© AFPAmerican Airlines se targuait encore le mois dernier d'être l'une des rares grandes compagnies américaines à ne pas avoir récemment déposé le bilan. C'en est fini. La compagnie aérienne et sa maison-mère, la holding AMR, ont annoncé jeudi avoir déposé leur bilan. La continuité de ses opérations sera pour l'heure assurée grâce à une trésorerie disponible de 4,1 milliards de dollars, a assuré le groupe mardi. La compagnie a expliqué que la réorganisation qui va être désormais engagée, comme le permet le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, allait lui permettre d'abaisser durablement ses coûts de fonctionnement, notamment en matière salariale.
Airbus touche le jackpot avec American Airlines
Pour sa plus grande commande d'avions de l'histoire, la compagnie achète 260 Airbus et seulement 200 Boeing. C'est un revers pour le constructeur américain qui avait signé un accord d'exclusivité en 1996 avec la compagnie.
Publié le 20/07/2011
Le PDG, Gerard Arpey, a été remplacé dans toutes ses fonctions par Thomas Horton, un vétéran de la compagnie aérienne, qui devra mener à bien la restructuration sous supervision judiciaire. M. Horton est entré chez American Airlines en 1985 et y a fait toute sa carrière, à l'exception d'une période de quatre ans (2002-2006) passée chez l'opérateur téléphonique AT&T, où il était directeur financier.
Le marché estimait depuis longtemps que le groupe pourrait être contraint à une telle extrémité, faute de n'avoir pu obtenir de ses pilotes des concessions salariales suffisantes pour redresser ses comptes. Les pilotes d'American Airlines estiment de leur côté avoir assez donné, en consentant d'importants sacrifices financiers lors d'une précédente crise, en 2003, lorsque le groupe était alors le numéro un mondial du secteur. "Nous devons nous attaquer à notre structure de coûts, y compris nos coûts salariaux", a expliqué Thomas Horton.
Quid de la commande géante de 460 moyens courriers ?
"Notre très substantiel handicap en matière de coûts, en comparaison de nos grands concurrents - qui ont tous pu restructurer leur dette et leurs coûts sous la protection de l'article 11 de la loi sur les faillites-- est devenu progressivement intenable", avec l'intensification de la crise économique, a souligné M. Horton, cité dans le communiqué. American Airlines a assuré qu'il poursuivrait ses services normalement et que ses clients continueraient à recevoir les services auxquels ils sont habitués. Le groupe, qui a massivement investi pour renouveler sa flotte, ne dit toutefois rien du devenir de la commande géante de 460 moyens courriers (260 Airbus A320 et 200 Boeing 737) annoncée en juillet. M. Horton a fait la quasi-totalité de sa carrière chez American Airlines, à l'exception d'une parenthèse de quatre ans (2002-2006) chez l'opérateur téléphonique AT&T, où il était déjà directeur financier.
Le 17 novembre, Standard and Poor's (SP) avait annoncé qu'elle abaissait les notes de la dette de la compagnie aérienne américaine et de sa maison mère à "CCC+" contre "B-" et a averti qu'elle pourrait les baisser encore. L'agence justifie sa décision par les difficultés rencontrées dans les négociations avec les syndicats de pilotes et le fait que la compagnie ait eu une performance "inférieure à celle de ses concurrentes".
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