Besson "choqué" par le "silence" de Petroplus sur Petit-Couronne

le 12 janvier 2012 à 10h16 , mis à jour le 12 janvier 2012 à 10h20

Si le raffineur suisse, dont les crédits ont été coupés, a annoncé un accord provisoire avec des créanciers, il n'a rien dit sur l'avenir de trois de ses raffineries à l'arrêt dont celle de Petit-Couronne, en Seine-Maritime. Eric Besson reçoit le patron du groupe cet après-midi.

Le site Petroplus de Petit-CouronneLe site Petroplus de Petit-Couronne © LCI

Le raffineur suisse Petroplus, qui a perdu 415 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de son exercice 2011, a annoncé ces derniers jours la mise à l'arrêt de trois de ses cinq raffineries : à Petit-Couronne, en Seine-Maritime ; à Anvers, en Belgique ; à Cressier, en Suisse. Petroplus ne peut plus acheter de brut depuis que ses banques ont bloqué le mois dernier des lignes de crédit d'un montant d'un milliard de dollars environ. Ce qui suscite des inquiétudes croissantes sur le site de Petit-Couronne, où les salariés, résolus à faire de leur situation un point de débat de la campagne électorale, ont multiplié les invitations de candidats à la présidentielle, incités à venir s'expliquer dans les locaux de la raffinerie sur leur programme économique.

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Le groupe Petroplus, pour sa part, continue de négocier avec les banques et a annoncé mercredi avoir trouvé un accord temporaire avec ses créanciers, qui lui permettra de continuer à faire fonctionner certaines de ses activités et de payer des factures, avec un possible accord définitif d'ici la fin du mois. "Cet accord est conçu pour fournir les ressources financières nécessaires à certaines dépenses vitales", a précisé le groupe dans un communiqué. Il  permettra également aux parties de négocier un "amendement au Credit Revolving Facility qui devrait être complété durant la deuxième moitié de janvier 2012". Le groupe suisse a annoncé par ailleurs qu'il est en négociation avec "une tierce partie concernant l'alimentation en pétrole brut et en matières premières pour les raffineries de Coryton et Ingolstadt".

Besson veut "faire le point"

Quid de Petit-Couronne ? Les salariés de la raffinerie de Seine-Maritime ont le sentiment d'être oubliés dans l'affaire. Si Petroplus a bien fait mention, dans son communiqué, de ses trois autres raffineries à l'arrêt, il indique seulement que "les raffineries de Petit-Couronne et d'Anvers ont été arrêtées en toute sécurité" et que "la raffinerie de Cressier devrait manquer de stocks de pétrole brut et commencer à être arrêtée la semaine prochaine".

Aussi le ministre de l'Industrie a-t-il annoncé ce jeudi son intention de monter au créneau. Eric Besson s'est dit "choqué" par le "silence" de Petroplus sur l'avenir de certaines de ses raffineries. Il a dénoncé également une "annonce qui n'a fait l'objet d'aucune information préalable auprès des salariés des raffineries concernées". Et il recevra jeudi après-midi Jean-Paul Vettier, PDG de Petroplus, "afin de faire le point sur les responsabilités du groupe Petroplus concernant l'avenir de la raffinerie de Petit-Couronne et de ses salariés". Une réunion avec les industriels du raffinage, de la logistique et de la distribution des produits pétroliers est également prévue vendredi, "afin de mobiliser l'ensemble de la filière".

Le cas de la raffinerie de Petit-Couronne, qui compte 550 salariés, est d'autant plus douloureux que le site n'en est pas à sa première bourrasque en matière économique et sociale.  Il  avait été racheté en 2008 au groupe Shell que les syndicats jugent responsable de la situation actuelle. Le gouvernement français a déclaré la semaine dernière qu'il allait proposer son appui, "sous des formes diverses", pour la sauvegarde de la raffinerie française menacée de fermeture.

le 12 janvier 2012 à 10:16
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6 Commentaires

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  • thimo2, le 12/01/2012 à 22h58

    Il faut se souvenir des grèves de l'automne 2010 quand les syndicats ont fait bloquer l'approvisionnement en produit pétrolier de la France pour faire plier le gouvernement . Il semblerait que ce choix résultait du fait que les pétroliers ont un droit de 17 jours de grève rémunérée; c'est le temps qu'a duré le blocage. Non seulement le gouvernement n'a pas cédé mais maintenant la survie des raffineries françaises est menacée avant celle des raffineries étrangères. Le malheur de ces futurs chômeurs aura été comme bien souvent de faire confiance à des syndicalistes qui ne sont même pas élus mais cooptés par un système dont le business n'a pas le même objectif que celui des travailleurs qui remettent l'avenir entre leurs mains. Les victoires qu'ils prétendent obtenir dans le court terme ne sont que des victoires à la Pyrrhus, souvent liées à l'affaiblissement chronique de l'entreprise, qui se révèlent toujours désastreuses sur le long terme; mais cela n'est pas leur problème. Il n'y a rien de plus triste que de voir ces femmes en pleur et impuissantes face à la catastrophe d'une faillites, à cause d'une succession de "victoires syndicales" dont elles n'ont même pas été partie prenante.

  • bill_boquet, le 12/01/2012 à 17h01

    Vous expliquez très clairement le fonctionnement de la filière pétrolière. Monsieur Besson ne vous croira pas car il n'a pas les idées claires au sujet de l'économie : seules les élections à venir le préoccupent..

  • eliot1949, le 12/01/2012 à 16h13

    Monsieur Besson n'a pas ecouté la radio Suisse ce matin. Les banques ont décidées de soutenir une rafinerie en Anglterre 2 en Allemagne le reste sera fermé. Il faut comprendre que le raffinage du brut n'est plus fait sur les pays de distribution mais à la source c'est à dire que les pays producteurs de brut ont maintenant leur propre raffinage sur place. Les grandes companies comme Total, BP ect... gagnent de l'argent sur la production du brut, sur la distribution mais en perdent sur le rafinage. Petroplus n'est qu'une société de rafinage et il ne peuvent pas se "rebecter" sur au moins la distribution. Le rafinage est le parent pauvre de la filiere.

  • 732..poitier, le 12/01/2012 à 13h13

    Ceux qui vous ont formés ne vous ont pas appris la correction et le respect...de cela nous sommes certains...

  • frankch, le 12/01/2012 à 11h55

    Les suisses ne savent pas gérer ce genre de situation, on a bien vu la faillite de Swissair et les conséquences sur les clients qui se retrouvaient le bec dans l'eau, sans parler du personnel... En Suisse la dimension RH est à l'identique des pays Anglo Saxons, et le droit du travail est très souple, cela est bon dans certains cas et dangereux dans d'autres. Gouverner, c'est prévoir.

  • bill_boquet, le 12/01/2012 à 11h49

    Monsieur Besson, qui est issu de l'Ecole Supérieure de Commerce de Montpellier, a-t-il quelques notions de l'économie d'entreprise ? Son attitude imbécile et primaire n'est pas flatteuse pour les professeurs qui l'ont formé !

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