Etudiants étrangers : comment corriger les "malentendus"

le 04 janvier 2012 à 08h55 , mis à jour le 04 janvier 2012 à 09h48

Face au tollé suscité dans le monde étudiant par la circulaire du 31 mai, et au malaise dans certaines entreprises privées de compétences précieuses, le texte doit être modifié aujourd'hui. Mais sans disparaître. Des instructions aux préfets cibleront des cas précis, selon Laurent Wauquiez.

A quoi ressemblera le nouveau texte sur les étudiants étrangers très qualifiés, destiné à corriger ce qui a été décrit par Claude Guéant comme les "malentendus" de la circulaire du 31 mai ? Laurent Wauquiez a avancé quelques précisions mercredi matin au micro de RTL. Il s'agira d'une "instruction aux préfets", a expliqué le ministre de l'Enseignement supérieur, destinée à "viser des cas très précis". Quant à la circulaire controversée, elle n'est pas appelée à disparaître, car "elle portait sur toute la politique d'immigration, on ne renonce pas à toute notre politique de maîtrise de l'immigration".

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Plus d'infos

Outre Laurent Wauquiez, ses collègues de l'Intérieur Claude Guéant et du Travail Xavier Bertrand doivent recevoir dans l'après-midi les présidents de la Conférence des grandes écoles, de la Conférence des présidents d'universités et de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs, afin d'aborder l'accès au marché du travail des diplômés étrangers formés en France. "L'objectif est d'avoir une instruction aux préfets qui soit uniquement sur le sujet des étudiants étrangers à haut potentiel", a insisté Laurent Wauquiez au micro de RTL. Par exemple, "une entreprise française qui veut se développer en Chine, en Inde, au Brésil, elle a identifié un étudiant qui est venu étudier chez nous, qui connaît bien ces pays parce qu'il en est originaire, ça peut l'aider à développer sa compétitivité et percer sur ces marchés, eh bien on autorisera l'étudiant étranger à travailler dans cette entreprise. Voilà un cas précis, simple, visé dans l'instruction", a détaillé le ministre de l'Enseignement supérieur. "On la présente cet après-midi aux présidents d'université, donc dans la foulée (elle) sera publiée".

Des compétences difficiles à trouver

Le gouvernement espère par cette mise au point apaiser les esprits sur cette fameuse circulaire du 31 mai, qui avait suscité une mobilisation de l'université, des critiques de l'opposition et à l'étranger, et des réserves au sein même de la majorité. Tenu par son objectif de réduire l'immigration régulière, Claude Guéant a été accusé à travers ce texte d'utiliser les étudiants étrangers comme levier de cette politique, au risque de priver la France de compétences qui ont choisi d'exercer leur talent dans ce pays où elles ont été formées. Le texte du 31 mai semblait ainsi en contradiction avec l'option de "l'immigration choisie" défendue par le chef de l'Etat : il demandait aux préfets d'instruire "avec rigueur" les demandes d'autorisation de travail des étudiants, et d'exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut des étudiants étrangers.

Après sa publication, de nombreux diplômés étrangers, dont certains très qualifiés, qui avaient été recrutés dans des entreprises françaises, n'ont pas pu obtenir un changement de statut (d'étudiant à salarié) et se sont retrouvés en situation irrégulière. Au Medef, on explique que "ces jeunes sont sur des postes souvent à haute responsabilité à l'international, où on a besoin de ces talents particuliers, de ces nationalités" qui "ont une connaissance des langues, des marchés de leur pays".

Après avoir vigoureusement défendu la circulaire controversée, assurant qu'elle n'était pas une source de droit mais une traduction d'une loi de 2006 sur l'immigration professionnelle, Claude Guéant a fini par annoncer, fin décembre, après une rencontre avec Nicolas Sarkozy, une "circulaire spécifique" aux étudiants étrangers. Et pour ne pas laisser prospérer l'idée d'une reculade, il a expliqué qu'elle avait pour vocation de "compléter" et non de remplacer celle du 31 mai dont le retrait était réclamé par de nombreuses personnalités. C'est donc ce nouveau texte qui doit être mis au point lors de la réunion de ce mercredi. Réunis dans un collectif, les étudiants étrangers ont regretté ne pas être invités à cette réunion, tout en souhaitant que le nouveau texte "édicte des critères précis pour mettre fin à l'arbitraire des Directions départementales de l'emploi".

le 04 janvier 2012 à 08:55
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11 Commentaires

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  • gattaca40, le 04/01/2012 à 15h45

    Ces emplois ne sont pas pourvus par des Français "bien de chez vous" non plus. Votre commentaire est populiste et, comme souvent sur ce site, tout simplement raciste.

  • matger, le 04/01/2012 à 15h30

    Toulon8388,au Canada comme aux Etats-Unis,on ne donne du travail aux étrangers que si leurs diplômes sont supérieurs à ceux des postulants autochtones.Dans le cas contraire,le choix est donné aux ressortissants de ces pays.

  • pascalcaen, le 04/01/2012 à 14h54

    Un diplômé étranger expulsé, ce sont des compétences en moins pour une entreprise. Hallucinant que ce soit la droite libérale qui s'immisce dans les affaires d'une entreprise. Ah pardon, c'est plus vendeur pour leur électorat pense-petit, j'avais oublié...

  • darius92, le 04/01/2012 à 14h53

    Vous parlez couramment le chinois ? Non? On vous parle justement que certaines compétences ne sont trouvables que chez les étudiants étrangers notamment conaissance de la langue ou du marché étranger.

  • juigne11, le 04/01/2012 à 14h51

    Les emplois sont pris, au detriment d'un petit gars bien de chez nous.

  • panchovillain, le 04/01/2012 à 14h51

    Personne n'a les même "compétences", nous sommes tous uniques...Si en mission dans son pays natal, cet "étranger" aura un avantage qu'il n'aurait pas en restant en France...preuve que nous avons besoin de tout le monde pas seulement des nationaux.

  • dameiris, le 04/01/2012 à 14h46

    Sauf que les diplômés Français n'ont pas toujours les compétences requises, ne serait-ce que quand on a besoin de quelqu'un qui parle couramment une langue rare, ou ne sont tout simplement pas assez nombreux, comme les professions médicales.

  • scurob, le 04/01/2012 à 14h46

    Le français ne voudra connaître que les avantages lié au travail, pas le travail lui même. Pas du tout la même chose d'embaucher un étranger qui en veut qu'un français...

  • toulon8388, le 04/01/2012 à 14h41

    Et un français à l'étranger qui occupe un emploi au Canada?

  • menelik85, le 04/01/2012 à 14h03

    Un diplômé étranger qui travaille en France, c'est un emploi perdu par un jeune français ayant les mêmes compétences.

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