image d'archive © DRTF1 News : le secteur de l'aéronautique a connu des années très difficiles, qu'en est-il aujourd'hui ? Alors que la compagnie à bas coûts est confrontée à sa première grève en France, des voyageurs ont été refoulés à l'enregistrement, le nombre de places sur certains vols ayant été réduit, et des retards ont été signalés. Mais tous les avions prévus ont pu partir. Le principal syndicat de pilotes, le SNPL, a déposé un préavis de grève du 5 au 8 août, période particulièrement chargée dans les aéroports. L'enjeu de ce conflit social annoncé : les retraites. Airbus a annoncé mardi la signature d'accords avec deux sociétés chinoises portant sur l'acquisition de 88 avions A320. Une réussite qui masque des tensions fortes entre l'Europe et la Chine sur la question des quotas d'émissions de carbone. La Chine fait dépendre la signature de contrats avec Airbus d'une exemption de la taxe carbone que l'Union européenne va imposer aux compagnies chinoises. La compagnie indienne à bas coûts IndiGo a signé mercredi au Salon du Bourget une commande ferme pour 150 Airbus A320 Neo et 30 A320. C'est le plus gros contrat de l'aviation civile jamais signé en nombre d'avions. <b>Interview -</b> Energie solaire, hydrogène, biocarburant : le développement durable occupe une place de premier choix cette année au Bourget. Alors qu'il est prévu un doublement du trafic aérien d'ici 15 ans, l'enjeu est primordial pour les avionneurs, selon Jacques Gatard, directeur Aéronautique à l'Onera. En passant cette commande à Airbus, la compagnie malaisienne à bas coûts, a établi jeudi au salon du bourget, un record dans l'aéronautique civile en nombre d'appareils vendus. En 2011, le secteur aéronautique compte embaucher 10.000 personnes, soit 20% de plus que l'année dernière. Un dynamisme tiré par les commandes d'appareils en hausse du côté d'Airbus, et EADS, la maison-mère. Depuis l'ouverture du salon du Bourget, lundi, Airbus plane largement au-dessus de ses concurrents grâce à son A320 Neo pour lequel il engrange record sur record de commandes.
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Philippe Dujaric, directeur adjoint du Gifas (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), qui anime l'espace forum et métier au salon du Bourget : En 2009, avec la crise, il y a eu une baisse du trafic aérien. Cette baisse a entraîné une baisse des commandes, des reports voire même des annulations, provoquant un creux dans l'activité. Depuis, on a relativement bien passé cette crise et on a aujourd'hui des perspectives importantes de croissance. Déjà, en 2010, le nombre de commandes a augmenté de 30% par rapport à 2009. Le niveau du trafic aérien, qui est revenu à son niveau de 2008, devrait croître de 5% par an au cours des prochaines années. Le secteur table aussi beaucoup sur des renouvellements de matériels puisqu'il y a une forte demande pour des avions plus économes en carburant. Tout cela fait que le secteur de l'aéronautique est structurellement en croissance.
Certes il reste des zones de fragilité avec le coût de l'énergie, du kérozène en particulier, qui est passé de 15 à 30% dans le bilan des compagnies aériennes en une dizaine d'années. Il y a également des problèmes de compétitivité monétaire avec un dollar qui est faible par rapport à l'euro. Et puis, l'aéronautique est un secteur qui peut être soumis à des chocs économiques. C'est donc un secteur par nature fragile mais qui a aujourd'hui de belles perspectives de croissance notamment par le biais des nouvelles technologies et l'aviation verte donc les nouveaux enjeux environnementaux.
TF1 News : Dans quel(s)secteur(s) l'aéronautique recrute-t-elle le plus aujourd'hui ? Quels sont les profils les plus recherchés ?
P.D. : Grands maîtres d'œuvres, équipementiers et principaux sous-traitants confondus, la filière aéronautique et spatiale représente environ 300 000 emplois en France. Le Gifas en représente la moitié à travers un tissu de 280 entreprises. En 2010 sur les 8000 personnes recrutées dans l'aéronautique, la moitié était des ingénieurs et des cadres, 30% des techniciens et 20% des personnels d'atelier ou des compagnons. En 2011, on est en augmentation, avec 10 000 personnes à recruter , notamment grâce à EADS qui a annoncé 4000 recrutements dont la moitié en France, et à Airbus, qui en prévoit 3000 dont la moitié également en France.
TF1 News : Quels sont les profils les plus recherchés ?
P.D. : Concernant l'ingénierie, on a du mal à trouver des ingénieurs architectes-systèmes un peu confirmés, c'est-à-dire qui possèdent 4 à 5 ans d'expériences, et on cherche aussi des spécialistes dans le secteur électronique, informatique, les logiciels embarqués... Ce sont vraiment les deux gros secteurs pour lesquels c'est difficile en ce moment. Ce n'est pas un problème d'école, qui sont de qualité en France. Mais c'est vrai qu'on a un tel effet d'aspiration par les grandes entreprises quand les recrutements augmentent que les difficultés se font vite ressentir pour les PME. Du coup, nous demandons aux écoles de faire un effort en créant ou en augmentant des promotions pour répondre aux besoins. On est par exemple en train de construire avec le Gifas, le CNAM, EADS, THALES et d'autres, une filière par apprentissage d'ingénieurs aéronautique dans les systèmes pour augmenter le vivier. Si la croissance se poursuit, on risque à terme une véritable tension sur ces métiers d'ingénierie.
TF1 News : Ingénieur système, c'est donc la filière porteuse du moment ?
P.D. : Oui et puis il y a aussi tout ce qui est ingénieur mécanique. De même, à l'autre bout de la chaîne, on a également énormément de mal à trouver des ajusteurs ou des chaudronniers, qui sont des métiers à faible attractivité pour les jeunes. Là aussi on fait un gros effort pour en trouver et en former par apprentissage.
TF1 News : avec un doublement annoncé du trafic aérien d'ici 15 ans, je suppose qu'il va falloir aussi beaucoup de pilotes ?
P.D. : Effectivement, d'ailleurs Air France sera sur le salon, pour les pilotes civils et les personnels navigants. L'armée de l'air et l'aéronavale pour la marine seront également présentes parmi la cinquantaine d'exposants.
TF1 News : Le secteur de l'aéronautique a-t-il du mal à attirer du fait de sa fragilité?
P.D. : Non, nous sommes plutôt bien placés au contraire pour séduire. Si vous regardez le classement des diplômés ingénieurs, Thales, EADS, Safran ou Dassault, font partie des entreprises les plus attractives pour ces jeunes. Je crois bien qu'il n'y a que Google qui soit devant. Après, le problème est que ces grosses entreprises cachent toutes les petites entreprises du secteur qui ont aussi des besoins. Après, il peut y avoir un phénomène régional. Sur Toulouse, par exemple, il y a des tensions car il y a un gros appel d'air.
TF1 News : Vous proposez également des stages au cours de ce salon. L'été approche, reste-t-il des places de dernière minute ?
P.D. : Il y aura peut -être encore quelques offres pour des stages d'été, mais ce n'est pas la vocation de ce salon où nous proposons avant tout des stages conventionnés dans le cadre des cursus d'études pour la période septembre 2011- juin 2012. Au total, 10.000 stages sont proposés par an, pour tous les niveaux d'étude. L'intérêt de ce salon est de pouvoir découvrir la palette des formations et des stages existants dans notre secteur.
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