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Comment doper durablement la filière automobile ?


le 23 juillet 2012 à 09h40 , mis à jour le 23 juillet 2012 à 09h43.
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Usine de Peugeot PSA en France.

Usine de Peugeot PSA en France. / Crédits : TF1/LCI

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EntreprisesLe gouvernement doit annoncer mercredi de nouvelles mesures de soutien à une filière en crise. L'automobile a pourtant déjà eu droit à un plan de relance, dont la mesure phare était la prime à la casse. Mais il n'a eu qu'un effet temporaire sur les ventes.

En plein dossier PSA, dont le détail du plan social prévoyant quelque 8000 suppressions de postes doit être dévoilé mercredi en comité central d'entreprise extraordinaire, le gouvernement multiplie les consultations avant l'annonce de mesures d'aides à la filière automobile. Jean-Marc Ayrault reçoit ainsi ce lundi à 15 heures le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin. Mercredi, il rencontrera à Matignon le numéro un de Renault, Carlos Ghosn. Et c'est le même jour que seront présentées, en conseil des ministres, les mesures pour soutenir la filière automobile.

La prime à la casse, un bol d'air

Le secteur automobile, durement frappé par la crise, avait déjà bénéficié dès 2008 d'un plan de relance salutaire. Mais dont la mesure phare, la prime à la casse, n'a dopé les ventes que temporairement. Instaurée en 2008 et prolongée jusqu'à fin 2010 de manière dégressive, la prime à la casse est passée de 1000 à 700 euros, en janvier 2010, pour terminer à 500 euros. Cette prime était octroyée par l'Etat pour l'achat d'un véhicule neuf peu polluant s'accompagnant de la cession d'un véhicule de plus de 10 ans.

"Sans elle, la filière se serait effondrée", affirme François Roudier, du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Il rappelle que la prime "a permis de vendre 150.000 à 300.000 voitures supplémentaires par an entre 2009 et 2011", dans un marché français qui écoule d'habitude environ 2 millions de véhicules à l'année. Elle a également favorisé le renouvellement du parc automobile en éliminant les voitures les plus anciennes et les plus polluantes. C'était aussi le but du bonus-malus, issu du Grenelle de l'Environnement, qui instaurait une prime sur l'achat d'un véhicule dit "propre".

"Une facture salée" : un milliard d'euros en deux ans

Les experts estiment toutefois que le caractère temporaire de telles mesures n'est pas adapté aux problèmes structurels que rencontre aujourd'hui le secteur automobile français. De plus, il relève que la prime à la casse aura coûté à l'Etat la bagatelle de un milliard d'euros en deux ans. "Une facture salée, bien supérieure aux prévisions initiales", souligne Flavien Neuvy, de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. Parmi les mesures adoptées au plus fort de la crise, le prêt de 6 milliards d'euros sur cinq ans octroyé en 2009 par l'Etat aux groupe Renault et PSA est lui aussi considéré comme salvateur. "C'était une question de survie. Les constructeurs ne parvenaient plus à se financer et l'Etat a pris le relais face à des marchés bloqués", explique Flavien Neuvy. Les prêts ont été intégralement remboursés de manière anticipée, permettant même à l'Etat d'engranger des intérêts.

Autre dispositif, le recours au chômage partiel a lui aussi été utilisé par les entreprises du secteur pour amortir les effets de la chute d'activité. "L'industrie automobile est forte consommatrice du chômage partiel mais là encore, c'est une mesure transitoire, sans effet lorsque la demande est durablement faible, comme c'est le cas aujourd'hui en France", analyse Flavien Neuvy. Selon l'expert, c'est sur l'innovation que devraient aujourd'hui se porter les efforts. "Dans un marché mature comme le nôtre, la capacité à produire des voitures nouvelles en matière de technologie ou de consommation d'énergie est une des pistes possibles", estime-t-il. "Or, en période de crise, les industriels peuvent être tentés par la facilité et limiter les crédits de Recherche et Développement", conclut-il.

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  • froggyb : Il suffit de faire comme General Motors: Le choix entre la faillite ou tout le monde perd son job, ou des accords avec les syndicats pour sauver l'entreprise de la ruine. Aux Etats Unis, les salaires chez GM c'est 50% de moins qu'avant leur presque faillite....C'est bizarre, en Grande Bretagne, on entend également des syndicats qui font des compromis, comme la semaine de 4 jours payés 4 a la place de licenciements...Pourquoi ne voit-on pas ce genre de choses en France? Tres simple "touche pas a mon acquis social" semble etre le maitre mot, alors on n'y touche pas mais on vire du personnel et on décentralise a la place. C'est bizarre, les salaires de l'automobile en Grande Bretagne sont 15% plus élevés qu'en France, mais le cout du travail n'y est que de 20 Euros de l'heure comparé aux 34 Euros de l'heure en France. Pourquoi? Simple: Moins dimpots. Good luck quand meme avec ces syndicats tres 19eme siecle.... et un gouvernement qui apparemment veut rendre l'heure de travail encore plus chere a coup de CSG et d'imposition des heures sup!

    Le 23/07/2012 à 17h48
  • cathyrurale : C'est la consommation qui fait l'économie. Baisser les charges salariales (et non patronale) et redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs et la consommation repartira. Mais vu que l'état n'a comme seul solution à tout les problèmes de taxés et taxés encore plus, à la fin il bloque l'économie. Mais pour les ministres socialos, le seul pouvoir d'achat qui est important, c'est le leur.

    Le 23/07/2012 à 16h52
  • edouarddu34 : Vouloir "doper" un marché, c'est vouloir faire en sorte qu'il produise encore plus que la demande, mais lorsque les effets du produit dopant s'arrêtent... le marché s'écroule ! Il vaudrait mieux simplement pouvoir adapter la production au marché, être "flexible", produire beaucoup quand le marché est en demande, produire moins quand il ne l'est pas, c'est la seule solution. Obliger ou "pousser" les gens à acheter alors qu'ils ne le feraient pas en temps normal avec leurs moyens normaux, c'est être à côté de la plaque, ça ne marche pas bien longtemps. C'est le gros problème de l'idéologie socialiste. Ça ne peut pas marcher dans une économie de marché justement. Ou alors il faut changer de système économique, fermer les frontière, empêcher la concurrence, etc.

    Le 23/07/2012 à 15h53
  • al38240 : Bref, il ne reste pas grand chose au gouvernement actuel pour trouver des solutions. C'est bientôt les J.O. : on brasse, on brasse... pas de l'eau mais du vent !

    Le 23/07/2012 à 14h11
  • philfrtw : Bonjour IC1980. Certes vous avez raison, mais les voitures que nous faisions jusqu'au début des années 60 étaient du même niveau que les Mercedes de l'époque ! Nous savons faire de bonnes voitures, mais nous ne voulons pas en faire... Faudrait-il que Renault et PSA crée leur propre marque haut de gamme, comme l'on savamment fait Nissan avec Infiniti et Toyota avec Lexus ? Citroën en prendrait-il la voie avec la gamme DS ?

    Le 23/07/2012 à 13h51
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