Depuis l'annonce que les autorités américaines avaient porté leur choix sur Boeing pour renouveler la flotte de ravitailleurs de l'armée de l'air des Etats-Unis, au bout d'un bras-de-fer d'une décennie avec Airbus, le suspense planait : le groupe EADS, la maison-mère d'Airbus, allait-il tenter le tout pour le tout en déposant un recours contre cette décision ? Une telle procédure avait peu de chances de permettre à Airbus de revenir dans la course, mais elle aurait retardé encore la victoire de Boeing. Procédure coûteuse et inutile, a finalement jugé EADS, qui s'incline ; et c'est par la voix du président d'EADS North America, Ralph Crosby, que le groupe européen d'aéronautique et de défense a annoncé qu'il se retirait de la bataille.
Sur fond de querelle, les ventes d'Airbus et Boeing décollent
Les deux géants européen et américain ont multiplié les annonces de contrats pour un total de 55 milliards de dollars au salon aéronautique de Farnborough. Tout en continuant leur guerre de communication au sujet de leur dispute arbitrée par l'OMC.
Publié le 22/07/2010
Avions ravitailleurs: un délai de 60 jours pour EADS
Le Pentagone s'est dit prêt mercredi à retarder la date de clôture de l'appel d'offres pour ses avions ravitailleurs, accédant partiellement à la requête du groupe européen EADS qui espérait obtenir un délai de trois mois pour concourir face à Boeing.
Publié le 01/04/2010
Un candidat russe s'immisce dans la guerre Boeing-EADS
Qui emportera le marché des ravitailleurs américains ? Boeing, qui semble largement favorisé ? EADS, qui réclame des conditions équitables pour concourir ? Ou un troisième larron russe ?
Publié le 20/03/2010
"EADS a décidé de ne pas contester la décision" du Pentagone, a indiqué Ralph Crosby lors d'une conférence de presse à Washington. "Il est temps de placer en premier l'intérêt des combattants" et celui des contribuables américains, "donc nous nous retirons", a-t-il justifié, même si son groupe est "bien sûr déçu". L'issue de l'appel d'offres a été "déterminée par le prix", et l'avion de Boeing était moins cher, a noté le d'EADS North America, estimant néanmoins que "le ravitailleur présentant les meilleures capacités n'avait pas été sélectionné". L'avion proposé par Boeing "est un simple remplacement" des ravitailleurs existants, et celui d'EADS "une modernisation", a-t-il ajouté, précisant que son groupe avait fait une offre "très offensive et rationnelle".
Une double victoire pour Boeing
Le retrait définitif du groupe européen devrait apaiser les tensions transatlantiques sur les contrats d'armements. Il constitue toutefois une lourde déception pour les élus de l'Etat d'Alabama, qui espéraient la victoire d'EADS et la construction sur leurs terres d'une chaîne d'assemblage pour les avions-ravitailleurs. Pour le constructeur américain, en revanche, la victoire est double. Les chaînes d'assemblage du 767, qui servira de base au nouveau ravitailleur de l'US Air Force, seront tout d'abord maintenues en activité dix ans de plus. En outre, Boeing s'épargne de voir Airbus établir une tête de pont aux Etats-Unis qui lui faciliterait l'attribution de nouveaux contrats d'armement.
Le retrait définitif d'EADS permet à Boeing de lancer le contrat de développement des 18 premiers avions de la nouvelle flotte de tankers. Les nouveaux KC-46 remplaceront les KC-135 âgés d'une cinquantaine d'années. Selon Loren Thompson, analyste spécialisé dans la défense, Boeing peut effectivement maintenir en vie un de ses avions phares et maintenir à distance son premier rival. Mais, revers de la médaille, il souligne toutefois que Boeing se trouve désormais sous pression pour respecter le coût annoncé de son offre, jugé très bas. Ralph Crosby a indiqué que l'analyse faite par EADS permettait de conclure que le prix proposé par Boeing était de 21,4 milliards de dollars, contre 23,4 milliards pour Airbus, soit plus de 9% au-dessus. Selon le président d'EADS, le prix proposé par Boeing est "bien plus bas que ce que nous étions prêt à proposer". Les calculs d'EADS indiquent en revanche que le coût de développement du projet de Boeing est supérieur à celui d'EADS, avec 4,4 milliards de dollars pour la variante du 767, contre 3,5 milliards pour celle de l'A330.
Outre cette question du coût, qui sera sans doute difficile à respecter, se pose aussi celle des délais, alors que les nouveaux programmes d'aviation civile de Boeing sont plombés par des retards. D'où cette petite phrase lourde de sous-entendus de Ralph Crosby : "Nous nous tenons prêts avec un système pleinement opérationnel si Boeing ne parvient pas" à livrer les ravitailleurs en temps et en heure.
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