A la vente en prix de gros, c'est EDF qui remporte le bras de fer. EDF devra vendre à ses concurrents jusqu'à un quart de son électricité d'origine nucléaire au prix de 40 euros le mégawattheure (MWh) à compter du 1er juillet, puis de 42 euros à partir du 1er janvier 2012, a annoncé mardi le ministre de l'Industrie Eric Besson. L'Etat a ainsi tranché en faveur d'EDF, alors que ses concurrents souhaitaient bénéficier d'un prix bien moins élevé dans le cadre de la loi sur la Nouvelle organisation du marché de l'électricité (dite loi Nome), qui entre en vigueur le 1er juillet. Selon des études menées dans le cadre des discussions de la nouvelle loi, un prix de 42 euros le MWh devrait entraîner un relèvement sensible de la facture énergétique des particuliers.
Trop-perçu : EDF et GDF auront 15 jours pour rembourser
Jusque là, les consommateurs devaient attendre les relevés des compteurs pour être remboursés des trop-perçus par le fournisseur. Ces derniers devront désormais les rembourser dans les 15 jours, selon un arrêté publié jeudi au Journal Officiel.
Publié le 27/04/2012
Tarifs EDF : +30% en 4 ans ?
La Commission de régulation de l'énergie a fait ses calculs : étant donné les investissements prévus, tarifs de l'électricité en France pourraient augmenter de 6% par an, ce qui les feraient bondir de 30% d'ici à 2016.
Publié le 18/01/2012
En début de séance à la Bourse de Paris, le titre EDF enregistrait la plus forte progression du CAC 40. Mais le ministre a rejeté l'argument selon lequel EDF aurait été favorisé par rapport à ses concurrents, qui réclamaient un prix moins élevé. GDF Suez notamment demandait que le prix de rachat de l'électricité nucléaire d'EDF soit fixé à 35 euros le MWh. "Contrairement à ce qui a été dit, le match n'était pas entre favoriser EDF ou défavoriser GDF". "Nous, la seule boussole, c'est l'intérêt général, la sécurité des Français et leur pouvoir d'achat", a assuré Eric Besson sur Europe 1.
"La concurrence sera bien traitée"
Selon lui, la décision a été prise au cours du week-end par le président de la République Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon, "en tenant compte des rapports d'experts de la commission Champsaur qui fixait une fourchette de 38 à 40 euros" et "avec le souci de l'approvisionnement des Français en électricité". "Il s'agit de sécuriser l'approvisionnement des Français, de conforter EDF, qui est une entreprise majeure pour notre électricité, et de tenir compte pour l'avenir, par précaution, des travaux que EDF pourrait être amené à engager après la catastrophe de Fukushima (au Japon) et après l'audit de nos centrales nucléaires", a expliqué Eric Besson.
Le ministre a également promis que "la concurrence sera bien traitée", mettant en avant le fait que la loi Nome serait effectivement appliquée. "Vous avez noté que la loi Nome ne sera pas suspendue contrairement à ce qui avait été suggéré. Elle est en application, c'est ce qu'attendaient un certain nombre de concurrents d'EDF", a-t-il dit. Adoptée en novembre 2010 par le Parlement, la loi Nome oblige EDF à vendre jusqu'à un quart de la production de ses centrales nucléaires à ses concurrents (GDF Suez, Poweo, Direct Energie...) afin de doper la concurrence sur ce marché.
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