures. Nous privilégions une croissance très mesurée : nous gagnons les clients un par un, tasse de café par tasse de café.
TF1 News : Vous aviez fort à faire à Paris où se concentrent la quasi-totalité de vos cafés. Le "petit noir" au zinc y est une institution, souvent bon marché, et certains ne donnaient pas cher de votre peau... Comme avez-vous convaincu vos clients d'aller chez Starbucks, quitte à payer beaucoup plus cher ?
C. B. : Il y a un héritage, une culture du café à Paris, et c'est pour cela que nous nous y sommes implantés. Avec le temps, nous avons tissé une relation particulière avec nos clients. Nous les accueillons dans des lieux chaleureux, au cœur de la ville, dans un environnement spacieux et agréable. Avoir des clients prêts à payer plus cher nous permet aussi de leur offrir le meilleur café au monde, de mettre en place des programmes de développement durable, de commerce équitable. La variété de nos produits "à la carte", la personnalisation, est aussi exceptionnelle : du "petit noir" que vous évoquez, au déca, demi-déca, en passant par un macchiatto au caramel...
TF1 News : Le café est le produit emblématique du commerce équitable. Des associations vous reprochent de ne pas en vendre davantage...
C. B. : Cela montre qu'il faut que nous en parlions. Nous sommes aujourd'hui le premier acheteur de café équitable dans le monde. En France et en Europe, le label Max Havelaar est très important et toutes nos boissons à base d'expresso sont issues du commerce équitable. Aux Etats-Unis, cela n'est pas le cas car il n'y a pas assez de café de qualité produit pour alimenter le marché américain.
TF1 News : La France est très paradoxale. Souvent décrite comme un pays anti-américain, c'est une terre où les multinationales comme McDonald's réussissent encore mieux qu'ailleurs... Comment l'expliquez-vous?
C. B. : Nous avons tous nos contradictions ! Quelle que soit notre fierté nationale, nous avons désormais une vision mondiale et une envie de découvrir des produits du monde entier. Il y a vingt ans, il n'y avait en France que des voitures françaises ou européennes et cela a bien changé. Il y a un marché mondial pour toutes les marques qui inspirent confiance au consommateur.
| "Nous allons ouvrir 1000 nouveaux cafés en Chine" |
TF1 News : Votre marché fait des envieux. McDonald's investit massivement dans ses McCafé, en particulier en France. Est-ce une menace pour Starbucks ? Etes-vous inquiet?
C. B. : Il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Nous nous concentrons ce sur que nous faisons le mieux et nous avons vu notre marché croître et se renforcer aux Etats-Unis comme ici. Pour moi, peu importe le concurrent. Qu'il soit un petit acteur local, spécialisé dans le café ou pas... Nous respectons tout le monde. Ce qui compte c'est que chacun s'intéresse et investissent dans le café et sa culture. Pensez au vin : en vingt ans, à partir d'acteurs très locaux s'est construit un monde qui s'est renouvelé.
TF1 News : Quelques heures avant d'inaugurer le Starbucks Opéra, c'est en Chine que votre groupe organisait un grand raout. Est-ce désormais votre priorité?
C. B. : C'est une très grosse opportunité de croissance pour les cinq prochaines années. Nous avons 400 magasins en Chine continentale. Nous allons en ouvrir encore 1000 autres. Nous faisons découvrir le café aux Chinois comme un endroit où se retrouver, par exemple lorsque l'on est de loin de chez soi ou que l'on a un petit appartement. C'est un concept qui n'existait pas avant.
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| Le nouveau logo Starbucks, devant la version précédente |
TF1 News : Vous avez choisi de changer de logo, ce qui a exaspéré certains clients. Pourquoi avoir pris ce risque?
C. B. : Aujourd'hui, après 40 ans, Starbucks est bien plus large que le seul café et les produits secs de ses débuts.... Cela reste notre cœur de métier mais nous vendons du thé, de la nourriture, de l'instantané, du frappucino en bouteille, des glaces, y compris dans les supermarchés aux Etats-Unis. Notre logo devait refléter tout cela : être plus flexible et nous offrir plus de liberté. Nous avons libéré la sirène ! Nous avons bien entendu consulté nos employés et la communauté du design pour savoir ce qu'ils en pensaient. Les premiers jours, nous avons reçu énormément de réactions, mais c'était attendu : si nous arrêtons de vendre une boisson et que c'est la préférée de quelqu'un, il nous le dira aussi ! C'est normal, très sain, et cela montre la relation très intense avec nos clients. La plupart sont très content de ce changement.
TF1 News : Vous misez beaucoup sur Internet. Comment avez-vous investi les réseaux sociaux?
C. B. : Nous avons créé le site "MyStarbucksIdeas" pour recueillir les idées de nos clients et nous avons rapidement reçu des milliers de suggestions, comme celle de proposer gratuitement le WiFi dans nos cafés ou de lancer une carte de fidélité avec des réductions. Cela paye. Il y a deux ans nous avions 3 millions de fans sur Facebook, nous en avons désormais près 20 millions. Starbucks est le produit de consommation le plus suivi au monde.
| "On travaille dur chez Starbucks, mais c'est un travail que les gens apprécient" |
TF1 News : Comme McDonald's, vous êtes régulièrement épinglés pour les conditions de travail de vos employés. Nos confrères de Slate.fr ont récemment publié une enquête très critique sur vos pratiques en France...
C. B. : Nos 200.000 employés nous sont chers et nous ne sommes pas devenus ce que nous sommes aujourd'hui par hasard. La plupart du temps, tout se passe bien et vous pouvez constater que l'ambiance est chaleureuse, mais il se peut que nous fassions des erreurs à l'occasion. Quand nous avons des retours - que ce soit un article de presse ou une alerte - nous nous penchons toujours dessus. Nous avons reconnu il y a trois ans que les relations au sein des équipes pouvaient s'améliorer et nous avons lancé de nouveaux programmes. Nous avons repris l'an dernier la totalité des parts dans nos activités françaises. Il ne fait pas de doute que l'on travaille dur chez Starbucks, mais c'est un travail que les gens apprécient, qui est gratifiant. Ils sont nombreux à rester chez nous pour y faire carrière.
TF1 News : Aux Etats-Unis, les adversaires des armes s'élèvent contre votre décision de ne pas les interdire dans vos cafés. Comment l'expliquez-vous?
C. B. : Aux Etats-Unis, l'environnement autour des armes est très différent. C'est un droit inscrit dans la Constitution et il y a ensuite des dispositions Etat par Etat sur le droit d'en porter. Dans certains lieux, elles font partie du quotidien et Starbucks ne se prononcera pas sur le débat national autour des armes à feux. Nous servons tous nos clients qui respectent la loi. C'est le Congrès qui change les lois, pas nous.
TF1 News : Certes, mais, légalement, rien ne vous empêche cette interdiction.... D'autres l'ont fait.
C. B. : C'est vrai, mais quand vous avez une présence nationale, vous devez travaillez avec les lois locales et nationales. Je crois aussi fermement que si nous demandons à nos employés de faire respecter une règle, ils doivent en avoir les moyens. Je ne veux pas les mettre en danger.
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