Atomic Anne va-t-elle sauter?

Par , le 09 février 2011 à 10h47 , mis à jour le 09 février 2011 à 13h43

Cent fois donnée partante, Anne Lauvergeon est candidate à sa propre succession à la tête d'Areva. Mais ils sont nombreux à briguer son poste.

Anne Lauvergeon et Henri Proglio lors d'une visite de François Fillon en 2009Anne Lauvergeon et Henri Proglio lors d'une visite de François Fillon en 2009 © DR

Aucun de ses ennemis n'a encore réussi à la chasser. Anne Lauvergeon a survécu pendant près de 20 ans au panier de crabes du pouvoir politique et industriel français mais elle doit aujourd'hui relever un défi épineux : garder la tête d'Areva, le spécialiste public du nucléaire dont elle a orchestré la création. A 51 ans, la seule femme française à diriger un groupe de cette envergure se retrouve face à une foule de prétendants supposés pour son poste.

Plus d'infos

 
Alors que la presse la dit régulièrement sur le point d'être limogée, son destin est aujourd'hui entre les mains du président de la République, qui doit la reconduire ou la remplacer alors que son mandat, le deuxième, arrive à échéance fin juin.  Surnommée "Atomic Anne" par la presse anglo-saxonne et "Madame Non !" par ses détracteurs, Anne Lauvergeon s'est battue pour préserver l'indépendance
d'Areva depuis sa création, en 2001, s'opposant à tout projet d'absorption de son groupe par Alstom ou EDF.  Elle a en outre multiplié les sujets de désaccord avec Henri Proglio, réputé proche de Nicolas Sarkozy, qui l'a nommé fin 2009 à la tête d'EDF, le premier client d'Areva. Ces querelles publiques l'ont affaiblie, jugent certains.
 
Mini-jupe et bras de fer
 
De son poste auprès de François Mitterrand - à l'organisation des sommets internationaux - aux couloirs de la banque d'affaires new-yorkaise Lazard, "Atomic Anne" s'est fait presque autant d'amis influents que d'ennemis viscéraux. Pur produit de l'élite française passée par l'école des Mines et Normale supérieure, elle a su cependant rester spontanée et n'a jamais adopté les codes du monde de l'énergie. Sa confiance en elle et sa féminité dans un univers très masculin - où ses mini-jupes en cuir, talons hauts et manteaux de fourrure détonnent - ont fait d'elle une star des médias. Omniprésente, elle s'est aussi investie dans la commission Attali pour la croissance (Dans cette interview, Anne Lauvergeon confiait ses motivations à TF1 News).
 
C'est au cours de ces années auprès de François Mitterrand qu'elle a rencontré Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget d'Edouard Balladur. Une fois élu président, il lui a proposé le ministère de l'Economie mais elle a décliné l'offre. C'est le premier mécontentement d'une longue série. Areva a enregistré d'importants surcoûts sur le chantier du réacteur EPR finlandais, l'allemand Siemens a annoncé de façon inattendue qu'il sortait de leur filiale commune de réacteurs, la France a perdu un projet nucléaire de 40 milliards de dollars à Abou Dhabi et Anne Lauvergeon a eu toutes les peines du monde à obtenir une augmentation de capital. La rumeur veut que, si elle quittait Areva, elle pourrait revenir chez Lazard, prendre la tête de la RATP ou devenir ministre de l'Industrie. Il y a pire destin.

Qui d'autre ?

Nicolas Sarkozy devrait recevoir d'ici la fin février une liste de candidats potentiels à la succession d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva. Cette liste, préparée notamment par le président du conseil de surveillance d'Areva Jean-Cyril Spinetta, comprendrait Anne Lauvergeon elle-même, l'ancienne ministre du Commerce extérieur Anne-Marie Idrac, le directeur général délégué d'EADS Marwan Lahoud, le PDG de Rhodia Jean-Pierre Clamadieu et Yazid Sabeg, le président de CS Communication & Systèmes, selon une source proche du dossier. D'autres personnalités ne sont pas à exclure et, selon une autre source proche du dossier, un homme politique pourrait lui aussi se porter candidat à la direction d'Areva.

Par Olivier Levard le 09 février 2011 à 10:47
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14 Commentaires

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  • cast12, le 10/02/2011 à 09h45

    Le monsieur de derriere, prendrait bien le poste, 2 millions de plus par an, c'est confortable

  • kikigigi44, le 09/02/2011 à 19h02

    @alain paris .....Vous connaissez la diférence entre P. Berregovoy et J. Sarkosy ??? le premier était autodidacte et le second est scooterdidacte !!!!!

  • beegees26, le 09/02/2011 à 19h02

    Je suis d areva..faut qu elle reste !

  • nicapae, le 09/02/2011 à 18h12

    Proglio mon père le connaissait, il lui a vendu son entreprise de nettoyage il y a 30 ans, il a vite monté les échelons..

  • bibi32000, le 09/02/2011 à 17h34

    Présidente du directoire d'Areva, Administrateur de GDF-Suez, Administrateur de Vodaphone Group PLC, Administrateur de Total SA, cette dame est toujours vivante? Je croyais que ces grands patrons étaient surchargés et méritaient des salaires à 100 000 euros mensuels en se tuant à la tâche...Selon L'Expansion, la rémunération totale d'Anne Lauvergeon se situerait pour 2009 à 1,12 million d'euros... (mauvaise année 2009) Mais bon, elle au moins, elle a des diplômes supérieurs.

  • wdelecourt, le 09/02/2011 à 17h19

    Oh que je suis d'accord avec vous !

  • alain-paris, le 09/02/2011 à 17h12

    Peut être le fils ferait l'affaire ?

  • rv30, le 09/02/2011 à 17h07

    Et pourquoi pas Jean , il a rien eu à noël !!!

  • gg92, le 09/02/2011 à 16h08

    Sarko n'a personne à caser ?

  • odalaray, le 09/02/2011 à 15h37

    Je me porte candidat à sa succession.

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