Compétitivité : patronat et syndicats se parlent enfin

Par F.L., le 09 juin 2011 à 08h17 , mis à jour le 09 juin 2011 à 08h23

Le patronat et trois syndicats viennent de publier un rapport sur les problèmes de la compétitivité française, fruit de mois d'un travail commun et d'une volonté de "dépasser les approches idéologiques" sur la question, refusant par exemple de lier la compétitivité au seul coût du travail.

travail de nuit emploi gardien © DR

Lorsqu'on aborde les questions liées à la compétitivité de l'économie française, le coût du travail apparaît souvent comme l'indépassable pomme de discorde entre les partenaires sociaux. Trop élevé au goût des uns (les entrepreneurs), critère surévalué (au goût des syndicats)... Le rapport publié cette semaine, et résultat d'un mois d'un travail commun, se démarque par sa volonté affichée de "dépasser les approches idéologiques". En préambule de leur analyse, CFDT, CFTC et CGC, côté salariés, Medef, CGPME et UPA, côté patronat, soulignent avoir voulu fuir les "approches simplistes, voire caricaturales" : "Pour les uns, le coût du travail est la cause de tous nos maux ; pour les autres ce sont les actionnaires et leur vision à long terme", rappellent-ils. "Résultat: des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l'action économiques", estiment-ils. La CGT n'a pas participé aux travaux, au contraire de FO qui toutefois n'a pas signé le document.

Si ce rapport n'évacue évidemment pas le coût du travail, "important" pour les entreprises, il diagnostique aussi de nombreux autres facteurs sous-évalués, comme l'innovation, la qualité et le savoir-faire de la main d'oeuvre, donc la formation, l'accès au financement, la fiscalité etc. Il conclut qu'il faut "améliorer à la fois la compétitivité coût et la compétitivité hors coût".

"Nous sommes tout sauf défaitistes"

"On nous bassine avec le coût du travail mais il apparaît qu'il est un des éléments à prendre en compte mais pas le seul", a commenté Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC, invitant à réfléchir notamment aux voies industrielles choisies. "Si l'on compare avec les Allemands - alors qu'aujourd'hui en termes de salaires on est à peu près à égalité - eux sont allés vers les nouveaux créneaux, ont toute une gamme de services. Nous, nous avons joué pendant des années avec les prix bas. Mais avec des produits pas chers, on a peu de marges, pas de recherche et développement, pas de services derrière...", a-t-il fait valoir à titre d'exemple, se félicitant du "travail commun" syndicats-patronat.

"On a démontré la capacité des partenaires sociaux à avancer quand ils peuvent le faire", a aussi estimé Pierre Fonlupt (Medef). "Ce qui est intéressant et un peu inédit c'est que les organisations ont discuté sur un terrain nouveau, économique, et entamé une réflexion sur un thème important sur lequel il y a beaucoup d'expression diverses".

"Nous avons voulu intégrer l'ensemble des aspects, établir un état des lieux que l'on puisse partager tous ensemble, sans nier les difficultés mais avec une approche positive", a-t-il encore expliqué. "Car nous sommes tout sauf défaitistes. Nous constatons que oui, il y a un certain nombre de problèmes à résoudre, mais la France a aussi beaucoup d'atouts pour tenir sa place dans la compétition".

Par F.L. le 09 juin 2011 à 08:17
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2 Commentaires

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  • wayne16, le 09/06/2011 à 16h49

    Pour expliquer notre incompètence à exporter nous trouvons (LA FRANCE) toujours des excuses ,les salaires,les charges,le temps de travail,les 35H ,les congès ,les ponts,etc....cherchons encore des excuses plutot de que de se regarder dans la glace.La france n''a rien à exporter mis à part le luxe et les vins le reste zero!!

  • etierot, le 09/06/2011 à 09h21

    Le coût du travail . Si on voulait bien tenir compte que les cotisations ne sont pas payées par les salariés ni par les patrons . Elles se répercutent sut les prix de vente des produits qui nous sont proposés et donc,en réalité, payées par ceux qui les consomment .Elles représentent un certain pourcentage du prix de vente et c'est à partir de ce pourcentage qu'il faudrait raisonner . Si les entreprise en 1982 lorsqu'on a mis la retraite à 60 ans avaient continué de payer le même pourcentage de charges qu'elles payaient à l'époque , sans rien changer à leurs habitudes ni augmenter les charges de personne, l'évolution des recettes aurait suivi l'évolution de la production et nous n'en serions pas là Ceux qui cotisent sont ceux qui paient . C'est à dire toute la population du plus jeune au plus vieux à travers les produits qu'elle consomme dans le prix desquels les charges sont incluses . Allonger la durée de cotisation est impossible puisque c'est toute la vie que nous cotisons . Cela revient à augmenter la durée du travail c'est à dire la durée de production . Pourquoi faire ? Si en travaillant jusqu'à 60 ans nous sommes capables de produire suffisamment pour nourir tout le monde , pourquoi travailler plus longtemps ? Si nous produisons plus , il faudrait davantage de consommateurs . C'est pourquoi les entreprises n'embauchent pas.

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