© DRLorsqu'on aborde les questions liées à la compétitivité de l'économie française, le coût du travail apparaît souvent comme l'indépassable pomme de discorde entre les partenaires sociaux. Trop élevé au goût des uns (les entrepreneurs), critère surévalué (au goût des syndicats)... Le rapport publié cette semaine, et résultat d'un mois d'un travail commun, se démarque par sa volonté affichée de "dépasser les approches idéologiques". En préambule de leur analyse, CFDT, CFTC et CGC, côté salariés, Medef, CGPME et UPA, côté patronat, soulignent avoir voulu fuir les "approches simplistes, voire caricaturales" : "Pour les uns, le coût du travail est la cause de tous nos maux ; pour les autres ce sont les actionnaires et leur vision à long terme", rappellent-ils. "Résultat: des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l'action économiques", estiment-ils. La CGT n'a pas participé aux travaux, au contraire de FO qui toutefois n'a pas signé le document.
Si ce rapport n'évacue évidemment pas le coût du travail, "important" pour les entreprises, il diagnostique aussi de nombreux autres facteurs sous-évalués, comme l'innovation, la qualité et le savoir-faire de la main d'oeuvre, donc la formation, l'accès au financement, la fiscalité etc. Il conclut qu'il faut "améliorer à la fois la compétitivité coût et la compétitivité hors coût".
"Nous sommes tout sauf défaitistes"
"On nous bassine avec le coût du travail mais il apparaît qu'il est un des éléments à prendre en compte mais pas le seul", a commenté Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC, invitant à réfléchir notamment aux voies industrielles choisies. "Si l'on compare avec les Allemands - alors qu'aujourd'hui en termes de salaires on est à peu près à égalité - eux sont allés vers les nouveaux créneaux, ont toute une gamme de services. Nous, nous avons joué pendant des années avec les prix bas. Mais avec des produits pas chers, on a peu de marges, pas de recherche et développement, pas de services derrière...", a-t-il fait valoir à titre d'exemple, se félicitant du "travail commun" syndicats-patronat.
"On a démontré la capacité des partenaires sociaux à avancer quand ils peuvent le faire", a aussi estimé Pierre Fonlupt (Medef). "Ce qui est intéressant et un peu inédit c'est que les organisations ont discuté sur un terrain nouveau, économique, et entamé une réflexion sur un thème important sur lequel il y a beaucoup d'expression diverses".
"Nous avons voulu intégrer l'ensemble des aspects, établir un état des lieux que l'on puisse partager tous ensemble, sans nier les difficultés mais avec une approche positive", a-t-il encore expliqué. "Car nous sommes tout sauf défaitistes. Nous constatons que oui, il y a un certain nombre de problèmes à résoudre, mais la France a aussi beaucoup d'atouts pour tenir sa place dans la compétition".
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