L'annonce du choix de Boeing pour équiper l'armée de l'air américaine (24/02/2011) © TF1/LCI
- Coup dur pour EADS dans le marché des ravitailleurs - 01 min 06 s
Sur fond de querelle, les ventes d'Airbus et Boeing décollent
Les deux géants européen et américain ont multiplié les annonces de contrats pour un total de 55 milliards de dollars au salon aéronautique de Farnborough. Tout en continuant leur guerre de communication au sujet de leur dispute arbitrée par l'OMC.
Publié le 22/07/2010
Avions ravitailleurs: un délai de 60 jours pour EADS
Le Pentagone s'est dit prêt mercredi à retarder la date de clôture de l'appel d'offres pour ses avions ravitailleurs, accédant partiellement à la requête du groupe européen EADS qui espérait obtenir un délai de trois mois pour concourir face à Boeing.
Publié le 01/04/2010
Un candidat russe s'immisce dans la guerre Boeing-EADS
Qui emportera le marché des ravitailleurs américains ? Boeing, qui semble largement favorisé ? EADS, qui réclame des conditions équitables pour concourir ? Ou un troisième larron russe ?
Publié le 20/03/2010
Est-ce la fin de la guerre ? Probablement. Mais il ne faut jurer de rien dans un dossier qui a vu s'opposer pendant une décennie les géants américain et européen de l'aéronautique, Boeing et Airbus, pour rafler le "méga-contrat" des ravitailleurs de l'armée américaine. Reste que si le groupe EADS a encore dix jours pour faire appel, il semble pouvoir tout au plus bloquer un certain temps encore l'attribution définitive du contrat à son ennemi juré.
Le choix du gouvernement américain a été officialisé jeudi soir par le secrétaire à l'Armée de l'air, Michael Donley, lors d'un point presse au Pentagone : "Aujourd'hui, a-t-il déclaré devant les journalistes, sur la base de critères bien évalués (...) nous annonçons que l'Armée de l'air a choisi la proposition avancée par l'entreprise Boeing". Et il a tenu à préciser d'emblée que la commande avait été attribuée au terme d'un processus de sélection "équitable, ouvert et transparent", espérant que "les deux parties respecteront cette décision et permettront à cette importante acquisition d'avancer sans obstacle". Quant au secrétaire adjoint à la Défense, William Lynn, il a assuré que "Boeing l'emporte haut la main", comme pour tenter de désamorcer l'appel que tout le monde attend de la part du groupe EADS.
Un contrat à haute teneur politique
Les ravitailleurs américains KC-135 à remplacer sont en exercice depuis près d'un demi-siècle et doivent impérativement trouver leurs successeurs. D'où le match sans merci qui opposait depuis des années Boeing à l'avionneur européen dans un interminable bras-de-fer à l'enjeu énorme. Le contrat porte sur 179 appareils, pour un prix évalué à plus de 30 milliards de dollars. Dix-huit avions devront être livrés d'ici 2017. Outre la fourniture des appareils, Boeing devra en assurer l'entretien, ce qui représente un contrat courant sur plusieurs dizaines d'années. Jeudi soir, le groupe s'est dit "honoré" par la décision du Pentagone et d'ores et déjà "prêt" à produire les appareils demandés.
Dans ce match de titans, tous les coups étaient permis. Y compris et surtout les coups politiques... et les arguments en termes d'emplois. Boeing avait plutôt les faveurs des démocrates et, associé à 800 fournisseurs répartis dans une quarantaine d'Etats, il vantait un avion tout américain, mettant en avant les emplois créés aux Etats-Unis : 50.000 au total. Airbus, qui cherchait plutôt ses soutiens côté républicain, assurait que son projet créerait 48.000 emplois aux Etats-Unis, et soulignait que l'usine d'assemblage prévue à Mobile, dans l'Alabama, apporterait un ballon d'oxygène à une région qui a été durement frappée par la marée noire dans le golfe du Mexique. L'européen mettait de plus en avant les performances supérieures de son appareil par litre de carburant, assurant aller au-delà des 372 exigences minimales fixées par le Pentagone.
Un avion qui "n'a jamais volé"
Ce dossier a ainsi déjà vu l'intervention de personnages aussi médiatiques et redoutables que le sénateur John McCain, candidat malheureux à la présidentielle américaine mais à la compétence reconnue sur les dossiers militaires. Il s'était alors révélé un allié de poids pour les Européens, en soulevant des soupçons de manoeuvres frauduleuses lors d'une précédente victoire de Boeing. Le dossier relancé, c'est EADS, associé à l'américain Northrop Grumman, qui avait remporté en février 2008 l'appel d'offres concernant les avions ravitailleurs. Mais l'opération avait de nouveau été annulée à la suite de protestations de Boeing à propos des règles de procédure.
Cette fois encore, l'annonce de cette nouvelle victoire de Boeing a été immédiatement saluée par des déclarations politiques : Patty Murray, sénatrice de l'Etat de Washington où Boeing a prévu de construire les ravitailleurs dans son usine d'Everett, s'est félicitée de ce qu'elle a qualifié de "victoire majeure pour les travailleurs américains, l'industrie aéronautique et spatiale américaine et l'armée américaine". Silence radio en revanche du côté des élus de l'Alabama... Le président du syndicat AFL-CIO, Richard Trumka, a salué pour sa part "un énorme coup de pouce pour les travailleurs américains et l'objectif du président Obama de créer des emplois dans le pays".
Faisant remarquer que l'avion de Boeing n'a jamais volé, EADS s'est dit "déçu" et "inquiet" de la décision américaine, sans indiquer s'il comptait faire appel, comme il en a la possibilité. La commission de la Défense de la Chambre des représentants a annoncé en tout cas qu'elle allait organiser une audition pour s'assurer que l'évaluation faite par le Pentagone a bien été "transparente et juste pour chaque concurrent".
EADS "perplexe"
Le président exécutif d'EADS, Louis Gallois, s'est dit "déçu et perplexe" vendredi après la décision mais a assuré que cela ne changeait pas "la trajectoire économique" du groupe européen. Il a en outre indiqué que la décision de faire appel ou non n'était pas encore prise. A la Bourse, le marché sanctionnait en tout cas cette déception :
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