PSA pourrait supprimer 5000 emplois en Europe

le 26 octobre 2011 à 08h14 , mis à jour le 26 octobre 2011 à 11h41

Face à des résultats en baisse, le constructeur va engager 800 millions d'euros de réductions de coûts supplémentaires en 2012. Selon son directeur financier, tous les effectifs pourraient être concernés - et pas seulement les intérimaires.

 
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D'emblée, le directeur financier de PSA Peugeot Citroën, Frédéric Saint-Geours, a prévenu mercredi matin lors d'une conférence téléphonique : "Il est tout à fait probable qu'il y ait des impacts sur les effectifs". Le constructeur automobile, qui souffre de difficultés sur le marché européen, a annoncé un plan d'économies supplémentaires pour 2012 de 800 millions d'euros. Lors d'une conférence avec des analystes financiers, un peu plus tard en matinée, le président du directoire du groupe, Philippe Varin, a glissé cette précision : "Cela pourrait concerner 10% des effectifs". Des effectifs ne participant pas à la production de véhicules, a souligné peu après un porte-parole du groupe, ce qui représenterait au total 5000 postes.

Qui serait concerné ?

PSA employait au 30 juin 205.400 salariés dans le monde, dont 100.000 en France. En ce qui concerne les fonctions qui ne sont pas liées à la production, PSA emploie en Europe 50.000 personnes, 42.000 relevant des effectifs en propre du groupe, tandis que 8000 supplémentaires viennent de sociétés externes. Sur les effectifs en propre du groupe, "ça ne dépassera pas 2500" suppressions, a ajouté le porte-parole. Des syndicats redoutent pour leur part que 800 postes d'intérimaires soient concernés en France. Les marchés, pour leur part, approuvent la perspective de ce plan, puisque l'action PSA est à la hausse. Les 800 millions d'économies supplémentaires évoqués, qui viendront s'ajouter au plan sur trois ans que le groupe a lancé en 2009 et qui doit lui permettre d'économiser 3,7 milliards d'euros en tout, seront tirés pour 400 millions sur les achats et pour 400 millions sur les frais fixes.

Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a fait savoir après cette annonce qu'il allait "s'entretenir" avec Philippe Varin. "L'annonce de ce plan est quelque chose de scandaleux, alors que la situation financière de l'entreprise est bonne. Il n'y a pas de raison d'aller vers des suppressions d'emploi", a réagi pour sa part Bruno Lemerle, délégué CGT au comité de groupe européen de PSA. "Les conditions de travail sont déjà assez surchargées comme ça, on n'a pas besoin d'une réduction des effectifs", a-t-il souligné.

Les effets de la guerre des prix

Le premier constructeur automobile français et deuxième européen a par ailleurs revu en baisse ses prévisions annuelles après avoir souffert au troisième trimestre. Le chiffre d'affaires de sa division automobile, la plus importante, a reculé de 1,6% à 9,3 milliards d'euros en raison de "l'intensification de la guerre des prix" en France et de la perte d'un volume de production de 45.000 véhicules en septembre du fait de difficultés d'approvisionnement en vis de la part de son fournisseur Agrati. Le chiffre d'affaires total sur le trimestre a progressé de 3,5% à 13,45 milliards.

Le groupe table à présent sur un résultat opérationnel courant pour sa branche automobile "proche de l'équilibre, alors qu'avant nous l'estimions nettement positif", a annoncé Frédéric Saint-Geours. Le flux de trésorerie courant, qui était attendu "proche de l'équilibre", "nous disons aujourd'hui qu'il sera négatif", a-t-il encore déclaré. Il table sur une stabilisation du marché automobile européen, une croissance de 7% du marché chinois, d'environ 6% pour l'Amérique latine et de 30% en Russie.

le 26 octobre 2011 à 08:14
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17 Commentaires

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  • lucidite, le 26/10/2011 à 13h49

    Un peu tendancieux d'imaginer une intervention pour contrer les nécessaires licenciements pour motif économique. Dès lors que ces ruptures sont assorties des mesures d'accompagnement et requalification (avec obligations et sanctions aussi pour le travailleur) c'est tout à fait dans l'intérêt de celui-ci que de pouvoir progresser plutôt que de stagner dans un emploi fictif, dépassé par les événements et dénoué de toute justification économique. Selon le principe de la « destruction créatrice » (Schumpeter) 15% des emplois doivent cesser chaque année, pour un niveau égal de création de nouveaux postes différents. Entraver cette modernisation c'est augmenter le chômage de longue durée et faire stagner les avancées et la compétitivité.

  • julescesar59, le 26/10/2011 à 12h32

    Les effets du plan Sarkozy portent de plus en plus ses fruits...Regarder l'Europe, voire le monde et ne pas savoir dépoussierer devant sa porte

  • avion31, le 26/10/2011 à 12h16

    Mais super hollande va bientot arriver en 2012 !!! le socialisme voilà la solution .....

  • kosotto1, le 26/10/2011 à 12h04

    C'est ce qu'avait préconisé Ségolène Royal.

  • metalsand54, le 26/10/2011 à 12h04

    Oui, c'est ça, il faut licencier.... pour ne surtout pas faire baisser les revenus de ces chers actionnaires...!!!

  • bas1telle, le 26/10/2011 à 11h52

    Produir en france et vendre des voitures dans le monde comme les allemands, au lieu de produir la voiture electrique au bresil concu avec le credit impot francais

  • bas1telle, le 26/10/2011 à 11h49

    Vous esperer attirer de nouvelles entreprises en france avec votre methode???????

  • frank69300, le 26/10/2011 à 11h47

    Interdiction de licencier = fin des embauches, baisse des investissements, développement des contrats CDD et précaires, etc .....

  • avenir2012, le 26/10/2011 à 11h37

    Interdire mais pourquoi et de quel droit, c'est une entreprise privée.

  • lucidite, le 26/10/2011 à 11h28

    Savez-vous quels seront leurs bénéfices en 2014-15 ? Vous n'y avez pas pensé ? Eux, si.

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