Près de 36 films français en péril : les industries du cinéma en appellent à Sarkozy

le 19 décembre 2011 à 11h28 , mis à jour le 19 décembre 2011 à 17h45

"Astérix au Service de sa Majesté", "La Vérité si je mens 3", "Infidèle" de Jean Dujardin : tous ces films pourraient être victimes de la fermeture annoncée de sociétés de post-production. La Fédération des industries du cinéma a écrit au chef de l'Etat pour obtenir son soutien. Les producteurs d'"Astérix" ont annoncé qu'ils avaient les moyens de faire face.

Astérix et Obélix : au service de sa majesté de Laurent TirardAstérix et Obélix : au service de sa majesté de Laurent Tirard © Wild Bunch Distribution

Le groupe Quinta Industries, détenu à 83% par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar, a été placé jeudi en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre. Depuis lors, tout le milieu du cinéma bout de rumeurs et d'inquiétudes. Car Quinta Industries est spécialisé dans la post-production. Et la décision du tribunal de commerce de Nanterre signifie une fermeture des laboratoires techniques impliqués dans le courant de cette semaine. En tout, pas moins de 36 longs métrages sont directement menacés. Parmi eux, Astérix et Obélix, au service de sa Majesté (voir encadré), La Vérité si je mens 3, Infidèle de Jean Dujardin et Gilles Lellouche, le prochain Leos Carax (Holly Motors) ou encore Thérèse Desqueyroux de Claude Miller. Autant de films qui se retrouvent "en grave péril", souligne ce lundi Thierry de Segonzac, président de la Fédération des industries du cinéma, dans une lettre adressée directement à Nicolas Sarkozy. La semaine dernière déjà, la sortie en salles du film de Martin Scorsese Hugo Cabret avait failli être annulée, avant d'être sauvée par des copies tirées à Rome.

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La Fédération des industries du cinéma propose donc son aide et demande le soutien du chef de l'Etat face à "la gravité et l'urgence" d'une situation susceptible d'entraîner des "conséquences économiques et culturelles irréversibles".

"Des dommages collatéraux considérables"

"Les procédures collectives (redressement et liquidation judiciaires) dont font l'objet le Groupe Quinta et ses différentes filiales (...) provoqueront des dommages collatéraux considérables inhérents" au stockage des oeuvres, affirme Thierry de Segonzac. "Toutes saisies et déplacements des serveurs informatiques entraîneraient la perte irrévocable des éléments" qui représentent près de 300 millions d'euros d'investissements de production - 25% de l'investissement annuel du cinéma français, explique-t-il.

En d'autres termes, si les différents sous-traitants et partenaires économiques des sociétés concernées (Quinta Industries, Laboratoire LTC, Auditorium SIS, Scanlab, Duran Duboi) viennent récupérer leur matériel et recouvrer leurs créances, les images actuellement stockées dans les disques durs de ces sociétés seront perdues. "Face à ce péril, souligne Thierry de Segonzac, l'ensemble des Industries techniques nationales se sont mobilisées et proposent la mise en place d'un dispositif de sauvetage immédiat, organisé autour d'un processus de sauvegarde des éléments et de la poursuite et finitions des productions en cours".

La Fédération, qui regroupe quelque 180 sociétés spécialisées dans la post-production, les effets spéciaux, l'animation, souhaite gagner un peu de temps afin que les producteurs des films en jeu puissent désigner d'autres prestataires en son sein pour continuer le travail. "Dès lors, la réussite de ce dispositif implique une mobilisation et une réactivité immédiate des pouvoirs publics et une sensibilisation de l'institution judiciaire autour des professionnels", affirme-t-elle dans son courrier.

"Astérix a les moyens de faire face" selon ses producteurs

"Astérix et Obélix, au service de sa majesté" sera bien dans les salles le 17 octobre. Parole de producteurs! "Nous tenons à signaler qu'en aucune manière le film n'est en 'grave péril'. Nous devons faire fasse à des difficultés techniques importantes liées à l'arrêt de travail dans les différentes sociétés du groupe Quinta. Mais nous avons les moyens de faire face", assurent Marc Missonnier et Olivier Delbosc, producteurs chez "Fidélité Films". Tous les deux travaillent actuellement à trouver des solutions, notamment pour "la reprise de l'ensemble des effets spéciaux par des sociétés tierces". Une reprise qui "va s'accompagner de surcoûts importants, que nous n'avions évidemment pas prévus, mais qui sont gérables dans le cadre d'une production comme Astérix". Les producteurs ont fait part "en revanche de [leur] plus grande inquiétude" pour les autres films concernés et se sont dits "solidaires" de la démarche de la Ficam.

le 19 décembre 2011 à 11:28
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40 Commentaires

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  • hiboux12, le 20/12/2011 à 06h06

    Vous appelez ça des films .............. ?

  • 421123, le 20/12/2011 à 03h58

    Et il faudrait financer les pîtreries du Show-Bizz?

  • alkamiga, le 20/12/2011 à 03h50

    Sans rire, vous lisez les articles avant de vous enflammer? Les "gens du cinéma" ne réclament pas d'argent, d'aide de l'état ou je ne sais quelle taxe... Ils n'ont pas besoin qu'on "renfloue leurs caisses". La société (qui n'est pas une société de production de films) qui gère la post-production des films, et qui donc a tous les films en cours de traitement stockés sur ses disques durs est en liquidation judiciaire. Et les créanciers risquent de saisir entre autres les ordinateurs et disques durs pour en retirer de l'argent, ce qui est normal. Mais les client de cette société perdraient les films qu'ils lui ont confié, et tout le travail effectué dessus! Ils demandent juste que l'Etat leur permette un délai pour au moins récupérer leurs films avant saisie! Et cette demande est normale. C'est à cause de la dette d'une société que vous voudriez que ses clients soient ruinés aussi?

  • nicolasmx, le 20/12/2011 à 02h04

    Et pourquoi devrions-nous subventionner avec de l'argent public ces gens ? car c'est bien in fine ce qu'ils réclament ? Qu'ils fassent des films qui se vendent, et il n'auront pas besoin de l'aide de l'Etat pour les faire !

  • jeanluck88, le 19/12/2011 à 22h47

    Ils se sont bien foutus de nous avec Hadopi, et bien qu'ils dansent, maintenant.

  • eagle13, le 19/12/2011 à 20h29

    De toute manière je n'aime pas les films français, dont je ne regarde jamais, je regarde que les films américains, ils sont meilleurs acteurs.

  • morob..., le 19/12/2011 à 18h20

    Mais il s'en fout bon sang! ça lui ramène pas de fric!

  • yggdrazil88, le 19/12/2011 à 18h12

    Que des bons films...

  • tosca66, le 19/12/2011 à 16h50

    Ben voyons!.....ils ne gagnent pas encore assez, quand on sait ce que gagne les acteurs , c'est indécent, quand on voit la misère qui règne, les petits retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui ont une retraite de misère, tout ces gens de cinéma devraient avoir honte, !

  • rk91000, le 19/12/2011 à 16h41

    Ils ne voudraient tout de même pas qu'on leur donne encore de l'argent publique? On est déjà largement taxés la dessus pour "aider" le cinéma. donc stop ! Que la profession de débrouille par elle-même. Ces films ne constituent en rien une nécessité. Si de l'argent publique doit être versé c'est sur d'autres secteurs.

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