Areva : Sarkozy "recommence à se croire tout permis"

le 17 juin 2011 à 10h38 , mis à jour le 17 juin 2011 à 20h58

Le remplacement à la direction d'Areva d'Anne Lauvergeon, lâchée par l'Elysée et Matignon, suscite de nombreuses réactions. Dans la majorité, on se refuse à parler de "limogeage". Nicolas Sarkozy dit avoir choisi la "continuité". Ségolène Royal regrette quant à elle le départ d'une "femme exceptionnelle".

Après des mois de suspense et de rumeurs autour de la direction du groupe, le gouvernement a décidé jeudi soir de ne pas reconduire Anne Lauvergeon à la tête d'Areva, choisissant l'actuel directeur général délégué du géant du nucléaire Luc Oursel pour lui succéder. Le Premier ministre François Fillon a reçu jeudi la numéro un d'Areva, pour lui faire part de ce choix qui sera soumis prochainement à l'approbation du conseil de surveillance du groupe, a précisé Matignon. 
  • Ces mystérieux pirates qui espionnaient le réseau d'Areva

    Le groupe nucléaire a découvert des intrusions dans son réseau informatique. Il a fait appel à des experts de l'Etat pour renforcer sa sécurité. Selon L'Expansion, cette attaque pourrait avoir une "origine asiatique". Plus grave : ces intrusions "dureraient depuis deux ans".

    Publié le 30/09/2011 Ces mystérieux pirates qui espionnaient le réseau d'Areva
  • Lauvergeon recevra bien ses indemnités

    La présidente du directoire d'Areva, dont le mandat expire fin juin, "se verra accorder le bénéfice de l'indemnité prévue" à la fin de son mandat a indiqué mardi le groupe, démentant des informations contraires. Anne Lauvergeon pourrait recevoir environ 1,5 million d'euros d'indemnités.

    Publié le 22/06/2011 Lauvergeon recevra bien ses indemnités
  • Areva: Lauvergeon aurait refusé une prime proposée par Sarkozy

    Anne Lauvergeon, dont le mandat à la tête du groupe Areva expire fin juin, aurait refusé une indemnité de départ lors de son entretien lundi avec le chef de l'Etat, écrit mardi le site internet de Challenges. Un point sur lequel le groupe nucléaire public n'a pas souhaité communiquer.

    Publié le 21/06/2011 Areva: Lauvergeon aurait refusé une prime proposée par Sarkozy
  • Areva: Anne Lauvergeon a "envie de continuer"

    La présidente d'Areva, dont le mandat expire en juin et qui est sous la pression de l'Elysée, affirme avoir "envie de continuer" à diriger le groupe nucléaire public dans une interview au quotidien régional Le Progrès à paraître mardi.

    Publié le 17/01/2011 Areva: Anne Lauvergeon a "envie de continuer"
  • Vers un rapprochement stratégique pour EDF et Areva ?

    Les deux groupes travaillent actuellement à un rapprochement stratégique et "ont constitué six groupes de travail", assure Le Figaro dans les pages économiques de son édition de lundi.

    Publié le 26/09/2010 Vers un rapprochement stratégique pour EDF et Areva ?
  • Ces boues radioactives qui embarrassent Areva

    Une association du Limousin poursuit Areva pour stockage illégal de boues radioactives : elle dénonce "une infraction au code de l'environnement" et "l'absence de déclaration ou autorisation auprès de l'autorité de sûreté nucléaire". Selon elle, le groupe "joue la politique du fait accompli".

    Publié le 24/05/2011 Ces boues radioactives qui embarrassent Areva
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Sarkozy verra Lauvergeon lundi

La principale intéressée, Anne Lauvergeon, a souhaité que la transition avec Luc Oursel "se fasse dans les meilleures conditions". Quant à Nicolas Sarkozy, tout en disant ne pas vouloir trop commenter cette décision avant d'avoir reçu Anne Lauvergeon lundi, il a expliqué que "la crédibilité du nucléaire français ne se réduit pas à l'action d'une personne"... en prenant l'exemple des groupes de presse (voir la vidéo > Areva : Sarkozy verra Lauvergeon lundi).
 
Besson : "pas de changement d'orientation stratégique"
 
Pour Eric Besson également, le départ d'Anne Lauvergeon ne constitue "pas un changement d'orientation stratégique" pour le groupe nucléaire. "Nous allons au contraire demander à Luc Oursel de poursuivre dans les différentes options stratégiques même s'il y aura évidemment un certain nombre d'inflexions liées à l'activité industrielle d'Areva et au nouveau contexte international", a indiqué le ministre. Soulignant qu'Anne Lauvergeon avait "un bon bilan", Eric Besson a estimé qu'il n'était "pas illogique, pas choquant qu'au bout de 10 ans à la tête d'une entreprise publique, il puisse y avoir un renouvellement de la présidence".

"Ca n'est pas un limogeage", défend Jacob
  
Le patron des députés UMP Christian Jacob a lui aussi affirmé que le départ d'Anne Lauvergeon ne constituait "pas un limogeage", "c'est la fin de deux mandats", et a souligné que l'Etat actionnaire avait privilégié la continuité puisque "le numéro deux va prendre le relais". Pour l'ancien ministre, "il est normal que sur le nucléaire, dans le mode de fonctionnement d'Areva, que l'Etat ait son mot à dire. C'est le contraire qui serait un comble". "Je pense que ça n'est pas une surprise, ni un scoop (...). Au terme de ses deux mandats, son renouvellement s'annonçait comme quelque chose de très probable, voilà, on y arrive", a-t-il poursuivi.
 
Royal regrette le départ d'"une femme exceptionnelle"
  
La candidate à la primaire socialiste pour 2012 a au contraire qualifié le départ d'Anne Lauvergeon de "limogeage". Elle a espéré qu'il n'était "pas dû à son esprit d'indépendance". "Je le regrette beaucoup parce que c'est une femme exceptionnelle, que je connais bien, puisque j'ai travaillé avec elle à la présidence de la République, au secrétariat général de l'Elysée, près de François Mitterrand". "J'espère que ce limogeage n'est pas dû à son esprit d'indépendance", a relevé Ségolène Royal.
 
Le Guen : Sarkozy "recommence à se croire tout permis"
  
Le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen a lui aussi vivement déploré le remplacement d'Anne Lauvergeon, estimant que Nicolas Sarkozy, avec qui la dirigeante avait des rapports "tendus", recommençait "depuis un mois à se croire tout permis, y compris d'écarter des gens qui n'ont le défaut que de défendre une conception indépendante de la gestion d'une entreprise de l'Etat". Elle "a refusé en son temps la mainmise d'un groupe privé sur le nucléaire français, à savoir la montée de Bouygues dans Areva. C'est pour ça qu'elle a eu, depuis longtemps, des rapports qui étaient tendus avec le président de la République", a affirmé sur Jean-Marie Le Guen. "Mais celui-ci n'avait pas la possibilité de la mettre dehors il y a encore un mois", a-t-il poursuivi évoquant le "prestige", le "charisme" de la dirigeante ainsi que "la manière dont elle était identifiée à son entreprise et ce que ça représente".

Le député strauss-kahnien a alors jugé que le départ d'Anne Lauvergeon avait finalement été rendu possible pour l'Elysée par la nouvelle donne politique, née de la "mise à l'écart de Dominique Strauss-Kahn". Jean-Marie Le Guen a par ailleurs jugé qu'il aurait été "de bonne pratique, inscrite en quelque sorte dans le discours officielle de Nicolas Sarkozy", que l'opposition soit consultée sur le sujet.
 
Cela  illustre la "crise" de la filière nucléaire, pour les ONG
  
Le départ annoncé d'Anne Lauvergeon "illustre la crise morale dans laquelle la filière nucléaire s'enferre", a estimé le réseau Sortir du nucléaire. "Lauvergeon part, les problèmes de la filière nucléaire restent", affirme un communiqué du réseau, pour qui "les casseroles s'accumulent". Il cite à cet égard le "cuisant échec de l'industriel français à Abou Dhabi, le naufrage financier des chantiers EPR en Finlande et à Flamanville, les effets d'annonce opportunistes depuis la catastrophe de Fukushima". "Anne Lauvergeon laisse derrière elle un bilan désastreux", estime encore Sortir du nucléaire. "La technologie EPR, dont elle s'est faite le chantre obstiné, est aujourd'hui une faillite technologique, industrielle et commerciale manifeste". Le réseau voit dans le remplacement d'Anne Lauvergeon par Luc Oursel "un jeu de chaises musicales" et regrette que la France "s'égare dans une posture énergétique dépassée et contre-performante en termes économiques et environnementaux à l'heure où, résolument tournés vers l'avenir, ses voisins européens choisissent la sortie du nucléaire".

le 17 juin 2011 à 10:38
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67 Commentaires

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  • pauvrejob, le 18/06/2011 à 15h39

    Qui s'interessait à elle avant cet article? qui la défend aujourd'hui? les pro ou anti nucléaire ? Raccolage que tout cela , dans esprit purement egoiste et nombriliste. Mr le président et tous ceux qui veulent prendre sa suite, bon courrage!!!! une meute de gamins primaires issue de "il est interdit d'interdire" va vous malmener sauf si pour avoir la paix vous dites oui à tous leurs caprices..... Vous allez avoir du boulot à faire grandir ces gosses de 20 à 50 ans!!!! merci de me publier..........

  • kosotto1, le 18/06/2011 à 11h29

    Sebfen : c'est bien ça le problème : il faut additionner l'UMP et le FN !

  • 142tf157, le 18/06/2011 à 11h12

    Dans cette affaire et sans faire de l'anti Sarkosysme primaire, c'est plus sur la forme que sur le fond que l'attitude de Mr. Sarkosy est critiquable. Si le remplacement de la présidente d'Areva était inéluctable, on pouvait au moins la convoquer à l'Elysée pour lui annoncer la décision, plutôt que la convoquer lundi pour le lui dire quoi ? Qu'elle est remplacée, çà va être un scoop pour elle. Ceci dit je ne me fais pas de souci pour son avenir professionnel.

  • seb.fen, le 18/06/2011 à 10h32

    Le PS dit toujours "les français ceci les français cela" il parle à la place des français en refusant de prendre la responsabilité de ses paroles. STOP j'interdis a Aubry ou le PS de parler à ma place. Si j'additionne l'UMP et le FN, je crois que les Français du PS sont plutôt minoritaires

  • seb.fen, le 18/06/2011 à 10h28

    Moi je... voterai Nicolas Sarkozy car il a pris des décisions et fait des réformes et n'a pas peur de prendre ses responsabilités. L'imobilité dans lequel ce pays ce trouvait, ou le "laissons couler", depuis 1981 nous a conduit au résultat actuel.

  • cognac32, le 18/06/2011 à 10h27

    C'est lui qui sera limogé en 2012....

  • rodige, le 18/06/2011 à 10h21

    A tous ceux qui ont vecu 81 en 2011 nous vivons les consequences des decisions de mitterrandet de sa clique de voleurs bien sur tout le monde etait plus heureux 5 eme semaine les 60 ans on oublie l augmentation des impots indirectsau profit de qui a votre avis? embauches bidons emplois jeunes qui ne debouchent sur rien les meurtres sous mlitterrand hernu beregowoy etc....sa 2 eme vie payee par nous les attentats du rainbowet la mort du photographe la montee du fn par un accordentre le pen et mitterrand tapie et sa mise en place qui a coute cher a l etat vous en penser quoi?en ce 18 juin francaises francaisrejoignez L UMPet JETONS DEHORS non pas les immigres mais les socialistes qui trahissent par leur reseau l international socialiste LA FRANCE

  • berni1047, le 18/06/2011 à 10h06

    Mr Leguen se défoule sur Nicolas, mais il est moins bavard sur le sujet DSK :-)

  • kosotto1, le 18/06/2011 à 09h52

    Stupide à ce point ! comment est-ce possible ? Vous seriez plus avisé de dénoncer le népotisme d'un gouvernement qui se voulait irréprochable !

  • sambrest, le 18/06/2011 à 09h45

    Vous clementine? clementine Présidente!

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